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vendredi 22 septembre 2017
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Sans Tabou: terrorisme, enfin la résistance civile !

La nécessaire implication des populations pour faire face au terrorisme dans notre pays est en train de prendre forme. Il s’agit d’un changement de comportement indispensable pour triompher contre les forces de la terreur. Les populations de certaines localités du pays n’entendent plus continuer à subir les restrictions de libertés et les violences des djihadistes.

Ces dernières semaines, des villages du centre de notre pays, ont opposé leur niet au diktat des terroristes. Il s’agit du village de Mamba où les habitants ont manifesté leur désaccord au port du voile islamique par les femmes, imposé par des combattants d’Amadou Kouffa. Les populations de cette localité ont juré de ne plus se piliers face aux injonctions des terroristes. Ils se disent prêts à se battre avec les moyens de bord pour mettre en déroute ceux dont on surnomme les ‘’fous de Dieu’’.
Aussi, à Diallobé, les populations ont sérieusement molesté deux djihadistes qui ont été admis au centre de santé. À l’image de Mamba et de Diallobé, les jeunes du village de Kouakourou, ont manifesté, le 2 septembre, leur ras-le-bol, face à la présence des djihadistes dans leur localité.
Des jeunes, selon nos sources, ont fait « péter des pétards » pour exprimer leur mécontentement face à la présence des djihadistes dans le village.
Pour arrêter les auteurs de ces actes, des hommes armés se sont présentés devant le vestibule du chef du village en tirant des coups de feu en l’air. Il n’en fallait pas plus pour irriter les populations qui se sont immédiatement regroupés autour du chef de village. Celles-ci sont sorties massivement pour soutenir le chef coutumier qui, ragaillardit par cette solidarité de sa population, refusa de céder à la demande des terroristes.
Mieux encore, les jeunes de la localité ont décidé de regrouper pour se défendre contre les agresseurs. Certains, avec des fusils de chasse, d’autres avec des coupe-coupe, comme pour dire que le maintien de la sécurité n’est pas que l’affaire des seuls porteurs de l’uniforme.
C’est dire que les populations civiles comprennent de plus en plus l’enjeu de ce combat contre le terrorisme, qui est loin d’être l’affaire des seules autorités. Généralement dans les zones où fleurisse le nid du djihadisme, il y a lieu de s’interroger sur l’attitude même des habitants.
En tout cas, ce début de résistance civile face aux terroristes constitue un espoir quant à la victoire totale sur ces forces du mal. Il s’agit d’actes et de gestes à encourager pour nourrir surtout le renseignement permettant à nos forces armées et de sécurité de repérer et de neutraliser ces sans foi ni loi. Comme plusieurs fois soutenues par les autorités politiques et militaires, seule l’implication de la population permettra à l’État de prendre le dessus sur le terrorisme.
Sachant que les terroristes se mélangent facilement à la population, donc leur extirpation serait difficile par les forces armées, sans la collaboration des populations locales. À force de rester sur le qui-vive en permanence et à vivre en permanence avec la peur d’attaques terroristes, les populations parviendront à faire changer la menace de camp.

PAR MODIBO KONE




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