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lundi 16 octobre 2017
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Sans tabou, lutte contre le terrorisme: la carotte et le bâton

Les ONG et associations de défense des droits de l’homme accusent les autorités maliennes pour avoir libéré des terroristes en échange de l’otage français, Serge LAZAREVIC.

A moins de 72 heures, le bâton des alliés a frappé et a fait plusieurs morts dans les rangs des terroristes au Nord de notre pays. Ça, c’est la carotte et le bâton!

En effet, plusieurs ONG de défense des droits de l’Homme n’ont pas approuvé l’échange des terroristes-prisonniers, détenus dans nos prisons, contre la libération de l’otage français, Serge LAZAREVIC, aux mains des terroristes depuis plusieurs années.

Le collectif d’organisations de défense des droits de l’homme a critiqué, dans un communiqué, le fait que «les autorités maliennes viennent de libérer Mohamed Aly Ag Wadoussène, Haïba Ag Acherif, présumés terroristes, ainsi que Oussama Ben Gouzzi et Habib Ould Mahouloud, auteurs présumés de graves violations de droits humains au Mali, en échange de l’otage français».

Selon le communiqué des ONG, Mohamed Aly Ag Wadoussène a été libéré en «début de semaine et les trois autres le 4 décembre par la Cour d’appel».

Parmi ces ONG figurent la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH) et la section malienne d’Amnesty International.

«Tout en saluant la libération de Serge Lazarevic, nos organisations restent indignées », ajoutent ces ONG, décrivant Ag Wadoussène comme «l’organisateur principal de l’enlèvement».

Ces organisations accusent également Paris d’avoir mis le couteau sous la gorge de Bamako pour la libération de l’otage.

C’est le cas du responsable Afrique pour la FIDH, Florent GEEL:

«Les autorités maliennes avaient libéré ces détenus sous la pression française. C’est un paradoxe de voir des individus libérés dans le cadre de la libération d’otages qu’ils ont eux-mêmes aidés à capturer ».

La bonne nouvelle est que, moins d’une semaine, les FAMA, appuyées par l’armée française, ont tué Ahmed Tilemsi, ex-chef militaire du MUJAO, dans une opération près de Gao. Proche parmi les proches de Mokhtar Belmokhtar, avec lequel il a fondé le groupe Al-Mourabitoune, le terroriste tué était le chef jihadiste de premier rang dans la bande sahélo-saharienne.

Les soldats français de l’opération Barkhane, en appui aux soldats maliens, viennent de porter un coup dur à leurs ennemis jihadistes.

Selon le colonel Gilles JARON, porte-parole de l’armée française, l’opération a été menée dans la nuit de mercredi à jeudi à la «suite d’un renseignement d’opportunité» et «en coordination avec les autorités maliennes».

Une source gouvernementale française a, elle, précisé à l’AFP qu’»Ahmed Tilemsi était une cible de haute valeur» et qu’il était traqué «depuis plusieurs jours».

Ahmed Tilemsi était l’un des principaux chefs jihadistes de la région.

Leader du MUJAO, il avait fondé, en août 2013, le groupe Al-Mourabitoune avec Mokhtar Belmokhtar, dont il était l’un des proches collaborateurs. Arabe malien, il était originaire, comme son nom l’indique, de la zone de Tilemsi. C’est dans cette zone, base arrière de Belmokhtar, pendant des années, aujourd’hui bastion du MUJAO, que les deux hommes avaient noué des liens étroits.

Avec ces deux grands événements contradictoires dans l’intervalle de moins d’une semaine, on peut bien parier que le Mali et ses alliés utilisent la carotte et le bâton dans la lutte contre le terrorisme.

Par Hamidou TOGO

 




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