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lundi 19 avril 2021
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Sécurité et stabilité: Gao demande à l’État de s’assumer !

À l’appel de la Fédération des organisations de résistance civile de Gao (FORCE-G), la population de Gao est sortie massivement, hier mercredi, pour interpeller l’État de s’assumer pour la sécurité des personnes et de leurs biens. À travers cette grande marche, les manifestants ont exprimé plusieurs revendications, dont la sécurité, l’inclusivité, la stabilité, le développement. Une déclaration a été lue publiquement avant d’être remise au gouverneur de la région qui a promis d’informer qui de droit afin de donner une suite favorable aux doléances.

La marche était conduite par le Président de la Fédération des organisations de résistance civile de Gao, Ousmane Amadouet. Elle a mobilisé des milliers de manifestants de toutes les communautés de la ville.
Sur les pancartes et banderoles que tenaient des marcheurs, l’on pouvait lire des messages tels : « Gao demande l’implication des femmes et des jeunes résistants dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation » ; « les bouchers de Gao disent non à l’insécurité, oui à la paix et à la cohésion sociale ».
Un manifestant apparemment très remonté contre l’État s’est défoulé: « la jeunesse de Gao a tout donné au Mali, par contre le Mali a rejeté cette jeunesse. Aujourd’hui nous sommes dehors pour revendiquer ce qui nous appartient. Nous revendiquons un droit et nous sommes prêts à tout. Il faut que le gouvernement nous écoute. À chaque fois que nous revendiquons quelque chose, le Gouvernement rejette, pourtant nous avons toujours été patients. Notre patience à des limites et je pense qu’aujourd’hui est notre dernier avertissement. Si l’État ne donne pas une suite favorable aux revendications, le monde entier entendra la suite… »
Après un long trajet parcouru, la marche a pris fin devant le gouvernorat de la Cité des Askias. Une déclaration a été lue publiquement dont copie a été remise au gouverneur. Dans la déclaration, les organisations de la société civile de Gao affirment avoir constaté avec beaucoup de regret que l’État malien ne se soucie aucunement de la sécurité des personnes et de leurs biens.
« Nous assistons quotidiennement sur nos axes routiers entre nos villes et villages à des scènes de braquages, d’assassinats ciblés, des enlèvements de véhicules et des vols de bétails. Face à cette insécurité qui n’en finit pas de faire des morts dans nos différentes communautés, il est temps que les autorités de la transition prennent toutes les dispositions pour endiguer ce phénomène dans le souci de préserver l’unité nationale », a interpellé la population de Gao.
Les manifestants ont appelé les autorités à donner une suite favorable aux revendications exprimées par les mouvements de résistance civile de Gao lors de la marche du 12 juillet 2016. Une manifestation au cours de laquelle les forces de défense et de sécurité n’ont pas hésité à tirer à balles réelles sur les manifestants. A l’époque, pour apaiser la situation, une délégation composée de ministres et de députés avait été dépêchée à Gao. A l’issue des négociations, un communiqué conjoint a été signé entre le Gouvernement et les mouvements de résistance civile.
Les manifestants ont aussi rappelé à la communauté internationale que les populations de Gao, depuis l’occupation des régions du nord, n’ont cessé de se battre pour renforcer l’État central. Mais, déplorent-ils, que la situation ne cesse de se dégrader.
C’est pourquoi, pour la paix, la justice, la stabilité sociale en vue de construire ensemble un pays d’égalité, de démocratie et de vivre ensemble, la population résistante de Gao adresse aux autorités de la Transition et à la communauté internationale une série de revendications.
Gao demande entre autres : la représentativité dans toutes les commissions de mise en œuvre de l’Accord pour la paix ; l’intégration immédiate des 187 éléments promis par l’État ; l’accélération du DDR ; une enquête indépendante sur les tueries perpétrées sur les manifestants le 12 juillet 2016 ; l’élargissement des autorités intérimaires régionales aux jeunes et aux femmes des mouvements de résistance ; l’implication des mouvements de résistance de Gao aux activités de réconciliation ; l’octroi d’un siège au comité de suivi de l’Accord ; le retour immédiat des services de l’État ; l’activation des comités de veille et d’alerte ; des contrôles minutieux et des fouilles des véhicules à l’entrée des postes ; l’arrêt immédiat du racket des forces de défense et de sécurité aux postes de contrôle ; le redéploiement des forces de la Minusma et de l’opération Barkhane dans les zones de Bourem, Bamba, Labezanga, Ouatagouna, en coordination avec l’armée malienne ; la sécurisation des axes routiers et des agglomérations ; l’intégration immédiate de la jeunesse résistante de Gao aux forces de défense et de sécurité avec les grades dus à leurs statuts ; la mise à la disposition de la justice des auteurs et commanditaires des crimes ; la construction de la route Gao-Sévaré…
Pour donner une suite favorable à leurs doléances, la Fédération des organisations de résistance civile de Gao a demandé à la communauté internationale, à la Minusma et à la force Barkhane à prendre acte de cette déclaration.
Aux autorités maliennes, la Fédération exige que des solutions soient trouvées aux différentes revendications, sans délai.
Dans la déclaration, les manifestants précisent qu’ils feront usage de tous les moyens légaux pour se faire entendre et même au prix du sacrifice ultime s’il le faut.
Le Gouverneur de la région de Gao, après avoir reçu la copie de la déclaration, a promis d’informer qui de droit afin de donner une suite favorable aux différentes doléances.

PAR MODIBO KONE




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