Sans Tabou: secteur de la santé, la grève de trop !

Le Syndicat national de la santé, de l’action sociale et de la promotion de la famille (SNS-AS-PF) ne démord pas dans son bras de fer avec le gouvernement pour avoir gain de cause dans ses revendications. Si rien n’est fait dans l’immédiat, le pire risque de se produire dans nos hôpitaux et autres structures de santé relevant de l’État avec la grève illimitée du syndicat qui profile à l’horizon.

Après sa grève de 48 heures pendant le mois de septembre dernier, suivie d’un arrêt de travail de 5 jours, la semaine dernière ; le syndicat de la santé ne décolère toujours pas. Il envisage un arrêt de travail illimité. Les syndicalistes justifient leur nouvelle décision par plusieurs motifs : la négligence du gouvernement vis-à-vis des préoccupations posées. En effet, malgré différents rounds de négociations avec la commission de conciliation, c’est presque le statuquo. Car après deux mouvements de grève, en moins d’un mois, c’est toujours la case de départ avec les 9 points de revendications qui reviennent dans le nouveau préavis. Est-ce que c’est le gouvernement qui ne veut pas avancer ou est-il en face de responsables syndicaux extrémistes ?
Dans les deux cas, c’est la population qui est la plus grosse perdante, puisque c’est en son sein qu’on recrute les victimes de cet arrêt de travail du personnel sanitaire de notre pays.
Des indiscrétions proches des grévistes, l’on apprend que les responsables syndicaux apprécient plus mal l’approche utilisée par leur ministre de tutelle que les propositions à eux faites par les autorités.
Si cette hypothèse se confirmait, les porteurs de la blouse perdraient l’estime que les citoyens ont à leur égard. Car il est incompréhensible que des fonctionnaires qui ont comme vocation de sauver les vies humaines se laissent emporter par une querelle de personne qui ne peut être que fatale à un nombre important de patients. De même, le ministre de tutelle se rendrait coupable d’une négligence coupable aux conséquences incalculables pour la population.
Autant, un ministre mérite respect et considération de la part de ses subordonnés, autant ce dernier doit faire violence sur lui-même pour mériter la confiance des premiers.
Mais de là à mettre en péril des vies humaines pour des considérations subjectives, nous pensons que syndicalistes et autorités se doivent qu’ils ont tous une dette morale à payer à ce pays qui doit être au-dessus de tous, comme aime le dire le président de la République Ibrahim Boubacar Keita.
Dans un pays comme le nôtre où le système sanitaire est en construction et où la quasi-totalité des populations ont recours aux structures publiques, une grève illimitée sera catastrophique.

PAR MODIBO KONE

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