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lundi 22 octobre 2018
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Scandale des visas chinois: les détaillants menacent de marcher sur Koulouba

Ça dure depuis des ans : le groupement des commerçants détaillants est en froid avec les autorités consulaires chinoises, soupçonnées à dessein de rendre plus contraignantes, pour les commerçants maliens, les conditions d’obtention de visas en direction de l’empire du Milieu. D’où, la colère du groupement des détaillants qui menace de projeter une marche de protestation sur le ministère des Affaires étrangères, à Koulouba. Les affaires étrangères auront-elles les coudées franches pour désamorcer la crise ?

Pour se faire entendre, dit-on dans les milieux des commerçants, le groupement des détaillants, dirigé par le très actif président du groupement des détaillants, Cheick Oumar Sacko, menace de projeter une marche de protestation sur le ministère des affaires étrangères, sis à Koulouba. Pour les précautions d’usage, compte tenu de la complexité du sujet de controverse lié à la difficulté d’obtention du visa chinois par les Maliens en déplacement d’affaires dans ce pays, et la sensibilité sur la zone de protestation, à savoir les affaires étrangères, perchées là-haut sur les collines de Koulouba, là où réside le palais présidentiel, les responsables du syndicat des détaillants ont pris toutes les dispositions, en informant les autorités concernées, mais aussi les responsables des différents milieux d’affaires.
Une fois alerté sur la tension, qui couvait chez les commerçants détaillants, projetant d’organiser cette manifestation de protestation au ministère des Affaires étrangères, dès la semaine prochaine, le secrétaire général dudit ministère, qui sait, par avance, l’extrême complication qu’une telle situation pouvait causer au ciel radieux de coopération diplomatique entre les deux pays, a aussitôt saisi les responsables syndicaux pour tenter rapidement une solution amiable à la crise. Preuve que les syndicalistes ne sont pas sourds à toute discussion, ils ont tout de suite répondu favorablement à la main tendue du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, lequel a justifié l’intervention du département de tutelle par le fait que des négociations fermes et sérieuses sont déjà menées par celui-ci, sans tambour ni trompette, pour ramener le plus rapidement possible les autorités consulaires chinoises à réexaminer la question des visas pour les commerçants Maliens dans l’intérêt bien compris des deux parties.
Selon le groupement des détaillants, le scandale des visas chinois, dont les conditions d’obtention restrictives pour les commerçants maliens, n’a que trop duré et doit être alors impérativement réglé pour éliminer tout malentendu compromettant dans les relations commerciales entre les deux pays. En fait, déplore-t-on, à Bamako, les autorités consulaires de l’empire du Milieu ont commencé à exiger des opérateurs privés maliens les originaux des documents avant de les délivrer les documents de voyage. Les détaillants maliens n’y ont vu aucun inconvénient. Et ils ont tout de suite, selon des sources proches des milieux syndicaux, procédé à la nécessaire sensibilisation pour imprégner les détaillants sur l’urgence, pour la partie chinoise, de sécuriser les circuits commerciaux dans le pays, dès lors qu’elle ne faisait plus entièrement confiance aux documents administratifs des Maliens.
Mais, là où le bât blesse, c’est lorsque, contre toute attente, la partie chinoise, selon les récriminations du groupement des détaillants, a exigé des commerçants maliens de se prémunir initialement de la réservation des partenaires chinois avant d’obtenir le visa et de pouvoir ainsi donc se déplacer pour la Chine pour y faire des affaires. Pire, dénoncent-ils, le visa chinois, même livré dans ces conditions difficiles (il faut au moins payer une somme de 200.000 francs CFA pour engager un avocat pour respecter cette réglementation), ne saurait dépasser un mois de séjour. D’où, des problèmes pour les Maliens qui y séjournent d’autant qu’il est presque mission impossible de pouvoir passer toutes les commandes au bout de cette période, couvrant le délai autorisé par le visa.
C’est de cette difficulté que les détaillants maliens, en difficulté de se rendre en Chine, estiment que des intentions inavouées cachent mal cette décision impopulaire des autorités consulaires de l’empire du Milieu dont le seul dessein est aujourd’hui d’empêcher, par toutes les astuces, les commerçants maliens de se rendre en Chine, à charge, pour eux, de se ravitailler directement sur place avec les grossistes Chinois qui exercent déjà sur certains produits un véritable monopole de fait, compte tenu non seulement des facilités économiques qu’ils bénéficient, pour cela, mais aussi de l’envergure commerciale dont ils détiennent en la matière.
Vrai ou faux ! Ce qui est sûr, c’est que la crise couve dans les milieux commerciaux entre les deux pays. Le groupement des détaillants maliens, qui semble bien disposé à calmer le jeu, en attendant que les affaires étrangères conduisent sereinement et sérieusement les négociations de coulisses qu’elles ont entamées avec la partie chinoise, est bien disposé, selon ses responsables, à faire gagner sa cause, y compris par divers d’autres canaux de protestation de masse. Et cela, jusqu’à la satisfaction complète de leurs doléances.

Sékouba Samaké




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