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jeudi 21 septembre 2017
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Sans tabou, terrorisme : que fout la MINUSMA ?

La communauté internationale s’est mobilisée aux côtés du Mali, en 2013, pour l’aider  à recouvrir l’intégrité de son territoire dont la partie septentrionale était occupée par des narco-djihadistes et des groupes séparatistes. Si les djihadistes ont pu être chassés des grandes villes du pays, la problématique de l’instauration de l’intégrité territoriale de notre pays reste entière et la victoire sur les terroristes ressemble plus que jamais à un mirage.

Opérationnelle depuis le 1er juillet 2013, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a pour mission d’aider les forces armées et de sécurité nationales à recouvrir l’intégrité de son territoire national et à stabiliser le pays après plus d’une année d’occupation de sa partie septentrionale par des djihadistes et autres narcotrafiquants.

Dans l’accomplissement de cette mission, ô combien difficile et dangereuse, la MINUSMA a perdu beaucoup d’hommes (entre le 27 mai et le 5 septembre, 27 attaques ont visé la MINUSMA, avec pas moins de 30 morts) qui méritent hommage pour tout Malien digne de ce nom. A ces braves hommes morts pour la cause du pays, le Mali leur restera éternellement reconnaissant.

Cependant, sur le plan de la réussite de leur mission, le Malien lambda est aujourd’hui perplexe et se demande réellement ce que fait la MINUSMA au Nord-Mali. Et pour cause, depuis juillet 2013, les résultats sur le terrain sont largement en deçà des attentes qui étaient  de booter les djihadistes, terroristes et séparatistes, hors de notre territoire et d’aider le pays à recouvrir l’intégrité de son territoire.

En ce qui concerne la lutte contre les terroristes et narcotrafiquants, les multiples inquiétudes de la communauté internationale, notamment le retour des djihadistes, n’illustrent-elles pas à suffisance l’échec de la MINUSMA ?

Tout porte à le croire, si l’on sait que cette force internationale, elle-même victime, à travers les attentats suicides contre ses positions et son personnel, est incapable à l’absence d’un mandat plus robuste, de l’insuffisance de ressources humaines et matérielles de jouer son rôle.

Quant à l’instauration de l’intégrité territoriale de notre pays, il ne semble plus être à l’ordre du jour de la MINUSMA. Car, une bonne partie du territoire reste entre les mains des groupes séparatistes du MNLA et alliés, alors que la MINUSMA, à travers le Conseil de sécurité, exige le dialogue avec ces indépendantistes, même avec les armes.

Le 16 janvier 2014, lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation au Mali, l’ancien chef de la MINUSMA  a évoqué la nécessité d’accélérer la Réforme du secteur de la sécurité ainsi que le processus de cantonnement des groupes armés non terroristes et de DDR. Ce qui requérait, à son avis, une attention plus accrue du Conseil de sécurité.

Aussi, recommandait-il la restauration de l’autorité de l’Etat malien sur l’ensemble de son territoire.

A ce jour, aucune avancée significative n’est enregistré dans ce sens, pas en tout cas sur le terrain.

Depuis un certain temps, malgré la reprise des pourparlers Inter-maliens à Alger, la mission onusienne n’exerce aucune pression sur les groupes armés afin de les amener rapidement à la signature de l’accord définitif de paix avec le gouvernement malien.

Renouvelé le 25 juin 2014 par le Conseil de sécurité de l’ONU, à travers la résolution 2164, sous le chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le mandat de la MINUSMA est pourtant très précise: sécurisation, stabilisation et protection des civils; appui au dialogue politique national et à la réconciliation nationale; appui au rétablissement de l’autorité de l’Etat dans tout le pays; appui à la reconstruction du système sécuritaire malien; appui à la promotion et à la protection des droits de l’Homme, et à l’aide humanitaire.

Sur ces différents points, l’opinion nationale, en générale et celle des populations du Nord, en particulier, est très critique. Pour le citoyen lambda, que fait réellement la MINUSMA qui ne peut pas ou se refuserait de combattre conformément à sa mission les terroristes et séparatistes qui sèment la terreur et la désolation à travers des attaques suicides contre elle-même, les populations civiles et autorités maliennes.

D’autres Maliens n’hésitent pas de qualifier leur mission d’échec. Car les mines continuent d’exploser et de faire des victimes. Le dernier cas, le plus illustratif, est l’explosion d’un engin au passage d’une délégation ministérielle, le 25 novembre, faisant deux morts et six blessés.

Malgré cette forte présence des forces de la MINUSMA, notre pays reste à la merci des groupes djihadistes et des mouvements séparatistes, comme un moyen de chantage entre les mains d’une certaine communauté internationale contre nos décideurs, par rapport aux orientations socio-politiques et économiques du pays.

Par Sidi DAO

 




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