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mardi 19 septembre 2017
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Sécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali: les experts évaluent les zones à risques et les populations vulnérables

Les techniciens du  Système d’alerte précoce (SAP) sont en conclave pendant 7 jours pour conduire l’analyse consensuelle de la situation alimentaire et identifier les zones à risques et des populations en insécurité alimentaire et nutritionnelle au sahel et en Afrique de l’Ouest. Ouverte hier, à l’Institut national de recherche en santé publique (INRSP), la réunion d’expertise était présidée par le Commissaire à la sécurité alimentaire, Nango DEMBELE.

 Précédé par une mission conjointe d’évaluation  de la campagne agropastorale 2014-2015, ce présent atelier, d’une importance capitale auquel prennent part les techniciens du Système d’alerte précoce, les représentants des ministères sectoriels et des organisations non gouvernementales, vise à évaluer la situation alimentaire et nutritionnelle en utilisant le Cadre harmonisé d’identification et d’analyse des zones à risques et des populations en insécurité alimentaire et nutritionnelle au sahel et en Afrique de l’Ouest.

Outil commun, le « Cadre Harmonisé d’identification et d’analyse des zones à risque et des populations en insécurité alimentaire » est un instrument d’analyse consensuel initié par le Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) au début des années 2000 avec l’appui de la FAO, du PAM, de FEWSNET, d’Oxfam, Save the Children et ACF pour harmoniser les systèmes d’évaluation de la sécurité alimentaire dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest. Il intègre l’Indice des Prix à la Consommation (IPC) de la FAO : instrument mesurant l’inflation des biens consommés par les ménages et classifiant la sévérité des situations d’insécurité alimentaire en cinq phases.

Avant son avènement, il existait dans différents pays et au niveau de la région une multitude d’approche pour évaluer la sévérité de l’insécurité alimentaire et les résultats obtenus divergeaient d’un pays à un autre. Sans compter que les interprétations se faisaient sans consensus et dans ces conditions, il n’était pas facile de prendre de bonnes décisions au profit des populations rurales vulnérables.

Après un long processus conduit depuis 1999 d’abords dans 4 pays du Sahel, l’analyse du cadre harmonisé, selon le représentant du CILSS, a été étendue progressivement pour couvrir, cette année, 14 du Sahel et du Golfe de Guinée.

Les résultats de cet important effort conjoint et inclusif est le fruit, a souligné Isoufi MAOUA, d’une franche collaboration et soutenue ayant conduit à la mise en place du Comité technique du cadre harmonisé.

Outil fédérateur, le cadre, a-t-il précisé, permet de classifier la nature et la sévérité de l’insécurité alimentaire aigue en construisant la convergence de preuves fiables de manière consensuelle. Le processus d’analyse étant guidé par la fiabilité des preuves disponibles, l’impartialité et la neutralité totale des participants.

Notre pays fait partie des premiers pays de l’espace CILSS-CEDEAO où le Comité national d’analyse a été officialisé. Ce comité est désormais la pierre angulaire sur laquelle repose l’ensemble du processus. Il est aussi garant de la transparence et de la qualité des résultats des analyses permettant de mieux orienter les prises de décisions dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

C’est dans cette perspective que le SAP, en partenariat avec le PAM, la FAO,  FEWSNET et les ONG partenaires du Cluster sécurité alimentaire, a réalisé courant septembre une enquête nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle dont les résultats ont été validés le 21 octobre 2014.

Aussi, les experts du SAP ont-ils également sillonné du 8 au 17 octobre l’ensemble du pays pour évaluer de façon qualitative la campagne agropastorale 2014-2015 en vue d’identifier les zones à risques ; collecter des données de paramètres clés pour les analyses de l’économie des ménages en vue de dégager les zones potentiellement en déficit de survie ou de protection des moyens d’existence. Les résultats de ces évaluations ont été également validés le 31 octobre par les acteurs de la sécurité alimentaire.

A toutes ces données, a rappelé le Commissaire à la sécurité alimentaire, viendront s’ajouter celles de plusieurs autres ministères sectoriels pour les besoins de l’analyse.

Soulignant l’importance et la pérennité du cadre harmonisé, devenu depuis deux ans un outil d’aide à la décision pour le Gouvernement et ses partenaires, le ministre Nango DEMBELE a fait cas de la création du comité national dont le but est de piloter le processus d’analyse et de détermination des populations en insécurité alimentaire suivant le classement du CH.

Durant sept jours, les participants sont conviés à passer en revue la somme de preuves de différentes sources afin de les discuter et les analyser pour en tirer le meilleur parti pour le pays.

En tout cas, cette réunion, a rappelé le Commissaire, est le début de toute une série de rencontres pour permettre à l’Etat et à ses partenaires de prendre des mesures idoines pour une gestion efficace de la situation alimentaire conjoncturelle.

Référence faite aux régions du nord du pays où le retour des populations déplacées et réfugiées se poursuit. Ce qui constitue une pression supplémentaire sur les ressources alimentaires des populations résidentes.

Le contexte sécuritaire, lui, ne favorise pas une reprise normale des activités génératrices de revenus après l’occupation. De même l’insécurité résiduelle continuerait à affecter par endroits les mouvements des troupeaux et menacerait les circuits d’approvisionnement des marchés.

C’est cette situation que la réunion analysera pour identifier les populations vulnérables risquant d’être affectées par une insécurité alimentaire et nutritionnelle. Nango DEMBELE a tenu à rappeler que la dimension nutritionnelle doit être suffisamment intégrée dans les approches du SAP, d’autant plus que la malnutrition demeure toujours un problème de santé publique. Il a par conséquent insisté sur la prise en compte des populations vulnérables partout où elles se trouvent et la formulation des réponses les plus appropriées à la prise en charge de leurs besoins.

Par Mohamed D. DIAWARA

 




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