Search
mercredi 28 juin 2017
  • :
  • :

Sans tabou, MALI-FMI : tout ça pour ça !

Le 1er décembre, date du rétablissement des relations avec les partenaires techniques et financiers, dont le Fmi en tête, restera désormais comme un repère dans l’histoire de notre pays, en tout cas dans le mandat de l’actuel locataire de Koulouba, le Président IBK.

En effet, cette date marque le retour du Mali d’IBK en odeur de sainteté auprès des partenaires techniques et financiers qui l’avaient voué aux gémonies suite aux scandaleuses affaires qui avaient défrayé la Chronique six mois durant. On se rappelle que pour avoir acheté un avion présidentiel et passer des marchés pour équiper son armée, le régime avait été accusé, jugé et condamné par le Fmi, entre autres, pour non respect de l’orthodoxie budgétaire, pour absence totale de sincérité dans la procédure de passation des marchés et monstrueuse surfacturation.

Plaidant sa bonne foi, le régime du Président IBK avait dès lors réaffirmé sa volonté de transparence en vue de trouver un dénouement heureux à la situation d’incompréhension qui allait s’agrandissant entre lui et la Communauté financière internationale, très réceptive aux dénonciations de l’Opposition. En effet, après les plaintes du Fmi, sa soeur jumelle, la Banque Mondiale, puis l’Union Européenne, et la plupart des gros bailleurs de fonds bilatéraux gèlent leur aide budgétaire au Mali. Or, sans aide budgétaire, le Mali (qui est dans le même cas que tous les pays africains), sait qu’il ne tiendrait pas longtemps.

C’est pourquoi, le régime du Président IBK a du ravalé sa fierté, avalé les couleuvres, agi sous la dictée des bailleurs de fonds pour retrouver sa place dans le giron des bons élèves. Pour cela, il renonce désormais au secret défense en purgeant l’article 8 du Code des marchés publics, en annulant une dizaine contrats militaires conclus en bonne et due forme, en se soumettant à deux audits indépendants dont les résultats catastrophiques pour l’image du régime sont partout sur Internet, mais aussi et surtout en promettant de sanctionner les coupables des graves irrégularités qui lui valent le courroux des bailleurs de fonds.

C’est au terme de toute cette soumission qui s’apparente à un véritable aplatissement durant lequel la souveraineté de notre pays a été en congé, que le vertueux Fmi qui n’épingle que les pays pauvres a décidé de desserrer l’étau et d’ouvrir à nouveau le 1er décembre les robinets qu’il avait coupés. Et tout ça pour gagner quoi ? Combien le Fmi a-t-il mis dans la besace de notre Maliba ? Seulement 8 petits millions de DTS (Droits de tirages spéciaux) soit 11,7 millions de dollars qui ne font que 6 misérables milliards de FCFA !

Comparaison n’est pas raison, mais l’univers ne s’arrête plus derrière le champ de gombo de grand-mère. Parce que justement derrière le champ de grand-mère, c’est « Woro-dougou », la Cote d’Ivoire, qui vient de se voir octroyer, vendredi dernier tout près, par le même Fmi, 65,04 millions de DTS (Droits de tirages spéciaux) soit plus de 95 millions de dollars américains qui font plus de 52 milliards de FCFA. Sans compter la décision de l’extension et de l’augmentation de l’accès aux ressources du FMI en vertu de l’arrangement, à un montant de 189,5 millions de dollars américains pour la Côte d’Ivoire.

Point d’égoïsme, mais jalousie légitime, quand on sait que notre Maliba a aujourd’hui plus besoin de ces millions de dollars que nos cousins ivoiriens. Et après tout, ce que nous avons du baver, comparativement à notre voisin (faden), on peut se plaindre d’avoir eu à subir tout ça pour ça. Mais, bon, c’est aussi ça, tout toujours ça avec le Fmi : le traitement à deux vitesses. Et ça vaut mieux que rien. Surtout que ça permet d’éviter le chaos que d’aucuns avaient prophétisé, dans leur empressement à manger des deux mains comme au bon vieux temps.

PAR SÉKOU CAMARA

 

 




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *