Sans Tabou: procès de la bande à SANOGO, le beurre et l’argent beurre

Depuis quelques jours, ils sont nombreux les partisans : avocats et responsables d’associations dites de la société civile, du chef de l’ex-junte, le général Amadou Aya SANOGO, poursuivi pour « enlèvement de personnes et complicité », « assassinat et complicité d’assassinat » et devant comparaitre devant la Cour d’assises en transport à Sikasso, à partir de demain mercredi, à jouer au dilatoire.
Au moment où certains parlent de grandes révélations, d’autres sollicitent le report dudit procès, à défaut, exigent-ils la retransmission en direct du procès à la Télévision nationale.

Un communiqué du Collectif des avocats de la défense du général Amadou Haya SANOGO demande le report du procès pour irrégularités dans les citations. Pour ce Collectif, le jugement du général SANOGO et ses coaccusés, par la Cour d’assise, en transport à Sikasso, est une « violation manifeste des droits de la défense ». Et se demande-t-il : « comment médiatiser la tenue d’un procès en assises, alors que les accusés n’ont pas été cités à comparaître dans le délai légal minimum avant la tenue desdites assises ? En outre, pourquoi envisager un procès hors du siège de la Cour d’assises où la sécurité peut être mieux assurée ? » Le communiqué poursuit : « Pour notre part, nous tenons à informer l’opinion nationale et internationale que nous ne nous associerons jamais à une telle parodie de justice. Nos clients sont prêts à comparaître devant la justice de leur pays afin de donner leur part de vérité sur les événements qui leur ont valu d’être détenus pendant 3 ans dans les conditions infrahumaines. Pour cela, nous souhaitons que ce procès soit diffusé dans son intégralité sur les antennes nationales ».
Comme on l’on le voit, ce communiqué émane de ceux-là mêmes qui s’agitaient à réclamer le jugement de leurs clients, il y a quelque temps, et qui sont aujourd’hui-là en train de demander son report ou poser d’autres conditions.
Quant à ceux qui promettent que ce procès sera celui des grandes révélations, il y a lieu de se demander de quelle vérité ou révélation s’agit-il ?
Aujourd’hui, une réalité palpable est là, le général SANOGO et sa bande ont été arrêtés pour répondre à des accusations, il doit répondre à ces faits. Vous avez demandé un procès, elle est là ! Le vin est tiré, il faut le boire. Mais, la malhonnêteté intellectuelle à laquelle veulent jouer des partisans zélés ne marchera pas, le dilatoire ne marchera pas, la diversion ne passera pas !
À présent, la justice doit faire son travail et elle le fera. En quoi une transmission à la télé pourra-t-elle changer les choses.
En tout état de cause, il est de la responsabilité du gouvernement d’organiser ledit procès, conformément au droit positif ou de libérer le général au galon contesté.
Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. En tout cas, ce n’est pas aux avocats d’un client de dicter la conduite à tenir à un gouvernement, dans un dossier aussi brulant que celui du putschiste du 22 mars. À eux de trouver les arguments de défense de leurs clients et au gouvernement de décider oui ou non de la nécessité de juger l’accusé.

Par Sékou CAMARA

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