SBM: « convenir avec l’ensemble de la communauté internationale d’un agenda précis pour le retour de l’Etat à Kidal »

Dans une interview avec à xinhua, l’ancien ministre de la Défense, Soumeylou Boubèye Maïga, martèle ses convictions et donne des recettes pour le retour de l’État au nord, mais aussi pour la lutte contre les groupes terroristes.

La mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali doit reposer sur un consensus national, et donc sur un débat démocratique approfondi.
La conviction est de l’ancien ministre de la Défense, Soumeylou Boubèye Maïga. Selon cet expert de la lutte anti-terroriste, «Sans consensus national, demain ou après-demain, nous serons dans les mêmes situations. […] Il faut faire confiance à la capacité du débat démocratique».
Soumeylou Boubèye Maïga, par ailleurs président du parti ASMA-CFP (majorité), a martelé : «tant que ce consensus n’est pas instauré de manière volontariste, courageuse et visionnaire, nous allons devant des difficultés».
De l’avis de ce leader de la Majorité présidentielle, l’installation des autorités intérimaires prévue dans le cadre de cet accord «nous prépare vers une nouvelle architecture politique, mais pour l’ensemble du pays, elle doit faire l’objet d’un débat démocratique approfondi sur la base des valeurs républicaines, et non sur la création de situations de rente, d’octroi de bases ethniques à des territoires».
Pour ce qui est du risque brandi de balkanisation régionale, SBM estime que «contrairement à ce qui a été dit pendant longtemps et encore plus qu’avant, nulle part sur le territoire national nous n’avons une région qui appartient à une ethnie. Si on ne fait pas attention, nous pouvons aboutir à des situations où des territoires sont donnés à des communautés».
Aussi, pour l’ancien ministre, il faut «privilégier les territoires plutôt que les communautés» et la démocratie locale «doit s’appuyer sur les considérations territoriales».
Pour le retour de l’Etat dans tout le Nord et pour contrer les groupes terroristes, l’ancien ministre de la Défense estiment que notre pays « devrait convenir avec l’ensemble de la communauté internationale d’un agenda précis pour le retour de l’Etat à Kidal, par exemple ».
Selon SBM, il faut «faire en sorte qu’il y ait une mobilité des forces de défense et de sécurité [maliennes] de manière à prévenir l’émergence de menaces de groupes terroristes, réprimer éventuellement les cas où les menaces sont avérées et de manière à asseoir la puissance publique».
Selon l’ancien ministre de la Défense, l’action militaire «doit être capitalisée» par les autres organes de l’État à travers les services sociaux de base, l’école, la santé et l’administration.
Soumeylou Boubèye estime que notre pays devrait revoir son concept opérationnel pour que ses forces deviennent plus réactives, plus mobiles et plus capables d’anticiper. En effet, ajoute-t-il « tant que nous continuerons à rester dans une posture plus ou moins défensive, nous serons vulnérables, et c’est ce qui nous arrive dans des coins comme Nampala ».
Mais l’expert exclut que des négociations avec les groupes terroristes, qui, selon lui, «doivent être déclarés illégaux» : « si nous révisions notre concept d’opération et de planification stratégique, je suis persuadé que nous pouvons maîtriser un peu tous les facteurs négatifs sur le terrain. Quand vous décidez de négocier avec quelqu’un, vous le légitimez quelque part. Quel est notre intérêt à légitimer des groupes terroristes et djihadistes ? Je ne vois pas l’intérêt pour le moment », a-t-il déclaré.

Par Fanta et Koumbeli DIAW

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