Sans Tabou: quand Soumi cautionne le diktat américain

Lors de la marche pacifique de l’Opposition, organisée le samedi dernier, boudée par la majorité des Maliens, l’honorable Soumaila CISSE, président du Parti URD, et non moins chef de file de l’Opposition malienne, a exprimé publiquement son étonnement quant au silence du gouvernement face à la sortie médiatique de l’ambassadeur des États-Unis au Mali, Paul FOLMSBEE. Et de déclarer: « Ils (gouvernement et partis de la majorité présidentielle) n’ont pas daigné réagir et nous ne le ferons pas à leur place».

Quelle naïveté politique, doublée d’irresponsabilité et de manque de patriotisme de la part d’un responsable politique qui prétend pourtant diriger aux destinées de ce pays !
En refusant de réagir à cette bourde diplomatique de l’ambassadeur américain, pour laquelle il ne se sent pas offusqué, Soumi cautionne le diktat étranger à son propre pays.
Heureusement, ils sont nombreux les dignes fils du Mali, soucieux, et défenseurs de sa souveraineté, qui ne se sont pas fait prier pour exprimer leurs réactions en réponse aux propos attentatoires à la souveraineté de notre pays.
En effet, depuis la déclaration, très controversée, de l’ambassadeur américain au Mali, les réactions virulentes des dignes patriotes maliens contre lui fusent de toutes parts. Ainsi, qu’il s’agisse des responsables des groupes armés, des internautes, de certains hommes politiques et les citoyens lambda, toutes les sensibilités ont désavoué cette ingérence, jugée malencontreuse, de l’ambassadeur dans les affaires intérieures du Mali.
Pour d’autres Maliens, en désignant nommément le GATIA, l’ambassadeur américain au Mali stigmatise un groupe qui, contrairement à beaucoup d’autres, s’est toujours engagé dans la voie de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale.
Par ailleurs, en souhaitant voir réagir le gouvernement aux propos de l’ambassadeur américain, le chef de file de l’Opposition malienne dévoile à la face du monde, son amateurisme et sa méconnaissance des méandres diplomatiques qui se caractérisent par certaines considérations.
Pis, ce que Soumaila CISSE ignore ou fait semblant d’ignorer, c’est que le statut de chef de file de l’Opposition malienne confère des droits, mais également des devoirs.
En effet, est-il décent de «marcher pour la démocratie» dans un pays où l’Opposition a un statut ; et son chef de file, outre les considérations protocolaires dont il jouit, est doté d’un budget annuel de 500 millions pour le fonctionnement de son cabinet ?
En tout cas, le bon sens recommande au chef de file de l’Opposition de tenir secret certains propos. Surtout ces questions concernent la souveraineté nationale, l’’intégrité du territoire ou la défense.
Comment comprendre qu’un diplomate étranger dans notre pays, soit-il des États-Unis d’Amérique, va jusqu’à accuser notre gouvernement de connexion avec un groupe armé, et en l’intimidant à « mettre fin à tous liens à la fois publics et privés avec le GATIA, un groupe de milice armée qui ne contribue pas à ramener la paix dans le nord du Mali ».
C’est écœurant de voir un Malien, de surcroît Soumaila CISSE, méconnaître le rôle et la place du GATIA dans le processus de la paix au Nord de notre pays.
Celui qui prétend présider aux destinées de ce pays à défaut de se soucier de ces intérêts ne doit pas encourager ses détracteurs. En tout cas, au Mali, non seulement, on se connaît ; mais également, on sait qui est qui et de quoi il est capable.
Le tapage médiatique de la part de l’Opposition en manque d’inspiration n’attire plus les Maliens qui semblent avoir choisi leur camp.

PAR SEKOU CAMARA

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