Sans Tabou: secteur de la santé, la grève mortelle !

Depuis le lundi 17 octobre, les hôpitaux et les centres de santé relevant de l’État, à travers tout le territoire national, sont paralysés par un vaste mouvement de grève lancé par le Syndicat national de la Santé, de l’action sociale et de la promotion de la famille (SNS-AS-PE) et le Syndicat autonome des cadres médicaux (SYNACAM). Malgré la pertinence des revendications, cette grève prévue pour cinq jours, qui intervient à moins d’un mois après un autre mouvement syndical, est qualifiée de mortelle.

Au regard du serment d’Hippocrate cette grève ne grandit ni les professionnels de la santé, l’État encore moins les responsables syndicaux qui savent mieux que tous la précarité de la prise en charge des patients, dans les structures sanitaires de notre pays. En effet, en dehors de quelques structures sanitaires, très peu de CHU ou de centres de santé offrent des services idoines aux patients, en fonction de leur bourse ? Autant, l’accès aux structures privées qui demeurent en ces temps-ci les seules disponibles, est à la portée de quelques privilégiés. Comment ne pas penser, dans ces conditions à leur serment, avant de prendre de telles décisions aux conséquences incalculables ? Combien de Maliens rendront l’âme pendant ces cinq jours faute de soin, à cause de cette grève pourtant évitable ?
« Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m’abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai personne du poison, si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion ; semblablement, je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif. Je passerai ma vie et j’exercerai mon art dans l’innocence et la pureté… Dans quelle que maison que j’entre, j’y entrerai pour l’utilité des malades, me préservant de tout méfait volontaire et corrupteur, et surtout de la séduction des femmes et des garçons, libres ou esclaves…. Si je remplis ce Serment sans l’enfreindre, qu’il me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession, honorée à jamais des hommes ; si je viole et que je me parjure, puisse-je avoir un sort contraire ! ».
Ce passage du serment impose à nos professionnelles de la santé de savoir raison garder dans la défense de leurs intérêts. Soigner les humains est sensible et nécessite une grande retenue de la part des professionnels. Autant, le secteur mérite une attention particulière de la part des autorités.

PAR MODIBO KONE

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