Sans Tabou: réaction viscérale d’une opposition en quête de crédibilité

Dans un communiqué en date du 1er août 2015, l’URD (Union pour la République et la démocratique) s’est précipitée à pondre un communique pour condamner les » affrontements entre la police et certains commerçants détaillants », 30 juillet dernier. Une réaction normale pour toute opposition qui se veut le plus proche des populations. Mais ce qui cloche chez cette opposition, c’est l’absence d’ambition et le manque de cohérence entre l’acte et la parole.

C’est bien de critiquer pour une opposition, mais c’est encore mieux de chercher à comprendre un acte ou un phénomène avant de se lancer dans une diatribe futile qui ne fait avancer en rien le débat. À la lecture du communiqué émis par le parti du chef de file de l’opposition, le lendemain même des premiers affrontements entre les commerçants détaillants et les forces de l’ordre par rapport à l’opération de déguerpissement des voies publiques, on se rend compte qu’il est tiré par les cheveux, ne reposant sur aucune information fondée, concrète.
« L’URD a suivi avec beaucoup d’inquiétude les affrontements ayant opposé le samedi 30 juillet 2016 les forces de l’ordre et des commerçants et artisans suite aux opérations de démolition et de déguerpissement entamées par le Gouverneur du District de Bamako. L’URD a appris que lesdits affrontements ont occasionné des blessés », indique le communiqué. Ici, tout est vague. La preuve que le parti, dans le seul dessein de salir l’image des pouvoirs publics, n’agit que sur la base des rumeurs : « L’URD a appris que lesdits affrontements ont occasionné des blessés ». Combien sont-ils ? Où sont-ils ? Dans quel état se trouvent-ils ? L’URD l’ignore !
Et pourtant, voilà une « violence » qui ne s’est produite ni à Gao ni à Tombouctou encore moins à Kidal, mais sous les pieds de l’URD à Bamako et au marché « Dibida » et « Dabanani ». Pourquoi ne pas prendre du recul pour aller voir avant de réagir ?
La réponse, n’allez pas la chercher loin. Elle réside tout simplement dans le manque de volonté de l’URD, dans son seul dessein de nuire à un régime certes assailli par les problèmes, mais a la volonté de bien faire.
À côté et contrairement à un président d’un parti politique de la majorité, bien connu de la place par ses démarches particulières, a eu le mérite d’aller voir ; d’aller écouter les commerçants aux marchés et au chevet des malades à l’hôpital avant de réagir.
Cette démarche a certes un prix, mais ne fait que redorer son blason auprès d’un public qui n’est plus dupe.
En dépit de ses communiqués virulents, on n’a vu nulle part un responsable de l’URD au charbon dans cette affaire. En bon Africain et Malien, le sens de la solidarité et la volonté de ce parti d’être proche des populations l’exigeaient ce sacrifice en lieu et place de communiqué superficiel visant uniquement à ternir l’image du pouvoir. Gouverner, c’est prévoir, dit-on. Aussi, qui veut aller loin monte sa monture.

Par Abdoulaye OUATTARA

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