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mercredi 25 mai 2022
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Sikasso et Bougouni: des écoles privées en grève pour 2 milliards FCFA

Les antennes de l’Association des écoles privées agréées du Mali (AEPAM) des régions de Sikasso et de Bougouni ont entamé, ce lundi 9, une grève de 72 heures. Motif évoqué : le non-paiement de leur arriéré de 2020-2021 évalué à plus de 2 milliards de FCFA.

Ils sont des dizaines d’établissement d’enseignement privés dans les régions de Sikasso et Bougouni à fermer les salles de classe pour 72 heures. Raison : le ras-le-bol des promoteurs d’écoles privées agréées du Mali qui réclament des arriérés d’une année aux collectivités et aux services déconcentrés de l’État au titre de leur subvention.

« On a fait une année sans être payé. Nous réclamons les arriérés de 2020-2021. Aucune tranche n’a été versée aux écoles privées de Sikasso et de Bougouni. Aujourd’hui, nous allons en grève parce qu’on n’a plus le choix. On n’a plus d’argent pour assurer le fonctionnement », a expliqué le secrétaire général du bureau de la région de Sikasso, Békaye COULIBALY, joint par nos soins.

Selon ses décomptes, l’État leur doit plus de 2 milliards de FCFA pour les deux régions et sans compter la 1ere tranche de l’année 2022 qui n’est pas également payée contrairement aux dispositions de l’arrêté interministériel du 28 avril 2017.

D’après M. COULIBALY, cet arrêté précise les modalités de paiement des subventions et a prévu que la 1ere tranche soit payée le 1 mai et la 2e tranche au 30 juin.

Pour combler ce trou financier, affirme-t-il, ils sont obligés de prendre du crédit auprès des banques qui leur prélèvent des pénalités en cas de retard de paiement.

A cause de l’insolvabilité de l’État et des collectivités, pour lui, ils paient souvent très fort.

Pour son école, Békaye COULIBALY soutient être sous le coup d’une pénalité de la banque de plus de 4 millions de FCFA.

Il regrette malheureusement que l’État laisse cette situation sans rien faire. Conséquences : les écoles privées suffoquent sous le poids de la pénalité du fait d’autrui.

« On a tout fait pour éviter cette situation, mais à l’impossible nul n’est tenu », a indiqué M. COULIBALY en reprochant aux responsables des services des collectivités et ceux de l’État de ne pas suffisamment être à l’écoute de leurs besoins et de prendre en compte leurs préoccupations.

« Ils ne sont pas cohérents dans leur démarche. Ils nous disent une chose et font le contraire. Toute chose qui n’est pas de nature à arranger la situation », a accusé notre interlocuteur.

Dans son intervention, il laisse entendre que la grève a été largement observée pour cette 1ere journée.

« Au terme des 72 heures de cette grève, l’Assemblée générale évaluera la situation et décidera s’il faut poursuivre ou pas », a précisé Békaye COULIBALY.

Également, il a ajouté que la région de Koutiala et le district de Bamako avaient également des arriérés non payés. A la différence des autres, les établissements de ces deux localités ont perçu une partie de leur subvention de l’année 2020-021.   

PAR SIKOU BAH




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