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mardi 18 septembre 2018
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Sit-in des magistrats devant la Cour d’Appel de Bamako: le SAM se désolidarise !

Au moment où toute la nation est mobilisée autour de la cause du président du tribunal de Niono, Sougalo KONE, et que d’autres citoyens se trouvant dans le même sort, des militants du SAM, viennent de porter gravement atteinte au crédit du corps des magistrats. Au cours d’une manifestation, jeudi dernier, sous le couvert de sit-in, demandant la libération de leur collègue, ces magistrats ont étalé sur la place publique leur insuffisance chronique à travers des fautes grammaticales et de vocabulaire sur des termes les plus élémentaires. Qu’en est-il du sens même donné au terme sit-in par les manifestants du jeudi ? Au sein du SAM, qui s’en désolidarise, elles font l’objet de vives contestations et controverses.
Des articles de presse et des internautes sur réseaux sociaux ont fustigé et continuent de fustiger le faux sit-in en s’interrogeant si réellement l’on avait en face des magistrats.
Le président Cheick Mohamed Chérif KONE, membre du Conseil Central de l’UIM, non moins président du Syndicat autonome de la Magistrature, approché par nos soins, apporte des éclairages dignes d’intérêt.

Ce sit-in est-il vraiment du SAM ?

Le SAM : Le sit-in est une forme de contestation consistant à s’assoir par terre en groupes pour occuper des lieux publics. L’on n’est pas en sit-in lorsqu’on est debout comme des badauds dans l’enceinte de la cour d’appel de Bamako.
Ne pas le savoir pour le magistrat en fin de carrière, est une honte et un signe de disqualification.
Le SAM est régi par un statut, ses principes d’action restent conformes à ceux de l’UIM dont il est membre. Seule la voix de son président l’engage.
L’Union internationale des magistrats et ses associations membres, dont l’objectif est l’instauration d’une justice indépendante, responsable et crédible, ne sauraient cautionner des actes ou des formes quelconques tendant à la clochardisation ou à la décadence du corps de la magistrature. Elles ne seraient jamais solidaires des auteurs de tels actes qu’elles condamnent sans réserve.
J’aurai gardé le silence si le nom du SAM, une organisation aussi respectable, n’avait pas été mêlé à tort à cette comédie, à ce spectacle humiliant et désolant de sit-in auquel vous faites allusion. C’est encore toute la magistrature qui vient d’être exposée à des critiques les plus virulentes, du fait de quelques opportunistes sans mérite, n’ayant autre visée que de paraitre.
En tant que président et caution morale, il est de mon devoir de défendre les intérêts du SAM et ceux de ses nombreux militants qui m’ont accordé leur confiance.
Quelques éléments parmi tant d’autres se permettent de comprendre que le SAM n’a pas été associé au sit-in risible organisé par Badra Aliou Nancassé qui n’a aucun pouvoir, ni mandat pour l’engager :
– Le télescopage des fautes grammaticales et d’orthographe grotesques qu’un élève moyen de la sixième année fondamentale s’interdirait de commettre, n’est pas du domaine du SAM, connu pour son sérieux et sa rigueur.
Les enfants du primaire n’ont eu aucune peine à relever des absurdités de la part des adultes, tout en exprimant leur surprise et indignation.
Sur une banderole en effet, on lisait ce qui suit :
« REMENER NOUS SOUNGALO KONE SAIN ET SAUF LE JUGE TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE NIONO ». Que signifie le verbe « remener » ? Quelle indigestion ces organisateurs provoquent chez leurs lecteurs ?
Sur une autre, on lisait : « DETENUE CONTRE SA VOLONTE LE JUGE SOUNGALO KONE NE PEUT PRENDRE PAR LA PLUS GRANDE FETE DE LA JUSTICE ».
Avait-on besoin de mettre un « e » à détenu, participe employé comme adjectif se rapportant à un nom masculin ? Comment ne pas savoir ici que « part » se rapportant à partie doit prendre un « t » ?
Ces fautes visibles sur des banderoles à travers des slogans insensés et mal à point, qui heurtent tout sens, sont un scandale pour notre peuple et une insulte à toute la magistrature censée être un corps d’élite.
Je ne m’étendrai pas davantage sur ce manque de préparation intellectuelle pour diriger le SAM, de même que sur toutes ces incongruités qui ont fait l’objet de larges commentaires dans la presse et sur les réseaux sociaux.
Lorsque le magistrat ne fait pas d’effort pour mériter son titre, il devient un danger permanent non seulement pour son corps, mais surtout pour la société.
Le second élément permettant de dégager la responsabilité du SAM dans cette comédie, est la désapprobation générale et sans réserve qui ne s’est pas fait attendre des magistrats. Ce qui est également ressorti, à travers des articles de presse et sur les réseaux sociaux.

Des analyses et commentaires, ce sit-in a été très mal perçu par certains, tandis que pour d’autres, il étale au grand jour toute la décadence de la magistrature malienne et le manque de niveau de nos magistrats. Qu’en dites-vous ?

Le SAM : Les réactions légitimes de désapprobation évoquées plus haut ne sont point une surprise pour qui sait que la magistrature malienne regorge des cadres compétents, bien formés, avec un sens élevé des devoirs et responsabilités.
Pour revenir à votre question, c’est comme si vous me demandiez de répondre à des agissements d’individus isolés, n’ayant autre visée que celle de paraitre. Les organisateurs de ce regroupement qui parlent de sit-in, tout en ignorant son sens, n’ont rien à voir avec le SAM.
Les étudiants, eux, connaissent au moins le sens et l’intérêt d’un sit-in. Ce n’est pas par ce qu’ils en font le plus souvent usage pour se faire entendre, que des magistrats devraient se livrer au spectacle ou se ridiculiser. La magistrature n’est pas le milieu estudiantin qui a des moyens d’action qui lui sont propres.
Je ne vois pas l’utilité d’un sit-in dans le cas spécifique de notre collègue enlevé, dès lors que nous reconnaissons tous que des efforts appréciables sont toujours en cours en vue de le retrouver et de le ramener sain et sauf.
Des tenants du sit-in en l’occurrence Badara Aliou Nanacassé, Moussa Guindo, Daouda Théra et Mahamadou Yattara, soutiennent leur action par le manque de résultat visible dans les démarches du gouvernement tendant à ramener votre collègue.
Eux-mêmes reconnaissent que les démarches sont en cours, qu’elles n’ont ni été suspendues, ni interrompues. Créer le désordre à travers la ville ou le pays au seul motif que les démarches n’ont pas été fructueuses, relève d’une irresponsabilité notoire et d’un manque de sagesse.
Nanacassé, le plus ancien de nous tous, malheureusement instigateur de tout ce désordre qui secoue le SAM, a déjà prouvé au vu de tous qu’il n’est potable en rien.
Au plan international, les choses étant très claires, nous devons admettre que s’agissant du SAM, n’importe qui n’est pas l’interlocuteur du gouvernement ou de la société civile.
C’est encore le lieu de saluer le sens de responsabilité des dirigeants des différents corps de la justice, et de nos partenaires, restés attachés à la légalité et au respect des statuts et règlements du SAM. Leurs soutiens et conseils n’ont jamais fait défaut, depuis la date de l’enlèvement de Soungalo KONE.
Quoique profondément bouleversés par la situation du collègue, nous n’avons aucune raison légitime de nous discréditer en nous livrant à des spectacles stupides et insensés.
Un seul instant je n’ai relevé de signe de négligence ou de lassitude de la part des pouvoirs publics, de nature à susciter des manifestations épidermiques aussi négatives.
Force est aujourd’hui de reconnaitre et d’admettre que l’on est en face d’une équation dont la résolution n’est pas aussi simple, contrairement à ce que Nanacassé et consorts voudraient faire croire aux plus naïfs.

Où en est-on avec le dossier de Soungalo KONE et quels sont vos espoirs ?
Je n’ai aucune raison de perdre espoir.

Le SAM : Depuis la nuit de la tragédie, tout le monde est sur pied. Les différentes composantes de la population se sont spontanément et de façon désintéressée, impliquées dans les démarches aux côtés des autorités.
Nous avons salué la qualité des contributions qui ont permis de suivre l’entretien vidéo diffusé sur les réseaux sociaux, attestant que notre collègue et le gendarme sont sains et saufs ; ce qui a suscité des espoirs à un moment où les rumeurs étaient des plus alarmantes.
De par ce qui est en train d’être fait au quotidien avec le concours et la collaboration de toutes les bonnes volontés, nous n’avons aucune raison de mettre en cause la bonne foi des autorités.
Nous ne sommes pas seuls dans cette épreuve et nous enregistrons chaque jour des élans de solidarité tant au plan national qu’au niveau international.
Sans nous laisser divertir, nous devons plutôt rester sereins dans nos démarches. Nous Continuerons à garder espoir, à soutenir nos autorités et à multiplier nos prières comme nous l’avons toujours fait.
Cette affaire est une des premières préoccupations des magistrats de par le monde.
En tant qu’associations et syndicats responsables, membres de l’UIM, nos actions et démarches doivent aller dans le sens de la constance et de la cohérence.
La question sera davantage examinée sur la base du rapport du SAM, lors des prochaines rencontres de l’UIM prévues en Algérie et au Maroc.
D’ici là, je souhaite qu’une issue heureuse soit trouvée à cette délicate affaire d’une grande sensibilité dont la gestion dépasse le cadre restreint d’un syndicat ou de la seule famille judiciaire.

CORRESPONDANCE PARTICULIÈRE




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