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samedi 22 juillet 2017
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SANS TABOU: violence contre les enseignants: la pratique reprend son envol

La pratique est en vogue dans notre pays. Elle se  faisait de façon isolée, mais est devenue de plus en plus publique et récurrente. Cela est si dommage malheureusement pour notre système éducatif alors que le régime est en train de réfléchir sur des voies et moyens pour donner à l’école son illustre d’antan. L’homme (l’enseignant) craint est dédaigné. La scène est tout d’un système qui sombre doucement.

Selon des faits, il est de plus en plus fréquent dans nos écoles des enseignants faisant l’objet de violence par des jeunes mécontents du comportement des professeurs. La méthode consiste à leur faire peur pour pouvoir examiner dans l’illégalité. À défaut de tricher dans la clandestinité, on le fait à ciel ouvert par des menaces. L’objectif de toutes ces scènes est de passer à une classe supérieure à tout prix. Entre temps, le souci de travail bien est mis de côté.

L’image d’un monde à l’envers!

L’un des faits récents de cet acte déshonorant s’est déroulé dans la faculté de droit privé de l’Université de droit de Bamako où des étudiants véreux ont physiquement agressé un enseignant, ont rapporté plusieurs témoignages, dont des étudiants. Tout simplement, expliquent-ils, parce que l’enseignant en question faisait sans complaisance son travail de surveillance.

En plus de cet acte barbare, certains enseignants n’ont pas échappé à des injures et insultes de père et mère. Des comportements dignes d’une autre époque. Ces faits se sont déroulés la semaine dernière à l’occasion de la 2e session d’examens pour les étudiants ajournés de ladite faculté, la semaine dernière.

Aussi, la même scène s’est déroulée à Djenné où un enseignant a échappé de justesse à un lynchage de la part de ses élèves après les épreuves du bac 2013-2014.

Ces faits consistent des exemples parmi tant d’autres qui mettent en branle d’autres défis auxquels les autorités du système éducatif sont confrontées. En attendant que les uns et les autres s’assument, ce sont des faits aberrants pour l’image de l’école malienne, en particulier, et celle du pays, en général.

Le défi, imagine-t-on, le ministre Mountaga TALL en est conscient lorsqu’il déclarait, à la rentrée solennelle des institutions du ministère de l’Enseignement supérieur, ceci: « L’université n’est pas simplement un lieu de transmission de savoirs et de compétences, c’est aussi et surtout un lieu de formation citoyenne centrée sur le respect de valeurs morales et éthiques. Sur ce terrain, l’enseignement supérieur malien est loin d’être exemplaire. À certains égards le campus apparait comme le reflet, voire même le «miroir grossissant» de la plupart des maux qui minent notre société. Aussi, des pratiques innommables, font légion dans l’espace universitaire, encouragées qu’elles sont par l’impunité: Corruption endémique, vente des notes, abus de position d’autorité, harcèlements en tout genre, absentéisme sont entre autres des pratiques répandues dans notre enseignement supérieur public et privé».

Notre pays s’illustre finalement par des faits inédits. Si ce n’est pas le chef d’État qu’on tabasse, ce sont des enseignants qui sont victimes d’agression par des étudiants pour avoir surveiller correctement les épreuves des examens.

 

Par Sikou BAH

 




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