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dimanche 19 novembre 2017
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second cas d’ébola au mali: ce qui s’est réellement passé


L’odyssée mortelle d’un Imam de Kourémalé à la Clinique Pasteur

Depuis, hier mercredi, le Mali connait officiellement son deuxième cas de décès dû au virus Ebola, en la personne d’un jeune agent de santé de la Clinique Pasteur, âgé de 25 ans, décédé, avant-hier mardi, des suites d’un contact avec un malade, venu de la Guinée, nommé Oussou KOITA, qui y a séjourné, le 20 octobre dernier, avant de décéder, le 27 octobre 2014, et son corps transporté dans une mosquée de Djicoroni Para, non loin de celle communément appelée ‘’Mosquée de Dialla’’.

Tout serait parti d’un cas suspect venu de la Guinée voisine, du nom de Moussa KOITA, âgé de 36 ans, commerçant, confirmé porteur d’Ebola, depuis lundi dernier, et hospitalisé au Centre de Transit de Siguiri qui aurait amené son père du nom de Oussou KOITA, imam de Kourémalé, côté Guinéen, âgé de 70 ans à la Clinique Pasteur de Bamako, le 20 octobre 2014.

De sources dignes de foi, il s’avère que le vieux Oussou KOITA a commencé à présenter les premiers signes aux environs du 17 octobre dernier, à Kouramalé.  Ainsi, dès le lendemain, 18 octobre dernier,  il aurait été conduit à la clinique privée Fidèle Castro de Siguiri par son fils, Moussa  KOITA. Après cinq jours de traitement sans succès, Moussa KOITA a décidé d’amener son père dans une nouvelle clinique de Kouremalé, cette fois-ci, du côté Malien.

Les victimes directes du vieux KOITA

Après deux jours de traitement sans succès, le jeune KOITA a transporté d’urgence son père à la Clinique Pasteur de Bamako à bord d’un véhicule personnel avec comme passagers: Namignan KOITA, 50 ans, 1ère femme de l’imam Oussou KOITA, Nassira SIDIBE, 40 ans, sa 2ème épouse et Lansiné KOITA, 50 ans, son petit frère.

Arrivé à la clinique Pasteur, le 26 octobre dernier, Oussou KOITA a été hospitalisé et des examens biologiques et radiologiques lui ont été effectués.

Malheureusement, le lendemain 27 octobre, l’imam KOITA est décédé et son  corps a été transporté dans la mosquée indiquée plus haut.

Là, le lavage mortuaire du corps a été effectué avant de le transporter à Kourémalé Guinée où un enterrement non sécurisé a été fait, indique notre source.

Notre source nous a précisé qu’après l’arrivée de l’imam et de sa famille à Bamako, un ami du défunt imam, du nom de Issa KEITA, plus connu sous le sobriquet d’Issa Bléni, de nationalité guinéenne, résident à Djicoroni-Para de Bamako, en CIV, Rue Usine céramique, qui a conduit la délégation à la Clinique Pasteur. D’ailleurs, ce dernier est resté auprès de l’imam Oussou KOITA, lors de son hospitalisation.

La même source dit avoir appris (par l’intermédiaire de sa famille à Siguiri) que Issa Bléni serait également décédé, le lundi dernier, à Djicoroni-Para (CIV de Bamako) où sa famille voudrait transporter le corps sur Siguiri pour y être enterré.

Par ailleurs, en plus de Issa KEITA, la première femme du défunt l’imam, dénommée  Namignan KOITA serait également décédée, le 6 novembre dernier.

Quant à Nassira SIDIBE, la seconde épouse, et Lansiné KOITA, le jeune frère de feu imam KOITA, seraient présentement malades et leur transfèrement au Centre de traitement de Gueckedou est en cours.

Moussa KOITA, fils du défunt imam, confirmé positif d’Ebola serait présentement hospitalisé au Centre de Transit de Siguiri et serait transféré au CTE de Gueckedou.

Un autre décès a été enregistré, le mardi dernier, dans la famille de feu Oussou KOITA. Il s’agirait de celui de la première fille du défunt l’imam du nom de Nanssira KOITA de  25 ans.

Là, également, la famille serait opposée catégoriquement à l’enterrement sécurisé du corps. Ainsi, le corps de la défunte fille a été enterré sans mesure de sécurité, en Guinée.

La victime de trop !

Comme précédemment évoqué, lorsque le jeune KOITA a transporté d’urgence son père à la Clinique Pasteur de Bamako, il a été pris en charge par un jeune infirmier qui sera une autre victime de trop. De fil à aiguille, l’information fait rapidement le tour de la capitale. C’est ainsi que les services de santé ont procédé, le lundi dernier, à des investigations sur un agent de santé déclaré avoir eu des contacts avec le vieux KOITA.

Selon un communiqué officiel du ministère de la Santé, au cours des investigations, un prélèvement sanguin a été effectué le même jour sur le jeune infirmier.

Les résultats de l’analyse des échantillons se sont révélés positifs au virus Ebola, le lendemain, mardi 11 novembre 2014.

C’est ainsi que notre pays connaîtra son second cas de la maladie à virus Ebola. Alors que les soins lui étaient administrés, l’agent de santé âgé de 25 ans est décédé, le mardi 11 novembre 2014.

«En cette douloureuse circonstance, le Gouvernement adresse ses condoléances à la famille du disparu et rappelle à la population que les mesures d’hygiène édictées demeurent les moyens efficaces de prévention de la maladie », indique le communiqué officiel.

Le Gouvernement rassure que conformément au protocole de prise en charge des malades à virus Ebola en vigueur, toutes les dispositions sont prises pour identifier les personnes ayant eu un contact avec le défunt, poursuit-il.

Les locaux de la clinique privée qui l’a pris en charge ainsi que le domicile du patient, selon le même communiqué, ont été totalement désinfecté et mis en observation.

Le Gouvernement informe le public que les services de santé avec l’appui des partenaires sont à pied d’œuvre pour éviter toute propagation du virus à partir de ce cas lié à un cas importé de la Guinée.

Il invite la population au calme, à la sérénité mais aussi et surtout à la vigilance et au respect des mesures d’hygiènes édictées en la matière.

Les mesures qui s’imposent

En dépit de cet appel et au regard de ce triste bilan, non encore exhaustif, des mesures sécuritaires et sanitaires s’imposent. Il urge que le ministère de la Santé empêche immédiatement le transport du corps de Issa KEITA de Djicoroni Para à Siguiri, en Guinée.

Aussi, doit-il faire des investigations immédiatement, notamment à la Clinique Pasteur de Bamako, nonobstant sa fermeture anticipée par ses responsables; la mosquée précitée; la nouvelle clinique privée de Kourémalé, côté malien.

Les mesures sanitaires s’imposent à la Cellule nationale de coordination d’Ebola, en Guinée qui doit, elle aussi, approfondir l’investigation à Siguiri; ainsi qu’à Kouremalé.

Et d’acheminer immédiatement les 3 cas suspects de Kouremalé et Siguiri au CTE de Gueckedou.

 

Par Sékou CAMARA

 




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