Sans Tabou: nouveau blocage au CSA, où est passé la médiation internationale ?

Au regard de tous les efforts faits par le gouvernement et salués par la communauté internationale, la mollesse d’une médiation internationale face à une énième volonté des groupes armés de bloquer le processus de paix pour des raisons inavouées est inadmissible pour beaucoup d’observateurs.

De plus en plus, l’opinion commence à douter de la sincérité de cette médiation internationale quant à sa volonté de trouver rapidement une issue heureuse à une crise qui n’a que trop duré. En tout cas, sans grande surprise, les travaux de la 13e session du Comité de suivi de l’Accord (CSA), qui se sont ouverts, lundi dernier, ont vite été butés à des obstacles, consécutifs aux éternelles questions des autorités intérimaires et du MOC. Ainsi, c’est presque l’éternellement recommencement pour ces deux questions qui s’éternise sur la table du dialogue, malgré le multiple consensus. Désormais, c’est toute la crédibilité d’une médiation internationale connue pour sa neutralité, sa volonté de rappeler, à chaque fois que cela était nécessaire, les acteurs à l’ordre, à leurs engagements par rapport à l’accord de paix, qui est à rude épreuve.
Selon des sources proches du CSA, le blocage trouve sa source à la nouvelle exigence des groupes armés de mettre en place les Mécanismes opérationnels de Coordination (MOC) avant les autorités intérimaires. Du côté gouvernemental, on a voulu rassurer en vain, de la disponibilité de toutes les mesures pour aller à l’étape suivante. Cette volonté des groupes armés est un dilatoire voire une diversion quand on sait que lors de la 12e session, il avait été convenu de la mise en place des autorités intérimaires au plus tard le 15 novembre dernier, un délai déjà forclos.
Aujourd’hui, tous les observateurs animés de bonne foi s’accordent à reconnaitre que le gouvernement a fait beaucoup d’efforts en faveur de l’opérationnalisation du MOC et de l’installation des autorités intérimaires, notamment, à travers la désignation des membres des autorités intérimaires.
De même, à l’issue de travaux de la douzième session, le gouvernement avait souhaité le démarrage des patrouilles mixtes dans la région de Gao en attendant que toutes les conditions soient réunies pour étendre l’opération aux autres régions concernées. Pour ce faire, le gouvernement a pris toutes les dispositions nécessaires à cette fin. Pour preuve, le MOC à Gao a été doté des hommes et des équipements nécessaires, sans oublier la construction des bureaux et leur équipement.
Mieux, dans un communiqué publié le 7 novembre dernier, le Gouvernement, la Coordination et la Plateforme avaient décidé de : mettre en œuvre les Mécanismes opérationnels de Coordination (MOC) de Kidal et de Gao au plus tard le 15 novembre 2016 ; installer, les autorités intérimaires des régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudéni et Ménaka au plus tard le 15 novembre ; pré-cantonner des ex-combattants des mouvements signataires concomitamment à la mise en place du MOC ; convoquer une réunion extraordinaire de la CTS qui sera élargie, exceptionnellement, à certains membres du Comité de suivi de l’Accord (CSA).
Aussi, les parties signataires s’étaient-elles accordées sur l’établissement du bataillon de patrouille mixte à Kidal de 600 combattants/soldats, dont 200 pour chaque partie.
Dans ses engagements, le gouvernement est même allé loin en décidant d’accorder un pécule et de fournir un capital-décès pour les combattants non encore intégrés qui participeront aux patrouilles mixtes.
En application de ces dispositions, la CTS a tenu 5 séances de travail, à partir du 8 novembre 2016, pour discuter des questions techniques liées au pré-cantonnement et à la mise en œuvre du MOC et en définir les modalités sans que la CMA ne respecte ses engagements.
Face à ces avancées et efforts, on est en droit se poser la question de savoir qui a intérêt à un autre blocage face à ces mêmes questions ? Certainement, ceux qui n’ont pas intérêt à la paix. Dieu seul le sait qu’ils sont nombreux aujourd’hui au sein de certains groupes armés dont l’existence de certains ne tient qu’au trafic de drogue et d’armes de toute sorte dont le marché ne fleurisse guère en temps de paix.
Alors à la médiation internationale de comprendre ces astuces et de s’assumer pour la paix tant recherchée.

Par Abdoulaye OUATTARA

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