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vendredi 22 septembre 2017
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Sans Tabou: processus de paix, du plomb dans les ailes ?

En dépit d’une rencontre, lundi dernier, entre le Premier ministre, Abdoulaye Idrissa MAIGA, et une délégation de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), l’évolution du processus de paix enclenché, dans notre pays, il y a peu, semble avoir du plomb dans l’aile. Et pour cause, les reports successifs du chronogramme de retour de l’administration à Kidal, les violations répétitives du cessez-le-feu entre deux groupes armés signataires de l’Accord pour la paix et même la perturbation du rythme de la tenue du CSA…
Au regard de la situation actuelle sur le terrain, caractérisée par la violation récurrente du cessez-le-feu par les groupes armés, force est de constater que le processus de paix a pris le plomb dans l’aile. De même, depuis le début des combats entre le GATIA et la CMA, la tenue régulière des réunions du Comité de suivi ne semble plus de rigueur. Il s’agit pourtant d’un cadre approprié pour exposer les problèmes qui peuvent entraver le processus de paix, faire les débats afin qu’une solution idoine soit trouvée.
On se rappelle que les travaux de la 19e session du CSA (Comité de suivi de l’accord) ont pris fin le 6 juillet dernier par un constat d’échec, à cause de violents affrontements constatés entre la CMA et le GATIA à Anéfif dans la région de Kidal.
Pourtant, des questions importantes étaient inscrites à l’ordre du jour de cette dernière session, notamment, la désignation d’un observateur indépendant, le retour de l’administration à Kidal, ainsi que l’opérationnalisation de MOC et des autorités intérimaires dans ladite région.
Du côté de la médiation algérienne, c’est presque le silence radio depuis l’échec de la dernière session malgré les faits de violation de cessez-le-feu troublants qui se révèlent tous les jours sur le terrain.
Alors que le président du Comité de suivi, l’algérien Ahmed BOUTACHE, ainsi que le chef de la MINUSMA avaient menacé de sanction, les éventuels responsables de blocage du processus, les combats ont repris de plus belle sur le terrain sans que ni cette médiation internationale ni la MINUSMA ne parviennent à imposer le cessez-le-feu indispensable pour la bonne marche du processus de paix.
Pendant ce temps, de nombreux cas d’exactions contre les populations civiles par les groupes armés ont été signalés. En témoigne la découverte, en début du mois, de fosses communes après les combats sur les deux groupes signataires de l’Accord.
Pour les populations qui attendent les dividendes de la paix, depuis la signature de l’Accord de paix en 2015, l’on est encore loin du bout du tunnel avec les blocages du MOC à Kidal et Tombouctou, du processus de DDR, en vue de permettre un retour rapide de l’administration et des services sociaux de base, dans les zones où ils sont absents.
À l’issue d’une rencontre, lundi dernier, avec le chef du gouvernement, le président en exercice de la CMA, Ibrahim Ould SIDATTI, s’était pourtant réjoui de la levée de tous les obstacles à la mise en œuvre effective du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) et au retour de l’administration à Kidal.
Mais cette annonce est loin de rassurer les populations, à cause de nombreuses déceptions enregistrées, par le passé, après des voltefaces des responsables de ce même groupe armé.
On peut se permettre de douter quant à la bonne foi de ces groupes armés qui se déguisent fréquemment en maîtres chanteurs et en vendeurs d’illusion.
En attendant toujours de jours meilleurs, les populations doivent encore prendre leur mal en patience et prier que ces ex-séparatistes reviennent rapidement à de meilleurs sentiments.

Par Abdoulaye OUATTARA




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