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vendredi 24 septembre 2021
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SBM sous mandat de dépôt: l’ASMA dénonce une politisation et un acharnement

Dans l’affaire de l’acquisition d’un aéronef et de la fourniture aux Forces armées maliennes de matériels roulants, d’Habillement, de Couchage, de Campagne et d’alimentation (HCCA), le Président de l’Alliance pour la Solidarité au Mali-Convergence des Forces Patriotiques (ASMA-CFP), Soumeylou Boubeye MAIGA a été placé sous mandat de dépôt , le jeudi 26 août 2021. Au cours d’un point de presse animé, hier, au siège national du Parti, le Mouvement national des jeunes, celui des femmes, la Plateforme des amis et clubs de soutien de SBM ont dénoncé la politisation du dossier et un acharnement et judiciaire, avant d’interpeller sur le risque de règlement de compte dont le pays n’a nullement besoin.

Dans une déclaration lue par le Président du Bureau national des jeunes de l’ASMA-CFP, Abdina KAREMBE, les partisans de SBM expliquent que s’ils se sont abstenus jusque-là de parler du dossier, c’était pour laisser la Justice, en toute confiance, faire son travail.
Cependant, justifient-ils, ils se trouvent dans l’obligation de sortir de leur silence face au constat que le dossier, bien qu’entre les mains de la Justice, a cessé d’être un dossier purement judiciaire.
« L’évolution récente montre, à maints égards que le dossier a pris un tournant politique et est même devenu simplement politique ».
À en croire le conférencier qui était entouré d’autres camarades politiques, leurs préoccupations portent moins sur le Président Soumeylou Boubeye MAIGA que sur les droits et les libertés individuelles et collectives qui semblent menacées à leurs yeux.
ls se défendent de toute intention d’influencer la Justice et rassurent que SBM est un citoyen malien comme tout autre ; donc, justiciable comme tout autre.
Pour autant, tranchent les partisans de SBM, s’il doit répondre, cela doit se faire, selon les règles prescrites par les lois de la République librement adoptées par le peuple souverain du Mali.
« En conséquence, la justice et les lois ne doivent nullement être ignorées, violées et manipulées parce que c’est lui », alertent-ils.
Dans leurs propos, le Premier ministre, ancien Président du Comité stratégique du M5-RFP, en prend pour son grade. En effet, mettent en exergue les conférenciers, le Mouvement de contestation de l’ancien régime a bâti ses mots d’ordre sur le recouvrement de la souveraineté de l’État sur tout le territoire ; la bonne gouvernance ; la justice sociale ; la révision de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger…
Mais, constatent-ils avec les Maliens que la situation sécuritaire se dégrade chaque jour qui passe ; le territoire continue d’être occupé ; les syndicats enseignants sont en grève…
La seule note positive qui est attribuée à ce Gouvernement du M5-RFP porte sur la création du Comité d’Orientation Stratégique.
Pour les conférenciers, dans un tel contexte de « carence », il fallait divertir l’opinion.
« Cet acte ne pouvait être posé que dans le cadre de la bonne gouvernance. C’est ainsi que la machine fut mise en branle contre le camarade Soumeylou Boubeye MAIGA à travers le dossier de l’acquisition d’un aéronef et des équipements militaires », accusent-ils.
Ils avancent deux arguments en ce qui est de la politisation du dossier.
D’abord, ils soutiennent que la Cour s’suprême ne peut pas s’autosaisir d’un dossier concernant un ministre et le faire juger par une autre juridiction.
Ensuite le dossier est politique, sont-ils convaincus, au regard de la célérité avec laquelle le Président de l’ASMA-CFP, Soumeylou Boubeye MAIGA, ancien ministre de la Défense et des anciens combattants et ancien Premier ministre, a été convoqué et placé sous mandat de dépôt.
De l’avis des conférenciers, au-delà de la politisation, le dossier traduit également l’acharnement contre un homme, dont le mandat n’en est que l’aboutissement.
«Cet acharnement est un précédent fâcheux. En effet, il veut dire qu’au Mali tout dossier classé peut désormais être réouvert et tout dossier clos peut être relancé. Ce qui est dangereux et est à éviter à tout prix, au risque de nous mettre dans un cycle de règlement de compte sans fin », interpellent-ils. Ce, d’autant plus qu’au point où en est le pays, c’est la dernière des choses dont les Maliens ont besoin
« Ce pays fragilisé qui souffre au plus profond de lui-même n’a pas besoin d’être divisé. Il a plutôt besoin d’unité et de paix », prônent-ils.
Le conférencier dénonce le mépris pour les hautes fonctions occupées par SBM à travers sa condition de détention dans une prison qui abriterait plus de 3 000 locataires, dont environ 200 sont des terroristes. Ce, alors que d’autres possibilités existeraient. Aussi, du fait de sa condition de détention et de la fragilité de sa santé en raison de son âge avancé, ils tiennent pour responsables les autorités de la Transition de tout ce qui pourrait lui advenir.
Pour finir, le Mouvement des jeunes, celui des femmes et la Plateforme des amis et clubs de soutien de SBM demandent sa libération pure et simple et lancent un appel à la mobilisation de tous et de chacun en vue de la préservation de la démocratie et de l’État de droit.

PAR BERTIN DAKOUO




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