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mardi 21 août 2018
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Sécurité-présidentielle-développement: « IBK, pour nous jeunes élus de Ségou, est le meilleur Président » honorable Harouna dixit

Alors que le pays connaît un pic d’insécurité, avec une quarantaine de morts, en quelques jours, l’honorable Harouna Aboubacar TRAORE ne cède pas au pessimisme. Résistant aux démons de l’accusation facile, il voit en IBK celui qui a fait pour les Forces de défense et de sécurité plus qu’aucun président ne l’a fait au cours des 20 dernières années. Au détour de son appréciation de la candidature de l’ex-général Moussa Sinko, il met en lumière les efforts inlassables d’IBK en matière de fourniture des services sociaux de base et de développement économique du pays. Interview.

Info-Matin : Honorable, le pays a subi une série d’attaques ces derniers jours, occasionnant une quarantaine de morts. Quelle appréciation faites-vous de la situation sécuritaire ?

Harouna TRAORE : Tout d’abord, j’adresse mes condoléances les plus attristées et les plus sincères à toutes les familles des victimes civiles comme militaires des Forces armées et de sécurité (FAMa) et des troupes internationales qui œuvrent à nos côtés pour le rétablissement de la sécurité. Je souhaite par la même occasion prompt rétablissement aux blessés. Malgré les pertes, souvent très importantes, en vies humaines, j’exhorte les hommes à porter un coup fatal aux agresseurs de notre pays.
En ce qui est de mon appréciation de cette situation dramatique, je dois surtout dire qu’une agression de la sorte contre un pays, à qui une guerre est donc imposée, devrait constituer un moment privilégié d’union sacrée autour de la Patrie en danger. En principe, ce devrait être l’occasion de taire nos ego, de surmonter nos antagonismes pour la défense de la seule chose que nous avons tous en partage, à savoir le Mali. S’il y a une leçon que la France peut enseigner au monde, c’est ce sursaut national de solidarité quand il y a eu l’attaque de Charlie hebdo, les attentats de Paris, de Nice.
Hélas, chez nous, c’est quand le pays est éprouvé dans sa chair et dans son âme que des obsédés de pouvoir s’agitent comme de beaux diables sur fond d’accusations faciles contre Président IBK qui doit porter tous les péchés d’Israël. Ainsi, tous les déboires du Mali seraient liés à la mauvaise gouvernance sécuritaire. Mais je voudrais qu’on me dise : quand un forcené a foncé sur la foule à Nice, le 14 juillet 2016, tuant 86 personnes de différentes nationalités, une Promenade des Anglais alors sous haute sécurité, s’agissait-il d’un problème de gouvernance sécuritaire ? Non, il n’en a pas été question.
Je peux dire, sans risque de me tromper qu’en matière de réarmement matériel et moral des troupes, le Président a fait plus qu’aucun président ne l’a fait au cours des 20 dernières années. À ce niveau, les faits sont parlants ; même si des gens mal intentionnés s’obstinent à nier l’évidence. Ceux-là, je les plains. Je me demande quel sens donnent-ils à la devise du Mali : ‘’Un Peuple-Un But-Une Foi’’, parce qu’eux, ils divisent le peuple, leur but est ailleurs, et manifestement, ils n’ont aucune foi. C’est affligeant tout simplement, parce que c’est maintenant, plus que jamais, que nous devons nous donner la main, Partis politiques, société civile, pour faire front contre l’ennemi commun qu’est le terrorisme. Mais cette guerre, nous allons la gagner.

Info-Matin : À quelque six mois de l’élection présidentielle, au regard de la situation sécuritaire volatile qui prévaut, croyez-vous à sa tenue ?
H.A.T. : Il est vrai que la situation sécuritaire ne plaide pas particulièrement en faveur de notre pays ; mais je pense sincèrement que cette élection se tiendra à date. Le Président IBK a donné des gages dans ce sens ; la MINUSMA également est à pied d’œuvre, à travers l’organisation des journées de sensibilisation et d’information sur « la prévention et la mitigation des conflits et violences liés aux élections».
Certains pays ont connu une crise multidimensionnelle comme nous. Ils ont réussi à la surmonter et à organiser des élections jugées crédibles par les observateurs internationaux. Le Mali est un grand pays qui a de la résilience. Il n’y a donc aucune raison que nous ne puissions pas relever ce challenge électoral de la présidentielle. Il y va de la stabilité du pays, de notre intérêt à tous : ceux qui sont au pouvoir, tout comme ceux qui le convoitent, parce que pour prétendre diriger un pays, il faut au préalable qu’il existe en tant que tel.

I.M. : Depuis quelque temps, le général démissionnaire Moussa Sinko COULIBALY, tente de s’imposer dans l’opinion nationale comme une alternative crédible au régime actuel. Que pensez-vous de cette entrée fracassante sur l’arène politique d’un officier général ?

H.A.T. : Franchement, je suis désolé pour lui. Il me donne l’image d’un capitaine qui abandonne son navire en pleine tempête avec des passagers à bord. Je crois qu’à cet égard, il doit faire la honte de tous les jeunes officiers qui ont prêté serment de servir le drapeau national, même au prix du sacrifice ultime. Ce général démissionnaire a été formé par le Mali, y compris dans les plus prestigieuses écoles. Pour moi, la seule chose qu’il devrait savoir faire le mieux au monde était le métier des armes. Paradoxalement, c’est au moment où nos troupes sont harcelées sur tous les fronts par des terroristes, où des fils d’autres pays versent leur sang pour nous sécuriser, où le pays a le plus besoin de lui que cet homme qui a été affublé de galons de général troque le treillis contre le grand boubou. Ironie de l’histoire, il choisit le 20 janvier, date anniversaire de la création de l’armée nationale, pour lancer sa Plateforme. Il insulte ainsi l’institution qui lui a tout donné et étale à la face du monde qu’il ne soit pas digne de crédit. Par son attitude décevante, il sème le doute dans l’esprit des Maliens : jusqu’où peut-on faire confiance aux jeunes qu’on envoie former à prix d’or ?

I.M. : Soumana Mory COULIBALY que vous connaissez bien a été nommé ministre du Développement local dans le Gouvernement SBM. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
H.A.T. : Merci pour cette question qui me donne l’occasion d’un témoignage, parce qu’il faut rendre à César ce qui est à César. Le ministre COULIBALY est de Bla, je suis élu député de la même circonscription électorale. Peu de gens le savent, mais après le premier tour de l’élection présidentielle de 2013, Soumana Mory n’a pas hésité un instant à rejoindre le Rassemblement pour le Mali (RPM) pour apporter son concours inestimable à l’élection du Président IBK. Il est arrivé au Parti avec 6 députés partageant la même sensibilité que lui et les mêmes objectifs : l’honneur du Mali, le bonheur des Maliens. Leur travail a été remarquable en matière de mobilisation électorale en faveur du candidat IBK. Fait inédit, Soumana Mory COULIBALY et ses camarades n’ont demandé aucune contrepartie pour leur soutien. Je me devais d’apporter ce témoignage pour l’histoire.
En somme, je félicite le Premier ministre, Soumeylou Boubèye MAIGA, pour la confiance placée en lui par le Président Ibrahim Boubacar KEITA, ainsi que l’ensemble des membres de son Gouvernement. Que Dieu accompagne leur pas, pour le bonheur des Maliens.

I.M. : Des critiques, souvent acerbes, fusent de certaines officines politiques qui pointent du doigt l’inaction du Président IBK. Les partagez-vous ?
H.A.T. : Avant toute chose, il faut replacer les choses dans leur contexte. Quand le Président Ibrahim Boubacar KEITA prenait les rênes de l’État, très peu de gens donnaient cher de la peau du Mali. L’armée était en lambeaux ; l’économie était sur les rotules ; la société elle-même ébranlée par les dernières évolutions… De ce point de vue, il ne peut être logé à la même enseigne que ceux qui l’ont précédé.
Toutefois, je crois que c’est en connaissance de cause que Ibrahim Boubacar KEITA a décidé, en 2013, de se porter candidat à l’élection présidentielle sur la base d’un projet de société fondé sur les aspirations les plus profondes du peuple malien. Il a de ce fait, dégagé un certain nombre d’axes dont la mise en œuvre ne souffre l’ombre d’aucune contestation.
Dans le domaine de la création d’emplois qui est la préoccupation la mieux partagée par les familles maliennes, le cap des 200 000 emplois promis lors de la campagne électorale est dépassé. On peut dire mission accomplie à ce niveau, même si de nombreux jeunes restent encore en chômage.
Dans le domaine de l’agriculture, on le sait, l’engagement des chefs d’État, en 2003 à Maputo, était de consacrer 10 % de leur budget national à l’agriculture. Le président IBK a fait beaucoup mieux en dégageant 15 %. Ce qui lui a valu les félicitations de ses pairs, lors du dernier Sommet de l’Union africaine à Addis Abeba.
Dans le cadre du Programme présidentiel d’urgences sociales, des actions vigoureuses sont mises en œuvre.
À titre illustratif, le Gouvernement envisage d’investir 450 milliards de francs CFA dans le secteur de l’énergie pour la période 2017-2020.
Il est prévu de connecter les chefs-lieux de cercle au réseau électrique d’Énergie du Mali (EDM SA) et rendre plus accessible le coût de l’électricité aux populations.
Tout le monde a pu le constater à quel rythme se multiplient les branchements sociaux d’eau dans l’ensemble du pays, sans compter les forages.
Grâce aux mesures en cours, le taux d’accès de la population à des infrastructures de santé passera de 58 % en 2015 à 61 % en 2018.
Il faut aussi rappeler de 2013 à 2016, la réalisation de 670 km de routes bitumées, 550 km de routes en terre.
Autant de paramètres qui nous font dire, nous, jeunes élus de la région de Ségou que IBK est le meilleur Président.

I.M. : Quel est votre mot de la fin ?
H.A.T. : Nous abordons une période électorale dans un contexte particulièrement délicat. J’en appelle à l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile à avoir cela à l’esprit pour éviter tout dérapage qui n’enfoncerait que davantage ce pays, le seul que nous ayons en partage.
Notre pays est aussi confronté à une situation sécuritaire qui préoccupe, même au plan international. De ce fait, j’invite à l’union sacrée contre l’ennemi commun, parce que c’est ensemble que nous réussirons, parce qu’il s’agit du Mali et non du Président IBK.
Qu’Allah bénisse le Mali !

Propos recueillis par Bertin DAKOUO




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