Sénou-Sélibabougou:la mise en garde des anciens déguerpis

Depuis un certain temps, la zone de Sénou Sélibabougou est l’objet d’un différend foncier entre les déguerpis de la zone aéroportuaire et le maire du district de Bamako, Adama Sangaré. Ces personnes délattées se sont jointes à l’Union des associations et coordinations des associations pour le développement des défenses des droits de démunis (UADDDD) pour protéger leurs biens (fonciers) contre des prédateurs qui rôdent autour d’eaux. C’est dans ce cadre que s’est tenue sur les lieux à Sénou, le dimanche 6 novembre, une assemblée générale d’information sur la décision du maire Sangaré et d’adopter le comportement qu’il faut pour face à la situation.

Ils étaient tous là : déguerpis de la zone aéroportuaire de Sénou et des autres zones qui attendent d’être mis dans leurs droits partageant les mêmes causes que les habitants de Sénou Sélibabougou ainsi que des responsables de l’Union. À l’ordre du jour de cette assemblée, informer les déguerpis de l’état d’avancement des démarches auprès des autorités pour permettre aux d’être dans leur droit.
Lors des derniers lotissements, Sénou Sélibabougou était considérée comme étant dans la zone aéroportuaire en 1995, a expliqué un habitant. Après des investigations, soutient-il, le gouvernement a pris un autre décret qui rendu la zone habitable. Car il s’agissait de 1000 hectares qui entouraient la zone aéroportuaire de Sénou. Ce qui a épargné la zone de Sélibabougou de la zone d’être étiquetée comme non habitable, a-t-il poursuivi.
Ainsi, suite à un décret ministériel, le gouverneur a instruit au maire de la commune VI de lotir cette partie afin la rendre aux anciens habitants, déguerpis qui ne savaient plus à quel saint se vouer. Ce qui a été fait, car certains d’entre eux avaient même commencé à s’y installer. Mais cet instant de bonheur ne durera pas longtemps, car les anciens propriétaires, qui avaient vendu lesdits lots aux déguerpis avant qu’ils ne soient pas chassés des lieux ont voulu récupérer leurs lots.
Selon M. Massa Koné, secrétaire général de (UADDDD), les anciens chefs villages qui avaient au préalable vendu ces lots avant qu’ils ne soient chassés, viennent les réclamer de nouveau, malgré qu’ils aient bénéficié des parcelles de ressassement en échange de leur propriété.
« Ils sont venus avec une décision du maire Adama Sangaré, en nous disant que ce dernier va donner seulement 100 parcelles aux déguerpis », a-t-il regretté.
Selon le responsable de l’Union, les populations sont déterminées à défendre à tout prix leur droit « un m2 de ces lots rendus par l’État ne sera un fonds de commerce de qui que ce soit y compris le maire Adama Sangaré et ses acolytes ». Pour ces centaines de victimes qui errent de quartier en quartier et avec armes et bagages, sans domicile fixe, M. Koné a rassuré qu’elles seront installées !
« Comme la zone aéroportuaire est devenue un business pour le maire Adama Sangaré, il viendra nous trouver ici », a-t-il lancé sur un ton menaçant.
D’après les révélations de M. Koné, Adama Sangaré a déjà remis 150 lots aux géomètres qui morcèlent la zone. Aussi, 150 lots ont été promis à des journalistes et 400 lots à des agents et conseillers de la mairie de la commune VI du district.
Les occupants, à l’image de M. Koné, estiment que personne ne construira cette partie de Sénou Sélibabougou au détriment de ses occupants.
« Ils viendront nous trouver ici. Ils vont marcher sur nos corps avant de poser une brique ici », a-t-il clamé, devant une foule nombreuse très furieuse contre les autorités municipales.
Signalons que plus de 800 ménages qui étaient déguerpis de cette zone sont concernés par cette opération de ressassement qui reste un véritable casse-tête pour le maire de la commune VI.

Par Christelle Koné

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