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mercredi 25 mai 2022
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Situation alimentaire à l’intérieur du pays: les greniers sont vides, la famine plane !

Si rien n’est fait, la famine risque de régner dans la plupart des localités de notre pays. Et pour cause, avant même la période de soudure connue au Mali, les grains de céréales se font déjà rares dans les greniers.  Nous avons fait le tour de quelques communes rurales à l’intérieur du pays et le constat est alarmant. À part le riz importé communément appelé ‘’Malo Djalani’’, qui se vend cher, les autres céréales habituelles y sont rares dans ces localités.

À la crise sécuritaire que le pays peine à trouver une solution définitive vient s’ajouter une crise alimentaire dans plusieurs localités, particulièrement dans les régions de Ségou et de Mopti.

Les caprices de la pluie de l’hivernage précédant et la présence djihadiste dans plusieurs localités de la région de Ségou ont fait que les paysans n’ont pas pu récolter assez de céréales.

À Falo, les greniers ne donnent plus l’impression d’être une réserve de céréales. Les grains de céréales sont invisibles aux abords, puisque tout a été déjà consommé.

« Contrairement aux récoltes précédentes, mon champ de 13 hectares n’a produit que 5 sacs de 100 kilogrammes de mil. Moi je m’estime heureux, puisqu’il y a certains au village qui n’ont rien récolté. C’est ce qui explique l’absence de mouvement autour du grenier. Nous sommes dans cette situation depuis plusieurs mois. La même situation se vit dans tous les villages de notre commune. Si rien n’est fait, les producteurs agricoles risquent de se nourrir de fruits sauvages », s’est lamenté un notable du village.

À l’office du Niger, précisément à Alatonah, le constat est le même. À l’orée de la nouvelle campagne agricole, qui s’annonce dure, si l’État malien ne fait rien la situation risque de se compliquer pour les paysans.

« Des hommes armés ont attaqué notre village et nous ont interdit de partir. Avec le temps, nous avons consommé toute la nourriture que nous avions économisée et nous avons été obligés de trouver une solution pour survivre », a déploré un paysan, dont le champ de riz en maturité a été incendié par les djihadistes.    

Joint par téléphone, un habitant de Marébougou, dans le cercle de Djenné tire la sonnette d’alarme en ces termes : « nous sommes inquiets pour l’hivernage qui arrive. Nous qui sommes dans la zone de Mopti, on n’a pas récolté cette année.  Nous espérons sur l’aide du gouvernement sinon nous risquerons de faire face à une catastrophe humanitaire d’ici quelques jours », a-t-il martelé.     

Pourtant, les organisations humanitaires internationales avaient alerté sur cette situation aux plus hautes autorités du mai, à travers des rapports.

D’ailleurs, en janvier dernier la Coordination humanitaire des Nations unies (OCHA) à travers son rapport annuel sur la situation alimentaire avait indiqué qu’au troisième trimestre de l’année, les disponibilités en céréales et en légumineuses étaient moyennes dans l’ensemble excepté dans la région de Mopti, les régions du nord du pays et la partie nord de la zone office du Niger.

« La baisse saisonnière de l’offre de denrées alimentaires se poursuit dans l’ensemble. L’approvisionnement des marchés en céréales, légumineuses et autres denrées alimentaires reste suffisant dans l’ensemble, mais les perspectives de production menacées par la mauvaise pluviométrie risquent de limiter l’amélioration saisonnière sur les différents marchés », avait alerté ledit rapport.

Le même rapport révèle que les indicateurs de sécurité alimentaire indiquent un niveau d’insécurité alimentaire relativement élevé dans l’ensemble du pays, mais stable comparé au deuxième trimestre :baisse significative de la proportion des ménages ayant une consommation alimentaire pauvre plus limitée entre le deuxième trimestre (48,9%) et le troisième trimestre (29,1%), malgré une augmentation de la proportion des ménages qui ont fait recours aux stratégies alimentaires d’adaptation de crise (18,2% ) au troisième trimestre comparé au deuxième trimestre (14,5% ).

PAR CHRISTELLE KONE




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