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mercredi 25 mai 2022
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Situation au Nord: le Coren met en garde !

Le Collectif des ressortissants du Nord (Coren) a organisé une assemblée générale, le samedi dernier, à la Maison de la presse, pour expliquer sa vision sur le processus de paix et de réconciliation ; faire le point de ses activités ; faire une contribution par rapport à la sortie de crise ; appeler à la vigilance face au risque quasi certain de partition du pays.

La rencontre a débuté par une minute de silence à la mémoire des jeunes tombés sous les balles, à Gao, le 27 janvier dernier, et de tous ceux qui sont tombés pour la défense de la patrie, de la liberté et de la démocratie. C’était à la demande du président d’honneur du Coren, l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi MAIGA. Il a expliqué l’objet de l’assemblée qui consistait à donner des informations sur la vie et les actions menées par le Collectif qui, depuis mars 2012, a-t-il fait savoir, a travaillé efficacement pour donner son point de vue sur la situation dans le Septentrion de notre pays. M. MAIGA a indiqué que le Coren suivait avec une attention soutenue les négociations qui se tiennent à Alger et souhaite une issue heureuse.
Source de préoccupation
Toutefois, a fait savoir le président d’honneur, le Coren reste préoccupé par la situation au Nord marquée par les viols, vols et enlèvements de personnes. Une situation, qui du reste, se dégrade de jour en jour. Aussi, a-t-il exhorté l’ensemble des populations à la vigilance et à suivre très sérieusement les négociations d’Alger pour éviter la partition de notre pays. Le Mali doit demeurer un et indivisible, laïc et républicain, a martelé Ousmane Issoufi MAIGA.
Dans une déclaration lue par son secrétaire chargé des affaires juridiques, Me Malick Ibrahim, le Coren a fait le point de ses activités depuis l’éclatement de la crise actuelle au Nord. Il s’agit des activités de mobilisation autour de l’unité et de l’indivisibilité du Mali, à l’intérieur du pays, en Afrique et en Europe.
À l’interne, le Coren s’est investi sur le plan de l’assistance humanitaire aux populations des zones occupées, à celles déplacées et réfugiées, dans la conquête et la libération du Nord. À son actif, il y a eu l’organisation du Forum national sur la gestion de la crise au Nord assorti de résolutions pertinentes et responsables.
Par ailleurs, le Coren considère que la récidive des rébellions dans notre pays, transformée en terrorisme, se nourrit surtout de l’impunité. D’où, son hommage aux organisations de défense des droits de l’homme pour une justice en faveur des victimes de viols, de vols, d’assassinats et autres crimes contre l’humanité. Dans la même veine, le Collectif en appelle à la Cour pénale internationale et aux juridictions nationales pour une suite diligente des affaires dont elles sont saisies.
Mutation d’élan des secoureurs
Sur le plan sécuritaire, le Coren rend hommage aux armées africaines venues libérer les terroirs du Nord. Il a exprimé sa gratitude au secours de la France dans ce qu’il a de pur et de sincère en s’inclinant devant la mémoire des soldats français, tchadiens, nigériens, sénégalais, guinéens et maliens.
Toutefois, le Coren déplore les mutations de ces élans de secoureurs, au départ purs, en attitudes inintelligible, illisible, voire quasi partisane, au profit des terroristes et ennemis du Mali.
Pour le Coren, autant un distinguo entre le MNLA, Ansardine, HCUA, Boko haram, MUJAO, AQMI et autres est une absence de vision voire un crime ; autant, il est injuste d’affubler les patriotes en armes résistant à Tabankort du terme ‘’milice’’.
« Les mouvements d’auto-défense ont le soutien inconditionnel du Coren et méritent la reconnaissance éternelle de la nation malienne toute entière », a soutenu le Collectif.
Le Collectif des ressortissants du Nord en appelle à une prise de conscience nationale sur les risques presqu’évidents d’une partition pernicieuse de notre pays aujourd’hui plus en qu’en 2012.
La répression des paisibles populations de Gao, le 27 janvier dernier, reste au cœur des préoccupations du Coren qui appelle à la mise en place d’une commission d’enquête incluant les communautés victimes. Il donne l’alerte sur les risques certains d’une transformation de l’insécurité en vendetta pouvant déboucher sur une généralisation du conflit.
La politique du deux poids deux mesures
L’organisation s’est en outre érigée contre la politique deux poids deux mesures pratiquée à son encontre. Elle ne s’explique pas en effet, qu’au moment où des personnes croupissent en prison dans l’attente de leur jugement, que d’autres criminels sont libérés au nom de la raison d’État. Elle ne s’explique pas non plus qu’au moment où à Kidal, la Minusma caresse ceux qui caillassent ses véhicules et commettent des attentats contre son personnel, qu’à Gao elle tire sur des manifestants aux mains nues.
Elle recommande au gouvernement la mise en œuvre d’une véritable stratégie de gestion du problème du Nord du Mali avec l’implication des forces politiques et de la société civile ainsi que des actions adéquates d’information et de sensibilisation ; l’invite à déployer tous les agents de l’État dans leurs postes respectifs dans les régions du Nord, de même que les Forces armées.
Le président du Coren, Malick Ahousseyni a présenté la contribution de l’organisation au processus de paix et de réconciliation au moment où se projettent les possibilités d’un accord dans le cadre du processus d’Alger axé essentiellement sur les recommandations du forum national sur la gestion de la crise au Nord.
Soutien des jeunes à la Plateforme
Plusieurs associations présentes à la rencontre ont exprimé leur convergence de vue avec le Coren. Le représentant du conseil régional des jeunes de Gao a rappelé qu’ils étaient des acteurs incontournables dans la résolution de la crise tout en étant des victimes. Ils doivent être partie prenante du processus de paix et de réconciliation, a-t-il exigé. Et pour cause, ils ont été en première ligne autant pendant l’occupation qu’après cette période. Il a demandé aux autorités de donner suffisamment d’information aux jeunes pour qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle de bâtisseur.
Pur le conseil régional des jeunes de Gao, le fait que la Plateforme bénéficie du soutien des jeunes de Gao et de Kidal doit être compris de la Minusma.
Il demande que justice soit faite par rapport aux tueries de Gao et insiste sur l’implication de la Médiation pour faire barrage à la stratégie des groupes armés de Kidal de faire avorter les négociations. Le conseil en appelle à la communauté internationale pour l’édification d’une armée républicaine et professionnelle ; qu’elle s’assure d’abord de l’adhésion des jeunes à tout accord qui sera signé. Le conseil des jeunes de Gao fait remarquer que les groupes armés de Kidal ne représentent pas les communautés du Nord. Par conséquent, il faut laisser les populations définir les stratégies pour la paix.
Par Bertin DAKOUO




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