Sans Tabou: l’opposition et les communales du 20 novembre, de la revendication à la contestation

À peine les opérations de vote pour le scrutin communal du 20 novembre dernier terminées, certains partis de l’opposition, dont l’URD (Union pour la République et la Démocratie), le PDES, le PARENA fidèles à leurs habitudes de contestation et de né-gationnisme, se sont installés dans la contestation. Tout comme lors de la présiden-tielle et les législatives, ces partis dénoncent déjà des fraudes et des tentatives de tripatouillage des résultats, nomment en commune VI du district de Bamako et à Gao.

En violation de la loi électorale et de tous les principes démocratiques des partis des responsables de partis politiques de l’Opposition, dont l’URD, ont animé à l’improvise, avant-hier lundi, une conférence de presse au centre Olympa Africa de Banankabou-gou pour stigmatiser son poursuivant direct dans la commune (le RPM). Le seul tort de ce parti est qu’il soit soupçonné de devancer l’URD dans une commune où ce dernier revendique la victoire avant même la proclamation des résultats officiels du vote.
Si dans certains pays, une telle attitude (l’annonce d’une victoire avant la proclamation officielle) est interdite et sévèrement sanctionnée, au Mali les textes restent muets sur la question. C’est profitant de ce vide que des partis ou regroupent se donnent souvent le droit de s’autoproclamer vainqueurs dans telle ou telle localité en fonction des bribes d’informations dont ils disposent, comme l’a d’ailleurs fait lundi dès les pre-mières heures de la journée l’URD en CVI. En effet, dès le matin, l’URD avait crié déjà sa victoire en CVI du district sur tous les toits. L’information a aussi été postée sur les ré-seaux sociaux. C’est à la suite, lorsque le RPM en a fait de même qu’il a été mis en garde par les responsables de l’URD.
«Celui qui tentera de voler notre victoire nous trouveras sur son chemin et c’est toute la population de la commune VI qui va sortir pour empêcher cela », a mis en garde un responsable de l’URD lors d’un point de presse comme si l’URD était la seule formation politique qui détenait le monopole de la revendication, à l’issue d’une élection. Dans une logique normale, peut-on reprocher aux autres ce dont tu te rends coupable toi-même ? Cela s’appelle la malhonnêteté politique. Cet agissement de l’URD célébrer tôt sa victoire dans l’une des six communes du district avant même la proclamation offi-cielle n’est-il pas suspect ? Il y a lieu en tout cas d’aller bien fouiller ce qui se cache der-rière cette attitude.
À Gao, le Responsable du parti PDES, le maire Sadou DIALLO, s’est installé dans la même logique en contestant une victoire probable du RPM contre son parti. Le maire sortant Diallo va même plus loin en menaçant de boycotter et de protester si sa vic-toire n’était pas confirmée à l’issue de la proclamation des résultats de ces commu-nales.
En cas, tous les observateurs avertis sont unanimes que l’URD a été le premier parti à revendiquer la victoire en commune VI. Aussi, il a été le premier à contester les chiffres avancés par le RPM lorsque ce dernier à son tour avait revendiqué la première place.
Tout porte à croire qu’à travers cette façon de revendiquer, ces partis politiques de l’opposition cherchent à conditionner l’opinion nationale et à s’installer ainsi dans la violence en cas de chiffres contraires. Pourtant, il est clair que techniquement, c’est le gouvernorat du District qui est habilité à proclamer, pour ce scrutin, les résultats provi-soires.
Pourquoi se référer alors à l’opinion nationale alors que les voies légales de recours ne sont pas encore saisies ? L’URD, mieux que quiconque, une formation politique d’anciens ministres, de hauts cadres de l’administration et d’hommes de droits, est mieux placée pour comprendre que cette manière de faire tranche avec tout compor-tement républicain.

Par Abdoulaye OUATTARA

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