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mardi 2 mars 2021
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Sécurité: Le cocktail Malitov

Selon Gustave Le Bon, ‘’La guerre révèle à un peuple ses faiblesses, mais aussi ses vertus’’. Les épreuves rédhibitoires imposées à notre peuple ont révélé un peuple aussi vaillant que vacillant. A la dérive sur presque chaque offensive adverse, nous n’avons que rarement été à notre avantage contre une nébuleuse terroriste, sans occulter les coups régulièrement portés par les FAMa à l’ennemi. Les violences sont récurrentes ; la stratégie militaire expansionniste des assaillants se met en place tel un rouleau compresseur. Forcément, l’on s’interroge sur les causes de cette défaillance. Il apparaît souvent que c’est moins la vaillance des hommes que la gestion des ressources publiques allouées aux Forces de défense et de sécurité qui est en cause. Il y a également de quoi s’interroger sur l’efficacité et l’efficiente de l’Armée d’aides mobilisée pour sauver le soldat Mali en perdition sécuritaire. Ce, sans oublier que règle d’or devrait être : “Aide-toi, le ciel t’aidera”. Ainsi, de reculade en capitulation, l’option obsessionnelle d’un dialogue avec les jihadistes (maliens) qui est restée jusque-là stérile s’est imposée. L’exutoire qui pourrait cacher la lassitude d’une guerre dont l’issue ne laisse guère présager une parade, dans l’immédiat, sur le Boulevard de l’indépendance ? Comment sortir du guêpier ? Quelles perspectives pour le pays pris comme jamais dans une crise sécuritaire qui se chronicise et se métastase ? Votre dossier rétrospectif sur la sécurité.

Plus que jamais, en cette année 2020, la situation sécuritaire a été au cœur des préoccupations des populations tout comme des alliés du pays. Pour le seul second trimestre de 2020, nos FAMa ont été la cible de 49 attaques, qui ont fait 67 morts et 86 blessés parmi les soldats. De janvier à mars, 266 incidents ont été signalés, au cours desquels 247 civils ont été tués, 119 blessés et 72 enlevés. Au total, 218 personnes ont été tuées dans le centre du Mali entre le 1er janvier et le 4 mars. D’avril à juin, 169 civils ont été tués et 79 blessés lors de 190 actes de violence. Plus de 51 % des faits sont survenus dans la région de Mopti. Du mois d’octobre à décembre, les Forces de défense et de sécurité maliennes ont été la cible de 17 attaques, au cours desquelles 30 soldats ont été tués et 48 blessés (sources onusiennes).
Selon Malilink, au total, nous avons enregistré 1 344 morts en 2020, dont 1 004 civils et 340 militaires. Trop de sang a coulé au cours de cette autre annus horribilis. Et chaque jour, du drame et de l’anxiété s’ajoutent à la tragédie.
Dans cet enfer, deux ingrédients, explosifs et instables préoccupent, au-delà des discours démagogiques, des arbitrages mi-chèvre mi-chou, laissant croire à une navigation dans la purée de pois.
La sanctuarisation
D’abord, il y a une croissance sauvage des groupes armés terroristes, non seulement par une stratégie de récupérations des populations locales, mais également par les renforts extérieurs qui grossissent leur lot. Les forces du mal sont constituées du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (ou Jnim, selon son acronyme arabe), dirigé par Iyad Ag GHALY qui a prêté allégeance à Al Qaeda en 2017, l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) dirigé par Adnan Abou El Sarahoui qui se concentre dans les régions d’Asongo, de Gossi et du sud de Menaka au Mali, rentrant régulièrement en conflit avec les milices touareg alliées à Bamako.
Quelques statistiques sont édifiantes sur la reconstitution des forces jihadistes, après l’Opération Serval qui les avait mis en débandade.
En début août 2014, Mélanie Matarese, journaliste pour Le Figaro écrit que selon « un proche des mouvements islamistes », Ansar Dine compte encore 800 hommes au Mali et AQMI, 700. En septembre 2014, Hannah Armstrong, chercheuse au New America’s International Security Program, estime que 3 000 djihadistes sont actifs au Sahel.
En novembre et décembre 2015, Mathieu Olivier et Rémi Carayol, journalistes de Jeune Afrique, écrivent que selon la DGSE malienne, AQMI, en perte d’influence, ne compterait plus dans le Sahara que 200 combattants divisés en trois katiba. À l’été 2016, une source militaire française de l’AFP indique que les forces islamistes dans le nord ne sont estimées qu’entre 200 et 400 hommes.
En 2019, l’AFP indique que « de source militaire française », les « groupes armés terroristes » comprendraient 2 000 combattants au Sahel, dont 1 000 à 1 400 au Mali.
C’est clair, une partie des islamistes chassés par l’opération française Serval a reconstitué ses forces et sévit dans le pays.
Ensuite, il y a le phénomène de l’expansion territoriale, de sorte qu’il n’y a plus d’épicentre de l’insécurité dans le pays. Du Nord, il s’est déplacé au Centre, et se propage partout à présent.
Désormais, c’est l’Office du Niger qui représente la nouvelle zone d’expansion avec des visées économiques sur la culture du riz, mais au-delà, sur des ressources minières qui y sont annoncées. Le village de Farabougou assiégé depuis plus de deux mois par des jihadistes qui ne déclinent toujours pas leur appartenance est anecdotique. Ils exigent le port du voile intégral, le paiement de la zakat et de la dîme, en attendant qu’ils proclament ‘’haram’’ la culture du riz puisqu’ils exécutent froidement des paysans dans leurs champs et brûlent leurs récoltes.
Les marchands de la mort, en terrain conquis ou en terrain abandonné par l’État, revendiquent leur souveraineté sur des régions du territoire national qu’ils transforment en champ de bataille. Généralement, les affrontements se déroulent à bas bruit, mais toujours avec des conséquences bruyantes pour les populations contraintes à se déplacer. Ainsi, les deux branches principales du jihad au Mali, l’État islamique au grand Sahara (EIGS) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (ou JNIM, selon son acronyme arabe), se livrent une bataille mortelle dans les sables du nord et du centre du pays. Cette lutte fratricide aurait déjà fait environ 250 morts parmi les combattants des deux camps, selon un décompte de l’ONG Armed Conflict Location & Event Data (Acled).
«Il y a des querelles de terrain, on ne sait pas où ça va s’arrêter, chacun veut prendre le dessus sur l’autre», rappelle le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif confirmant cette rivalité meurtrière entre fractions jihadistes.

Les FAMa continuent l’offensive
Conformément à leur mission de défense de l’intégrité territoriale, les Forces armées maliennes (FAMa) sont résolument engagées dans l’offensive contre les groupes armés terroristes (GAT). Ainsi, deux présumés braqueurs hors pair opérant sur l’axe Gao-Gossi ont été mis hors d’état de nuire par les FAMa dans la ville de Gao. Les faits se sont déroulés le lundi 28 décembre 2020 dans les environs de 15 H. Ils ont été signalés au chef de patrouille, le lieutenant Mohamed L. CISSE par la population quand l’un d’eux exhibait ses butins de guerre dans la cité des Askia. Du coup le lieutenant Cissé et ses hommes ont mûri un plan pour traquer ces hors-la-loi. 3 PM, 1 PA, des chargeurs garnis de 7,62 mm/s, des grenades ont été saisis lors de cette opération. Les coupables ont été remis à la brigade territoriale de la gendarmerie de Gao pour des enquêtes.
Selon des témoignages, Issouf Boubacar MAIGA, Mohamed Abdoulaye et leurs complices seraient les auteurs de plusieurs attaques et braquages sur le tronçon Gao-Gossi.
Sur la base de renseignements précisés par des drones de BARKHANE, une patrouille conjointe FAMa-BARKHANE a procédé, le dimanche 27 décembre 2020 aux environs de 07H30mn, à une opération lors de la sécurisation de la foire hebdomadaire de Tara dans le secteur de Wamy à 15 km à l’Est de Hombori. Ces renseignements faisaient état de la présence de GAT dans ledit village. Après recoupements des hommes armés ont été signalés. Les éléments précurseurs de Barkhane ont intercepté des terroristes qui ont riposté. Au retour de la patrouille conjointe les FAMa ont fait trois prisonniers. Du côté de Barkhane, deux terroristes ont été faits prisonniers, 11 motos récupérées, 06 barriques de carburant et 02 téléphones portables ont été saisis.
Il est à signaler que des articles de délation font état d’exactions commises par les FAMa au cours de cette opération. Le Chef d’Etat-major Général des Armées appelle les populations à contrer toutes campagnes de propagande de l’ennemi visant à discréditer les FAMa dans leur mission régalienne.
Un Week-end chargé pour les FAMa. Le même dimanche 27 décembre 2020, des hommes armés habillés en tenue traditionnelle Donzos, ont enlevé des animaux dans le village de Dakadjan, commune rurale de Fakala, cercle de Djenné. Alertée, une mission des FAMa, basées à Sofara, a engagé une course-poursuite. Les assaillants ont été interpellés aux environs du village de Bounguel. Après accrochage, le bétail a été récupéré. Le bilan provisoire fait état d’un assaillant tué, un autre blessé et une moto récupérée.
Ailleurs, les FAMa ont infligé une lourde perte à des hommes armés non identifiés évoluant sur des motos. Ces terroristes avaient fait incursion, dans la matinée du dimanche 27 décembre 2020 aux environs de 10H00z, dans le village de Kèrèkara. Une localité située à environ 07 Km au Sud de Koro. Les assaillants ont emporté des bétails. Informé le Poste de Commandement Tactique a dépêché une mission de poursuite des FAMa. La mission s’est dirigée vers Kiri près de la frontière avec le Burkina Faso où elle a été accrochée par des hommes armés. Après avoir engagé les combats avec les assaillants, aux alentours du village de Ogodourou, les FAMa ont récupéré les bétails enlevés. À l’issue des affrontements deux terroristes ont été neutralisés et du matériel récupéré. Côté FAMa pas de perte en vie humaine. Sur le chemin de retour à 4 km de Koro la mission a été encore accrochée. Là aussi, quatre autres terroristes ont été neutralisés, un Pistolet Mitrailleur saisi. Les animaux enlevés ont été conduits à Koro.
Les FAMa ont détruit le vendredi 4 décembre 2020 six objectifs terroristes à Boulkessy. Les FAMa avaient fait l’objet d’une attaque vendredi 04 novembre vers 19h par des GAT. L’intervention aérienne a permis de détruire six objectifs terroristes. Les FAMa ont repoussé l’attaque en causant des pertes matérielles et humaines à l’ennemi. Les FAMa n’enregistrent aucune victime. Les FAMa ont bénéficié dans cette attaque de l’appui aérien de Barkhane.
Les terroristes ont enregistré de lourdes pertes, lors de l’attaque complexe (EEI-Embuscade) contre les FAMa le 13 octobre 2020 au pont de Paroukou.
Les FAMa ont abattu 13 terroristes et calciné 2 de leurs véhicules. Les terroristes ont aussi subi d’autres dégâts matériels (munitions, armement…logistique).
L’évaluation a permis de découvrir que ces forces du mal avaient également attaqué un camion de transport civil au pont de Paroukou. Ce bilan fait état de 12 civils tués et 23 autres blessés. Lesquels blessés ont été évacués avec ceux des FAMa par la MINUSMA.
Les FAMa ont neutralisé cinq terroristes, le mercredi 16 septembre 2020 à Tolodjé dans la localité de Nampala. Suite à cet accrochage, les FAMa ont aussi saisi du matériel sur les Groupes Armés Terroristes (GAT).
Ces matériels saisis à Tolodjé comprennent 04 PM, 06 fusils de chasse, des munitions en vrac, 09 motos et un important lot de médicaments. Côté ami l’on ne déplore aucune perte.
Les FAMa ont neutralisé, le 23 juin 2020, 6 terroristes près du village de Nyan (Bandiagara). Elles ont aussi fait une vingtaine de prisonniers, saisi 2 PM et 2 motos. C’était au cours de l’opération baptisée ‘’Balinan N°1’’ du Poste de commandement du Secteur 4 de l’Opération Maliko qui visait à récupérer les 2 véhicules emportés lors de l’attaque du poste de sécurité de la Gendarmerie de Wô (Bandiagara). Au cours de cette opération les FAMa ont mené des patrouilles de reconnaissance offensives à travers les villages de Somadougou, Docoumbo, Kema, Sofara, Pérou, Sinekama entre autres. Toutes choses qui ont permis de mettre hors d’état de nuire des terroristes. Ces hommes sans foi s’adonnaient au vol du bétail, au pillage des villages et hameaux. Ils terrorisaient également les populations en les empêchant de cultiver leurs champs en cette période hivernale. La vingtaine de prisonniers a été remise à la Gendarmerie pour les enquêtes.
La collaboration des populations avec les FAMa est très nécessaire pour lutter efficacement contre les terroristes et leurs complices.
Les FAMa ont libéré, le 19 mai 2020, une femme qui était otage des Groupes Armés Terroristes (GAT) à Sahona, dans le secteur de Kouakourou (région de Mopti). La jeune femme enchaînée était utilisée comme une esclave sexuelle par les terroristes.
Les FAMa ont également détruit aux environs de 18 heures deux dépôts de nourriture et de médicaments des terroristes.
Les FAMa ont neutralisé dans l’après-midi du 14 mai 2020 une trentaine de terroristes à la frontière avec le Burkina Faso. Au moins, 25 Motos ont été récupérées, ainsi que d’autres matériels et équipements.
Les FAMa sont plus que déterminées à engager une lutte sans merci contre les groupes terroristes. Ainsi pendant 3 jours l’opération baptisée Saniya et planifiée par le secteur 4 de l’opération Maliko a porté ses fruits en deux jours d’exécution. Après avoir engagé les troupes au sol l’aviation a été mobilisée. Le ratissage des localités de KONNA, AMBA, BATOUMA, et la fouille de la forêt de KELKA le dimanche 05 avril ont été probants. En plus des denrées alimentaires saisies, deux présumés terroristes ont été arrêtés. Au cours des fouilles au village de KONZA, le lundi 06 avril 2020, nos forces ont récupéré une ambulance, quatre téléphones et deux véhicules que les terroristes avaient camouflés. Il est à noter que depuis plusieurs semaines ces terroristes avaient commencé à implanter leurs bases dans ces localités. Ils s’adonnaient à des braquages et enlèvements des biens des populations. Toutes choses qui faisaient peser des menaces sur ces populations riveraines.
Le détachement renforcé à Mondoro a repris le dessus sur des terroristes venus les attaquer sans raison. Ainsi ont-ils enregistré une grosse perte humaine et matérielle au cours de cette attaque.
Le 1er mars 2020, les FAMa avaient repoussé une attaque terroriste qui était à sa 2e à Mondoro dans la région de Mopti.
À ce jour, les évaluations terrestres permettent de certifier les bilans du côté des GAT. Les frappes aériennes ont permis de détruire plus de 20 terroristes, une quinzaine de motos. En outre, beaucoup d’autres matériels ont été collectés.
Deux véhicules pick-up appartenant aux GAT ont été aussi détruits.
Les actions civilo-militaires
À l’instar de toutes les armées modernes, les Forces armées maliennes ne s’occupent pas que de guerre, mais également de développement. A travers la Mission de Sécurisation du Secteur 6 de l’opération ‘’MALIKO’’, les Fama ont fait des dons à la population de Kwala, le lundi 7 décembre 2020. Cette activité s’inscrit dans le cadre des actions civilo-militaires de la 3e Région Militaire du Mali.
Ces gestes sont significatifs et sont le témoignage de la fraternité des FAMa envers les populations. Ces dons sont composés, entres autres, de riz, de sucre, de maillots et de ballons de football.
Selon le coordinateur de la Mission de Sécurisation de la Réalisation de la Route Kwala-Mouroudjan-Nara, le commandant Moussa DIALLO, à travers des gestes similaires les FAMa requièrent la bonne collaboration des populations, tout en leur exprimant leur disponibilité sans faille pour assurer une libre circulation des personnes et de leurs biens.
Le représentant du chef de village de Kwala, Modibo Coulibaly, s’est dit ému par ces actions sociables. Il a fait des bénédictions pour les FAMa et le Mali tout entier pour la paix dans notre pays.
Un geste salué par le Maire de la commune de Savana, cercle de Kolokani, Macinê Traoré. Il témoigne et reconnait que les FAMa fournissent des efforts considérables dans leur mission, surtout au secours des nécessiteux.
Le président de la jeunesse du village de Sêgê, Sêkê TRAORE, a exprimé toute sa gratitude aux éléments de la mission de sécurisation du tronçon Kwala-Nara pour leur soutien en faveur de sa jeunesse.
Des gestes similaires ont été faits dans les localités de Tounboula et Mouroudjan. Une consultation médicale gratuite et des offres de médicaments au profit des populations de Kwala et environnants ont bouclé ces journées d’action ‘’civilo-militaire de l’année 2020 de la mission de sécurisation du secteur 6 de l’opération ‘’MALIKO’’ basée à Kwala.
Acharane et Douwethierey, deux localités situées respectivement à 45 km et 75 km de Tombouctou, sur la route de Goundam, ont reçu des quantités importantes de vivres composés du riz, du mil, de l’huile et des ballons de jeu et pompes à air pour le sport. C’était le 28 novembre 2020. Le commandement militaire du secteur-3 du théâtre centre de l’opération Maliko à travers son bureau action civilo-militaire s’est engagé depuis un certain temps à minimiser les souffrances des populations. Cela à travers des séries de donations de vivres à certaines de ces populations vulnérables dans plusieurs villages de son secteur. Les notables des localités fournies ont salué ce geste louable des FAMa. Ils ont ensuite prié pour le retour de la paix, de la sécurité et du vivre ensemble.
Le Secteur-5 de l’opération « Maliko » à travers sa cellule CIMIC a offert aux populations déplacées de la commune de Nampala un don important. C’était le mardi 14 juillet 2020 à la mairie de cette bourgade située à 103 km au Nord-est de Diabaly. La remise s’est déroulée en présence du maire de la localité, des responsables militaires et d’une population enthousiaste, sortie massivement pour communier avec leurs forces de défense.
Ce don d’une valeur de plus de 4 millions de FCFA, destiné à 100 ménages, est constitué de cinq tonnes de riz, une tonne de sucre, cent bidons d’huile de cinq litres, cent paquets de lait de cinq kg et cent cartons de savon.
Selon le coordinateur du Sous-secteur ouest, le Commandant Moussa Arama, cette donation s’inscrit dans le cadre des activités Civilo-Militaires du seceur-5 et vise à rapprocher les populations des FAMa.
Dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, le commandement de la 5e Région militaire a offert, le 2 Juin 2020 au Centre d’Animation Pédagogique (CAP) de Tombouctou, une dizaine de kits d’hygiène de lavage des mains et une dizaine de cartons de savon. Ce don est destiné aux seconds cycles de la ville afin de permettre aux élèves de respecter les mesures barrières contre la covid-19. Cette contribution a été saluée par l’administration du CAP, car elle coïncide avec la reprise des cours pour les classes d’examens. Ce geste symbolique a été réalisé en partenariat avec la force Barkhane.
Le commandement de la 5e Région Militaire (Tombouctou) à travers son bureau action civilo-militaire a organisé les 11 et 12 novembre 2020 une série de donation de vivres, des ballons de jeu et des pompes à air. Quatre villages de la région y ont bénéficié. ll s’agit des villages de Nibkit, Tintelout, Dibla et Zinzin. Cette action traduit la volonté du commandement d’assister les populations vulnérables et de permettre à la jeunesse de ces villages de s’adonner aux activités sportives et aux activités ludiques.
Les commandants Dramane TRAORE et Lamine TRAORE ont été les porteurs de message du commandant du secteur, le colonel Boubacar Yassanry SANOGOH. Les chefs de villages, les présidents des jeunes et les notables ont remercié les Fama et ont souhaité la pérennisation de ces actions. Ils ont également fait des bénédictions pour le retour rapide de la paix et de la sécurité dans la région et dans tout le Mali.
Le 29 avril 2020, à la préfecture de Koro, région de Mopti, les FAMa ont fait don de 10 tonnes de riz aux populations déplacées de Diougani à Koro. Ce geste des FAMa s’inscrit dans le cadre des actions civilo militaires (ACM) conformément à l’engagement de la hiérarchie militaire. Cette donation a été faite en présence des autorités administratives locales, communales, traditionnelles de Diougani.
Pendant trois semaines, le détachement de Léré, commandé par le capitaine Guediouma KONE, a organisé des journées de distribution d’eau potable à la population de Léré. Il y a presque un mois, une pénurie d’eau secouait la ville. Les FAMa ont systématiquement répondu aux appels des habitants en mobilisant des citernes d’eau. Cette action traduit la volonté du commandement de la 5e Région militaire et du secteur trois de l’opération MALIKO d’être au service de la population et du coup assurer les relations civilo-militaire. Les habitants de Léré ont salué cette action qui leur a permis de faire des réserves d’eau et de satisfaire leurs besoins pendant le mois de Ramadan. En plus de la sécurisation des personnes et de leurs biens, les FAMa veillent également sur le bien-être de la population.
Dès l’annonce du début du mois de ramadan, le commandement de la 5éme région militaire a fait des dons de vivres à une cinquantaine de familles démunies de la ville des 333 saints. Ces dons sont composés de riz, de dattes et de sucre. Il s’agit pour le commandement d’accompagner ces familles et de leur donner le sourire pendant le mois béni de ramadan dans le cadre de ses actions civilo-militaire. Toutes choses qui renforcent davantage la cohésion entre les FAMa et les populations.
Le scandale des blindés
Alors que la situation sécuritaire se dégrade progressivement avec la multiplication des attaques odieuses, les autorités ne pouvaient que mettre sur la table l’option militaire. Ainsi, dans le cadre de la Loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM) dotée d’un budget de 1 230 milliards de francs CFA, l’Armée s’est lancée dans une course son réarmement matériel et moral. Dans cette course, de nouveaux types de blindés devraient faire la différence en raison de la nature spécifique du danger que rencontrent au quotidien sur les routes par nos troupes, à savoir les mines antipersonnel ou engins explosifs improvisés (EEI), selon la terminologie des Nations-Unies, mais également des impératifs d’opérationnalité. Les autorités ont donc fait de la dotation en blindés de nos troupes une des priorités les plus pressantes. C’est dans ce cadre que selon un communiqué de l’Armée, ‘’un premier lot de 15 véhicules blindés de type Cougars sur un parc attendu de 30 blindés a été offert à l’Armée malienne, le mardi 28 janvier 2020, par les Émirats Arabes Unis. La réception de ces engins blindés a été faite par le Directeur du Matériel, des Hydrocarbures et du Transport des Armées, le Général de Brigade Moustaph DRABO, à l’Aéroport International Président Modibo KEITA de Bamako.
Cette acquisition vient renforcer davantage les capacités opérationnelles des FAMa en vue de mieux faire face aux ennemis de la paix. L’Ambassade du Mali aux Émirats Arabes Unis, Boukary SIDIBE, présent à la réception de ces engins blindés a vivement salué la coopération fructueuse existant entre les deux pays frères. Le Diplomate malien a clairement expliqué que cette réception a été possible grâce aux efforts louables des plus hautes autorités du pays dans l’optique de doter notre armée des moyens adéquats et adaptés à la situation.
Le Directeur du Matériel, des Hydrocarbures et du Transport des Armées, le Général de Brigade Moustapha DRABO, a pour sa part remercié le Prince Héritier des Émirats Arabes unis, cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyan pour tout le soutien qu’il ne cesse d’apporter au Mali et à son armée. « Ce soutien qui s’est beaucoup renforcé récemment, se concrétise aujourd’hui par la donation d’une quinzaine d’engins blindés. Cela sera d’un apport capital pour notre Armée nationale », a-t-il indiqué. Selon lui, ces engins blindés permettront d’une part d’améliorer la protection de nos unités contre les Engins Explosifs Improvisés (EEI) et les embuscades et d’autres parts d’améliorer la mobilité de nos hommes sur le terrain’’.
Si cette acquisition n’a pas fait de vague, il n’en a pas été le cas d’autres. En effet, après des révélations faites par des confrères dénonçant l’acquisition de tocs en lieu et place de blindés de type TYPHOON MRAP, l’Armée s’est trouvée dans la posture de se fendre d’un communiqué qui suscite plus d’interrogation qu’il n’apporte de réponses. Qu’est-ce qu’on ne nous dit pas dans cette affaire d’acquisition d’engins blindés ?

Dans le communiqué daté du 17 février, signé du ministre de la Défense et des anciens combattants, la Direction du Matériel, des Hydrocarbures et du Transport des Armées (DMHTA), constate effectivement la non-conformité des blindés dont elle s’est abstenue de faire la réception demandant au fabricant leur remplacement. Ce à quoi celui-ci n’a opposé aucune objection. Le remplacement des engins non conformes est même en cours, à en croire le communiqué officiel.
A la lecture du Communiqué du ministère de la Défense et des anciens combattants, il est établi que c’est de la pacotille qui a été fourguée au Mali tenant lieu de blindés de type TYPHOON. En tout cas, le constat est établi qu’ils ne répondent pas aux caractéristiques techniques exigées par l’Armée malienne en pleine guerre contre les Groupes Armés Terroristes.
Alors, deux hypothèses se présentent.
La première est qu’il y a eu une défaillance dans la chaîne d’acquisition des engins blindés. Or, c’est le Premier ministre Boubou CISSE qui s’est trouvé au cœur de la commande à Doha. En s’abstenant de réceptionner les blindés non conformes, les militaires ont-ils alors voulu dégager la balle de leur camp ?
La deuxième hypothèse qui n’est pas non plus farfelue est que le fabricant a voulu flouer le Mali en lui livrant du matériel en violation flagrante des termes du contrat.
Dans tous les cas, de nombreuses autres questions restent sans réponse : comment un pays en guerre peut-il se laisser gruger sur sa commande d’engins de guerre ? Pourquoi fait-on l’impasse sur le nombre de blindés non conformes en cours de remplacement sur le parc attendu de 130 blindés acquis avec nos partenaires émiratis et dont une trentaine en donation ? Pourquoi le fabricant tout en disposant des caractéristiques techniques stipulées dans le contrat en a-t-il fait à sa tête ? Où se situe la défaillance dans la chaîne d’acquisition de ces blindés de type TYPHOON MRAP ? Pourquoi est-ce qu’on n’envisage aucune sanction dans ces errements ? Comment en est-on arrivé à traiter avec les Émirats Arabes Unis ? Cette dernière question n’est pas superflue, d’autant plus que les MRAP sont les descendants des véhicules développés pour résister aux mines durant la guerre du Bush de Rhodésie du Sud entre 1972 et 1980 par l’Afrique du Sud qui, dans les années 2010, est un des grands pays producteurs avec les États-Unis, et dont une entreprise, Mobile Land Systems, a vendu la totalité de la propriété industrielle d’un MRAP de nouvelle génération à l’entreprise publique chinoise China Poly Group en 2010 qui depuis produit et exporte des MRAP et construit également des MRAP aux Émirats Arabes Unis.
Il faut noter qu’un MRAP pour Mine Resistant Ambush Protected, est une famille de véhicules blindés conçus pour résister aux EEI, pour Engins Explosifs Improvisés, et aux embuscades.
Sur cette affaire sulfureuse, tout comme celle des ‘’avions cloués au sol’’, l’opinion n’a jamais obtenu les réponses qu’elle était en droit d’attendre ; d’autant plus que ce sont des ressources publiques qui sont engagées dans les différentes opérations d’acquisitions. Ce qui laisse le sentiment diffus que des gens se sont sucrés sur le dos du peuple. C’est tirant certainement les enseignements d’une gestion perçue comme scabreuse que le Président de la Transition, Bah N’DAW, a déclenché sa guerre : «(…) les moyens de l’armée iront désormais totalement à l’armée et seulement à l’armée.
Chaque centime investi pour la défense et la sécurité de ce pays sera surveillé et évalué, tant que je présiderai aux destinées de la Transition. J’en prends ici le serment ». Mais un serment solennel suffira-t-il à démanteler un système qui a ses ramifications dans les endroits les plus insoupçonnés ? Sans se laisser aller au pétainisme, le cimetière est pavé de bonnes intentions.
L’appui des partenaires
Dans sa croisade contre les groupes armés radicaux, notre pays bénéficie du soutien de partenaires en tête desquels la France à travers l’Opération Barkhane. Selon une source proche du Sénat français, le déploiement de 4000 soldats français au Sahel coûte à la France 700 millions chaque année. Un chiffre qui permet d’estimer le degré d’engagement de ce pays dans la lutte contre l’hydre terroriste au Sahel. Certaines ‘’actions d’opportunité’’ sont également éloquentes de ce point de vue. En effet, le chef d’état-major français des armées [CEMA], le général François LECOINTRE, indiquait le 2 novembre 2020, sur les ondes d’Europe1 qu’une intervention des forces spéciales [task force Sabre] a permis d’éliminer une « soixantaine de jihadistes », dans la région de Boulikessi, le 30 octobre.
‘’Alors que la ministre des armées de la France, Florence Parly, était en visite de travail au Niger et au Mali, le chef d’état-major des armées [CEMA], le général François Lecointre a affirmé une autre prouesse de ses éléments dans le sahel contre le terrorisme. En effet, dans le cadre d’une opération plus vaste, lancée depuis le début du mois d’octobre, il a affirmé sur les ondes d’Europe1 que les soldats français engagés au Sahel contre le terrorisme ont tué une cinquantaine de djihadistes’’.
En outre, sur instigation de la France, une Force multinationale baptisée ‘’Takuba’’ a vu le jour. Composée de forces spéciales européennes, elle complétera les actions menées par Barkhane au profit des forces armées maliennes (FAMa), renforçant la logique du partenariat de combat. Ayant franchi son premier jalon opérationnel, l’IOC (initial operational capability), le 15 juillet dernier, la TF Takuba a reçu pour mission de conseiller, d’assister et d’accompagner au combat des unités conventionnelles de l’armée malienne dans la lutte contre les groupes armés terroristes (GAT) dans la zone des trois frontières. Une compagnie malienne a d’ailleurs été désignée récemment et achève sa montée en puissance avant de rejoindre, d’ici quelques semaines, la TF Takuba. Donc, sa mission est : accompagner au combat de petites unités d’élite maliennes équipées de pick-ups et de motos, pour les aider à s’aguerrir et reconquérir des pans de territoire semi-désertiques délaissés depuis longtemps par l’Etat, devenus zones refuges pour les jihadistes du groupe État islamique au Grand Sahara (EIGS).
Il faut saluer la présence très remarquée de l’Union européenne à nos côtés. Dans un Communiqué de presse daté du 17 janvier 2020, elle annonce la poursuite de son appui à la Force Conjointe du G5 Sahel avec la fourniture de 13 véhicules blindés. On pouvait y lire : ‘’la Délégation de l’Union européenne au Mali a procédé ce vendredi à la remise des Véhicules lors d’une cérémonie présidée par … en présence de l’Ambassadeur de l’Union européenne au Mali, Monsieur Bart Ouvry et du Commandant de l’EUTM Mali, Joao Boga Ribeiro.
Ces 13 Véhicules Blindés Tout-Terrain Bastions (8 versions Transports de troupes, 2 versions Contre IED, 2 versions Sanitaire, 1 version Poste de Commandement) sont destinés à équiper les deux bataillons maliens de la Force Conjointe du G5 Sahel. Ils font partie d’un lot de 46 véhicules blindés déjà ou en passe d’être livrés par l’Union européenne à la Force conjointe dans les cinq pays du G5 Sahel, dans le cadre du projet d’appui de l’UE à la Force Conjointe du G5 Sahel financé via la Facilité de Paix Africaine et mis en œuvre par Expertise France (EF).
La Force Conjointe du G5 Sahel a pour objectif de lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, notamment en menant des opérations militaires conjointes transfrontalières entre les pays du G5 Sahel, nommément le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, la Mauritanie et le Mali. La Force Conjointe contribue ainsi à la stabilisation du Mali, en améliorant la sécurité des populations, le contrôle du territoire et la gestion des espaces frontaliers, par les services de l’État, dans le respect de l’État de droit.
L’Ambassadeur de l’Union européenne au Mali a réitéré l’engagement de l’Union européenne à accompagner le Mali dans sa réforme sécuritaire. Il a aussi rappelé que «cette remise est un pas important dans le cadre de l’opérationnalisation de la Force Conjointe».
L’UE accompagne politiquement et financièrement la mise en place du G5 Sahel ainsi que certains de ses projets, en matière de développement. Dès la création de la Force conjointe du G5 Sahel, l’UE s’est fortement engagée au niveau politique pour la soutenir et a ainsi décidé de l’appuyer pour un montant total de 238 millions d’euros (plus de 156 milliards de FCFA). Ce soutien comprend également la mise en place et l’opérationnalisation d’un cadre de conformité aux Droits de l’Homme et au Droit Humanitaire International pour la Force conjointe du G5 Sahel, en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, un soutien opérationnel et logistique à la Force conjointe sur le territoire malien via la MINUSMA ainsi qu’un appui à la structure de gouvernance du G5 Sahel.
L’UE est elle-même un acteur clé de la sécurité dans la région, avec ses 3 missions opérationnelles dans le cadre de la politique commune de sécurité et de défense; EUCAP Sahel Niger, EUCAP Sahel Mali, Mission de formation de l’UE (EUTM) au Mali. Avec huit milliards d’euros d’aide au développement (2014-2020), l’UE est le principal donateur pour les pays du G5 Sahel. Les actions mises en œuvre par l’Union européenne, au travers de ses différents instruments, s’inscrivent dans une approche intégrée prenant en compte à la fois les besoins sécuritaires et de développement des populations présentes dans les zones fragiles visées, en vue de créer un environnement favorable au développement socio-économique de la région sahélienne’’.
Il y a la mission multidimensionnelle des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) qui n’a jamais reçu mandat offensif, en dépit des demandes répétitives, comme c’est le cas par exemple en République démocratique du Congo (RDC).
Nonobstant la convergence de toutes ces forces internationales, les groupes armés terroristes continuent d’élargir leur sanctuaire au détriment de la sécurité nationale alimentant de fortes interrogations chez une frange importante de la population, si ce n’est un sentiment de rejet là où la reconnaissance devrait être jubilatoire. Selon des sources bien informées, l’État ne contrôle plus 70% du territoire. Un bis repetita du scénario catastrophe de 2012 où c’est la seule armée déglinguée du Mali qui tentait de tenir front ? Une certitude : la crise sécuritaire se chronicise et on excelle de plus en plus dans la fuite en avant.
Un Accord du désaccord
L’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’aller salué par le monde entier comme une avancée majeure n’aura été finalement qu’un miroir aux alouettes. Dans le cadre du politiquement correct, les Nations Unies saluent des avancées dans la mise en œuvre dudit Accord. Là où la machine mondiale ne peut pas se réfugier dans les circonvolutions diplomatiques, c’est sur le plan sécuritaire. Elle reconnaît que la ‘’situation sécuritaire reste préoccupante’’. Si les valses du Gouvernement n’y sont pas totalement étrangères, les défis bravaches de la CMA y comptent également pour beaucoup. De façon anecdotique, rappelons le déploiement des Forces de défense et de sécurité reconstituées ; une disposition essentielle de l’Accord. Près de 300 éléments à bord de 2 camions et 32 véhicules légers ont pris le départ de Gao pour Kidal, dans le cadre de l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. Ce déploiement intervient après le rendez-vous manqué de ce 1er février, date initialement arrêtée dans le cadre du Plan de redéploiement détaillé des éléments de la nouvelle armée reconstituée à Kidal adopté par la 13e session extraordinaire de la Commission technique de Sécurité (CTS) tenue le 24 janvier 2020, à Bamako. Parties de Gao le 10 février, les Forces de Défense et de Sécurité Reconstituées (FDS-R) sont bien arrivées à Kidal hier jeudi, après 3 jours de voyage. Elles ont été accueillies à leur arrivée par les autorités de la ville.
Au nom des Nations unies, le Représentant spécial du Secrétaire général au Mali (RSSG) et Chef de la MINUSMA, Mahammat Saleh ANNADIF, dans un communiqué, a exprimé sa satisfaction face à cette importante avancée : « je tiens à exprimer mon entière satisfaction aux mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger, et le gouvernement de la République du Mali pour cette avancée majeure ». Il a ajouté : «j’adresse également mes félicitations aux responsables de la MINUSMA qui n’ont ménagé aucun effort pour que ce redéploiement se déroule dans les meilleures conditions».
Pour M. ANNADIF, le chemin qui reste à parcourir est certes encore long et les défis nombreux, mais avec cette détermination et cette confiance qui se situent dans la dynamique insufflée par le Dialogue National Inclusif, le processus vers la paix connaîtra d’autres succès, et la MINUSMA y prendra toute sa part.
Pour les Nations unies, point de doute que l’arrivée des premières unités de l’armée reconstituée à Kidal constitue une avancée majeure dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger.
Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies ne faisait pas si bien en soulignant que le chemin qui reste à parcourir est encore long et les défis nombreux. La réaction désabusée : ‘’aujourd’hui (mercredi 27 mai 2020) il y a la réunion de la CTS, c’est le représentant de l’ambassade de France qui a affirmé son incompréhension du fait que la CMA a refoulé la 3e compagnie de l’armée dite reconstituée. Selon le CR qui m’a été fait aucun représentant du gouvernement n’a bronché sur ce sujet.
Demain les mêmes officiers vont nous dire le problème c’est tel pays tel État pendant qu’eux avaient raté juste l’occasion de dire: ce n’est pas NORMAL’’.
Une autre preuve, ce sont les FDS-R à Kidal qui sont cantonnées et harcelées. En envoyant à Kidal les Forces de Défense et de Sécurité reconstituées (FDS-R), conformément à un Accord librement signé par les parties, il n’était pas question qu’elles y aillent parader en vainqueur. Non ! Par contre, il n’était pas non plus question qu’elles y aillent subir les quolibets et les provocations et servir de tête de Turc à des éléments illuminés et racistes. C’est pourtant le cas, à en croire cette confidence faite par un soldat des FDS-R à l’Agence de presse Xinhua : ‘’nous sommes assaillis par les bandits armés qui viennent jusqu’au mur d’enceinte de notre camp d’accueil pour proférer des insanités contre le Mali et son armée. Ils sont plus d’une centaine d’éléments incontrôlés et armés qui s’agitent. La petite unité béninoise demeure impuissante et la Force française nous conseille de ne pas répondre à leur provocation. C’est vraiment désolant (…) C’est la Force française qui effectue des tirs de sommation pour les dissuader, mais certains combattants sont aussi en train d’effectuer des tirs en l’air. Nous sommes bloqués dans l’enceinte du camp sans aucun moyen robuste de riposte’’. Les faits sont suffisamment graves pour passer pour pertes et profits.
Faudrait-il mettre ce harcèlement moral des soldats sur le compte d’éléments égarés ? Ce serait trop facile et une insulte à l’intelligence. Il y a deux explications objectives à cette bravade.
La première est la présence supposée ou réelle d’éléments Imghads dans les rangs des Forces de Défense et de Sécurité reconstituées cantonnées au Camp I de Kidal. A en croire le Secrétaire général du GATIA, c’est la raison de l’explosion de colère d’un présumé colonel Malick Ag Acharif membre ‘’d’ansaraqmi’’ (HCUA) que nos cousins ont clairement désigné comme étant de connivence avec les Groupes armés terroristes. Mais, c’est du n’importe quoi, d’autant plus que l’Accord qui est en vigueur c’est l’’’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger’’. Celui de Ouagadougou dont ce colonel très peu docte en matière d’accord se plaint de la violation est ainsi libellé : ‘’Accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali’’. L’élection présidentielle de 2013 est derrière nous, tout comme les pourparlers d’Alger.
Ce soi-disant officier devrait également savoir que l’article 1er de l’Accord stipule :’’les Parties, dans l’esprit de la Feuille de route, réitèrent leur attachement aux principes ci-après : a) respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’État du Mali, ainsi que de sa forme républicaine et son caractère laïc (…)’’. Que l’article 5 de la Constitution dispose : ‘’l’État reconnaît et garantit, dans les conditions fixées par la loi, la liberté d’aller et venir, le libre choix de la résidence, la liberté d’association, de réunion, de cortège et de manifestation’’. Ainsi, tant que Kidal fera partie du territoire malien et que les Imghads seront Maliens, ils y iront sans passeport ni visa. La restriction de déplacement sur le territoire national, pour tout citoyen malien, est une violation de la Loi fondamentale.
L’inculture inqualifiable mâtinée de dogmatisme de ce colonel n’est pourtant pas une excuse. En attendant la création d’un chimérique État de l’Azawad, le respect de ses engagements et des lois de la République du Mali est primordial.
La deuxième explication est une volonté jamais dissimulée d’exploser l’Accord pour la paix et la réconciliation pour mettre en œuvre le projet séparatiste initial qui n’a jamais été véritablement abandonné.
En somme, le colonel chauvin devrait faire preuve d’un peu de patience encore et de décence. Ceux qui voudront aller en goguette dans les montagnes de l’Adrar quand leur hypothétique République sera proclamée, montreront patte blanche et se muniront bien sûr des documents de voyage nécessaires. Naturellement que le principe de la réciprocité s’appliquera.
Vers un glissement vers Moscou ?
Face aux lourdes pertes infligées aux Forces armées, à la persistance des actes de violence contre les populations civiles, l’opinion versatile cherche son salut ailleurs. Mais, elle ne semble pas seule dans cette quête de survie collective. Le Chef de l’État de la Transition, Bah N’DAW, lors de sa prestation de serment diagnostiquait et rassurait : ‘’(…) ’il faudra continuer à livrer bataille aux forces terroristes et au crime organisé. Ces fléaux accablent certaines parties du pays depuis plus d’une décennie. Leur sanctuaire s’élargit au détriment de la sécurité nationale. Les demi-victoires ne suffisent plus pour les vaincre. Nous devons gagner totalement et durablement. Pour cela, il faut certes une gestion politique là où celle-ci est nécessaire, mais il est important de se doter de moyens les plus dissuasifs possible à travers une armée aguerrie, matériellement soutenue et moralement prête’’. Il ne demande pas d’aide militaire supplémentaire ; mais point besoin d’être émoulu d’une école de guerre pour comprendre que lorsqu’on s’ensable et s’embourbe, le salut peut résider dans un changement de stratégie et de partenaire. Notre coopération militaire n’est-t-elle pas en train de glisser vers Moscou?
Pour ce probable changement de cap, il y a des arguments subjectifs qui pourraient entrer en ligne de compte. Il y a le Chef de la Transition, le colonel-major Bah N’DAW qui a été formé en Union soviétique comme pilote d’hélicoptère.
Par ailleurs, Assimi GOITA, le chef du CNSP, revient juste d’une formation en Russie, tandis qu’un autre parmi les putschistes était attendu à Moscou pour une formation. Le Colonel Sadio CAMARA, revenait donc d’une formation d’un an au Collège militaire supérieur de Moscou et le Colonel Malick DIAW, qui lui-même était retenu pour repartir en septembre en Russie. Ils peuvent forcément avoir un attachement sentimental à la Fédération de Russie qu’ils connaissent très bien.
A cela, il faut ajouter que l’ambassadeur de Russie au Mali est l’un des premiers diplomates étrangers à être officiellement reçu par la junte. À sa sortie, Igor Gromyko n’a prononcé devant la presse qu’une seule phrase : « Nous avons discuté de la sécurité. » L’ordre du jour est évocateur.
Plus tard, le vendredi 16 octobre 2020, le colonel Sadio CAMARA, ministre de la Défense et des anciens combattants reçoit successivement les ambassadeurs de la Fédération de la Russie au Mali, SEM Igor Gromyko et celui de la Chine, SEM Zhu Liying. ‘’Ces rencontres avaient pour objectif de prendre contact avec le nouveau ministre de la Défense et des Anciens Combattants, mais aussi d’échanger sur des questions d’intérêt mutuel’’, selon un communiqué de la Défense.
Pour les considérations objectives, il faut rappeler que le 25 juin 2019, le Mali et la Russie ont conclu un accord de coopération militaire, qu’ont signé leurs ministres de la Défense respectifs, Sergueï Choigou et Ibrahim Dahirou DEMBELE, en marge du forum Armée 2019, près de Moscou. Le 10 juin, Tiébilé DRAME, le ministre malien des Affaires étrangères, avait précédé Dembélé dans la capitale russe.
Toujours dans la veine des considérations objectives, l’aide de nos partenaires internationaux est jugée largement en deçà des attentes d’une frange non négligeable de la population. C’est donc dans l’ordre naturel des choses que des manifestants, lors des mobilisations du M5-RFP scandaient : « On veut coopérer avec la Russie », « On veut la Russie ! », « Poutine, Poutine ! », « Depuis le jour où IBK a signé un accord militaire avec la France, le Mali est foutu ».
Au moment où l’un des problèmes du pays est l’insécurité au nord et au centre, des Maliens ne cachent pas qu’ils souhaitent le renforcement de la coopération militaire avec Moscou. Certains l’ont rappelé ce samedi, lors du rassemblement organisé par l’opposition à Bamako : « On veut coopérer avec la Russie », « On veut la Russie ! », « Poutine, Poutine ! », « Depuis le jour où IBK a signé un accord militaire avec la France, le Mali est foutu ».
Ainsi, certains manifestants ont dit préférer une interaction avec la Russie et la Chine, plutôt qu’avec la France.
Il faut dire que les relations entre nos deux pays ne datent pas d’aujourd’hui. Elles nous renvoient aux années 1960 et se manifestaient sous la forme de formation, d’acquisition de matériel…. Est-ce le retour aux vieilles amours ?
Courant les mois de novembre et décembre 2020, l’on a assisté à une forte activité sur les réseaux sociaux prêtant au Président de la Transition des velléités à recourir à la Russie en vue de relever le défi sécuritaire imposé à notre pays. Info ou infox ? La frontière est très mince dans le cas d’espèce ; d’autant plus que des observateurs avisés voient derrière les écrans d’ordinateur des plumitifs de Koulouba. Mais, ne cédons pas à la mièvrerie : on ne se défait pas aussi facilement d’une ancienne puissance coloniale qui, de surcroît, s’appelle la France.
L’approche obsessionnelle du dialogue
Sans rien abdiquer de l’option militaire qui se renforce, s’affine et s’affirme par moment, les politiques, tirant les enseignements des limites de ce choix, en termes de lourd tribut civilo-militaire, d’installation d’une précarité galopante, d’expansion des mouvements jihadistes, invitent au cœur de sa stratégie de résolution de la crise sécuritaire le dialogue avec l’ennemi. Désormais le Mali tourne le dos au tout sécuritaire pour se tirer des épreuves rédhibitoires qui lui sont imposées, nonobstant les réticences de son principal allié, la France, dont l’intransigeance sélective représente un lourd boulet. Selon qu’un ressortissant français est pris en otage ou pas, l’option du dialogue avec les psychopathes jihadistes est envisagée et mise en œuvre, avec très souvent à la clé le paiement de fortes rançons, comme cela a été le cas lors de la libération de Sophie dite Mariam PETRONIN. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a jugé à Bamako qu’un dialogue n’était pas possible avec les groupes djihadistes, une position qu’a immédiatement nuancée le chef du gouvernement malien de la transition. « Disons les choses très clairement: il y a les accords de paix et puis il y a les groupes terroristes qui n’ont pas signé les accords de paix. Les choses sont simples », a déclaré devant la presse le chef de la diplomatie française, premier haut responsable français à se rendre au Mali depuis le coup d’État du 18 août. Interrogé sur les possibilités d’un dialogue avec les groupes liés à Al-Qaïda et au groupe État islamique, il a ajouté que la position de la France était également celle « des pays du G5 Sahel, c’est la position de la communauté internationale, c’est la position du Conseil de sécurité » de l’ONU.
‘’Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat», a lancé dans un entretien avec l’hebdomadaire Jeune Afrique le président français Emmanuel MACRON.
«Il faut s’inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d’Alger», a souligné Emmanuel Macron en référence à l’accord de paix conclu en 2015 entre le pouvoir central malien, les groupes armés pro-Bamako et l’ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali.
«Ceux-ci prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut dialoguer avec des groupes terroristes, qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris nos soldats», a-t-il ajouté.
À rebours des trémolos de certains partenaires, l’approche du dialogue s’enracine également dans une légitimité populaire. Il s’agit en effet d’une des recommandations de la Conférence d’Entente Nationale, du 27 mars au 2 avril 2017 qui cite explicitement Iyad Ag GHALY et Amadou KOUFFA comme de potentiels interlocuteurs. C’est fort de cette recommandation que le Premier ministre Abdoulaye Idrissa MAIGA a levé une Mission de bons offices conduite par le Président du Haut conseil islamique d’alors l’Imam Mahmoud DICKO.
L’approche du dialogue a été également fortement inspirée par une délibération populaire, en l’occurrence le Dialogue National Inclusif (DNI) du 14 au 22 décembre 2019 qui a réitéré la recommandation de la CEN qui préconisait : ‘’engager le dialogue avec Iyad et Kouffa pour ramener la paix au Mali’’.
Plus tard, dans une interview exclusive accordée à RFI et France 24, à Addis-Abeba, le Président IBK reconnaissait pour la première fois l’ouverture d’un dialogue avec les chefs jihadistes Iyad Ag GHALY et Amadou KOUFA. Désormais le Mali officiel assumait publiquement sa disposition à dialoguer avec les chefs de la nébuleuse terroriste qui ensanglante le Nord et le Centre du pays en vue de parvenir à une paix durable. Le Président IBK opère un changement de cap radical. Parce que jusque-là, il s’était posé en antithèse des chantres du dialogue avec les chefs jihadistes, en l’occurrence l’Imam DICKO et Tiébilé DRAME qui deviendra plus tard son ministre des Affaires étrangères capables d’anticiper sur ses pensées.
Question : Le mois dernier, votre prédécesseur Dioncounda TRAORE a dit publiquement que vous étiez d’accord pour qu’il rencontre deux chefs djihadistes, Amadou KOUFFA et Iyad Ag GHALI. Est-ce qu’on peut appeler à la mobilisation contre le terrorisme tout en se disant prêt à parler avec les terroristes ?
IBK : Ce n’est pas du tout antinomique. Quel que soit l’âpreté d’un combat, et Dieu seul sait que je parle le meilleur de ceux dont vous venez de citer les noms. Mais, j’ai devoir et mission à tous les espaces possibles et à tout faire pour que, par un biais ou un autre, on puisse parvenir à un quelconque apaisement, que ça soit possible. Parce que le nombre de morts au Sahel devient exponentiel. Je crois qu’il est temps que certaines voies soient explorées (…).
Ce 10 février 2020, il se montrait plus conciliant : « parler avec les djihadistes et lutter contre le terrorisme n’est pas antinomique. J’ai le devoir et la mission aujourd’hui de créer tous les espaces possibles et de tout faire pour que, par un biais ou un autre, on puisse parvenir à quelque apaisement possible ».
Question : On peut parler aussi avec Abou Walid El SARAOUI aussi?
IBK : Dès lors qu’il faut qu’on parle aujourd’hui avec raison, si possible, avancer, ne rien exclure.
Je note une chose, cher ami, qu’en Algérie, quand il y avait cette terreur qui était sensible, visible, quotidienne, personne ne pensait qu’il était possible que des voies puissent s’ouvrir, qu’une concorde nationale puisse être atteinte et qui conduise à l’apaisement que l’on voit aujourd’hui dans l’espace algérien.
Ce n’est donc pas une vue de l’esprit, mais quelque chose de l’ordre du possible. Pourquoi pas éventuellement.
Nous ne sommes pas des grands candides (…). Nous, nous continuons notre débat, notre travail. Mais, que nous ne sommes pas des gens butés, bloqués, obtus, c’est tout. Et ce disant, je ne suis pas naïf du tout. Ceux qui ordonnent que l’on vienne dans une mosquée, se faire exploser au milieu des fidèles n’ont pas beaucoup mon estime. Et chacun le sait (…).

A la suite de l’ancien Président Ibrahim Boubacar KEITA, les autorités de la Transition tentent la même gageure du dialogue avec les groupes armés terroristes. Ainsi, dans la Feuille de route de la Transition à adopter par le Conseil National de Transition (CNT), à l’axe 5 ‘’l’adoption d’un pacte de stabilité sociale’’ les actions ci-après qui devront être menées : ‘’(…) relancer le dialogue avec les groupes radicaux maliens ; engager le dialogue entre les communautés et acteurs locaux en conflit (…)’’.
In concreto, en deux mois de siège de Farabougou par les jihadistes, tout en renforçant la présence militaire dans la zone de l’Office du Niger, les autorités de la Transition ont organisé deux Forums sur la réconciliation intercommunaitaire à Niono avec à chaque fois la présence de quatre membres du Gouvernement, la participation des représentants des chasseurs traditionnels et des jihadistes et les représentants des 12 communes de Niono, sous la médiation du Haut conseil islamique du Mali. Les chasseurs accepteront-ils de se laisser désarmer quand les jihadistes continueront à se mouvoir avec un véritable arsenal de guerre à faire pâlir l’Armée et à représenter une menace perpétuelle ? Les jihadistes accepteront-ils de renoncer au prélèvement de la dîme et de la zakat, à l’imposition du port du voile intégral ; donc à accepter le principe de la laïcité de l’État malien ? L’Armée parviendra-t-elle à garder les check-points qui devraient être abandonnés par les groupes armés de tout bord ? Voici les questions auxquelles il faudrait apporter des réponses pour espérer que le dialogue porte fruit à Niono comme au Centre où la milice Dan Nan Ambassagou est dans le viseur des autorités (de toutes les autorités d’ailleurs).
Après tout, un proverbe africain enseigne: “une de nos armes les plus puissantes est le dialogue.”
Il y a d’autres initiatives qui mériteraient d’être soulignées. Par exemple, pour la mise en œuvre de sa stratégie globale de stabilisation des régions du Centre (Ségou et Mopti), dans son volet humanitaire de relèvement et de développement, le Gouvernement va mettre à la disposition du Projet de Relance et de Reconstruction Économique (PRRE) un montant de 12,3 milliards de francs CFA pour cette année 2020. Ces douze milliards vont concerner, entre autres, les secteurs suivants : la sécurité alimentaire ; l’eau, l’hygiène et l’assainissement ; la santé et la nutrition ; les abris et les biens non alimentaires ; l’éducation. Sur ce plan, ceux qui théorisent sur le lien de cause à effet entre déficit de développement et violence sont bien servis. Mais, ont-ils raison, puisque d’autres populations soumises aux mêmes conditions de précarité n’optent pas pour le raccourci de la violence ? Mais, là n’est pas le propos ici.
Il y a eu la Mission d’appui à la réconciliation nationale (MARN) rattachée au Ministère de la Cohésion sociale, de la paix et de la réconciliation nationale. Créée par décret n°2017/0367/PM-RM du 28 avril 2017, elle a pour mission : de concevoir les outils adéquats à la promotion de la réconciliation nationale ; d’identifier, au niveau national, les forces sociales capables d’influer sur le règlement diligent des conflits ; de déterminer les causes endogènes et exogènes des conflits et proposer des solutions ; d’identifier les voies et moyens susceptibles d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale; de proposer des mesures de gestion des conflits tenant compte des us et coutumes.
Le Président IBK avait également pris une initiative politique en créant par décret N°0586/PRM du 31 juillet 2019 un Haut Représentant du Président de la République pour les Régions du Centre (HRPRRC) incarné par l’ancien Président de la Transition, le Pr Dioncounda TRAORE. Au terme de ce décret, il est chargé des missions suivantes : favoriser et soutenir le redéploiement des Forces de défense et de sécurité dans les régions du Centre ; faire désarmer toutes les milices et forces hostiles ; élaborer et mettre en œuvre une stratégie globale axée sur la protection des civils menacés par des violences physiques et la réduction des violences intercommunautaires ; contribuer au rétablissement des services sociaux de base ; veiller à ce que les responsables des violations des droits de la personne et d’atteinte à ses droits ainsi de violations du droit international humanitaire aient à répondre de leurs actes et soient traduits en justice ; assurer le suivi du sort réservé aux crimes perpétrés à Koulongo, Ogossagou et Sobane Da ainsi que d’autres crimes semblables commis au centre du pays ; faciliter les échanges intra-communautaires et de contribuer au rapprochement des points de vue à la lumière de l’intérêt exclusif du peuple malien ; contribuer à l’instauration et au maintien d’un climat de confiance entre toutes les communautés et entre ces communautés et l’État ; contribuer à rétablir les activités économiques du centre, sécuriser les travaux agro-sylvo-pastoraux et promouvoir l’investissement productif ; faire un plaidoyer pour la mobilisation des ressources financières en faveur du développement.
The last not the least, les FAMa y mènent des activités d’Actions Civilo-Militaires (ACM) et des Aides Médicales aux Populations (AMP) en permanence.
En dépit de la multiplication des gestes de bonne volonté, les franchises jihadistes chez nous se montrent de plus en plus belliqueuses avec une revendication invariable, l’application de la Charia ou le respect des principes fondamentaux de l’Islam. En somme un État islamique qui chasse la disposition constitutionnelle de la laïcité au Mali. Avec une telle incompatibilité substantielle, la réussite du dialogue avec les jihadistes (maliens) n’est-elle pas une vue de l’esprit ?
Les perspectives
En termes de perspectives, le ‘’Take back control’’ (reprendre le contrôle) devrait s’imposer comme le maître mot. Une option qui devrait s’enraciner dans la rigueur et la transparence dans la gestion des ressources publiques allouées aux Forces de défense et de sécurité
Les conclusions du 5e Rapport alternatif citoyen sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger de la Coalition citoyenne de la société civile pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale au Mali (CCSC/PURN) peuvent s’avérer constructives.

Elles préconisent que s’agissant du dialogue avec Amadou Koufa et Iyad Ag GHALY recommandé par la Conférence d’entente nationale et le Dialogue National Inclusif, qu’il y a lieu de définir rapidement une stratégie appropriée et d’identifier les acteurs à même de mener ce dialogue avec succès.
Sur la redynamisation de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger et au regard des divergences de fond sur l’interprétation des dispositions relatives au volet sécurité et défense, en particulier, la Coalition Citoyenne recommande de procéder à la relecture dudit Accord conformément aux résolutions du DNI.
Le recouvrement de l’intégrité territoriale du Mali demeure la priorité absolue. Toutes les interventions militaires et civiles doivent être envisagées dans cette seule perspective ; la paix au Nord et au Centre, voire sur l’ensemble du territoire national en dépend.
En matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière organisée, la Coalition citoyenne estime que l’assistance technique au Pôle judiciaire spécialisé occulte le traitement des crimes graves commis sur l’ensemble du territoire national. Or la justice est un aspect trop important pour être occulté ou applicable à géométrie variable, selon qu’on est criminel bon teint de Ageul’hoc ou qu’on est soldat auteur de dommages collatéraux.
En somme, ‘’à propos de la persistance de l’insécurité au centre et au nord du Mali, il urge, comme recommandé dans notre contribution du Dialogue National Inclusif (DNI) (…), d’acter ‘’l’état de guerre’’ pour permettre l’union sacrée indispensable à la résolution de la crise et consacrer le démantèlement de tous les mouvements et groupes concernés’’ réitère la CCSC/PURN.
PAR BERTIN DAKOUO




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