Situation de la malnutrition: l’ONG Save The Children lance son rapport

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Le Mali à la traine des résultats
L’ONG Save the children a lancé, hier jeudi, à la faveur d’un déjeuner de presse, servi au Grand hôtel de Bamako, son rapport sur la nutrition dénommé «Portions inégales» pour le combat contre la malnutrition. Il s’agissait de la présentation des résultats des études menées dans 115 pays, dont le Mali, où il a été révélé dans le rapport que la malnutrition contribue à près de 45% de décès des enfants des moins de 5 ans.

La cérémonie de présentation de ce rapport était présidée par le Conseiller technique du ministère de la Santé et de l’hygiène publique, Sékou Oumar DEMBELE qui avait à ses côtés le directeur par intérim de Save the Children, Kevin NOVOTNY; la présidente du Parlement des enfants du Mali, Fadimata SANGARE. On y notait aussi la présence de plusieurs acteurs et responsables intervenant sur la question de la nutrition dans notre pays.
Dans son mot de bienvenue, le directeur par intérim de Save The Children a souligné que le lancement de ce rapport leur offre surtout la possibilité de plaider auprès du gouvernement du Mali à agir en toute urgence sur cette question, en introduisant le concept d’exclusion dans le débat sur la nutrition.
Dans ce rapport, il a dû constater que le monde a encore des efforts à consentir, si les responsables veulent concrètement agir pour la réduction significative des taux de la malnutrition dans nos pays et surtout ceux en voie de développement. Il a noté, à cet effet, que dans ce document de mesure des millions d’enfants de par le monde sont malnutris avant de prévenir que la situation risquerait de s’aggraver si de nouvelles dispositions ne sont pas prévues par les autorités nationales.
«Sur la base des trajectoires actuelles, il y aura encore 129 millions d’enfants souffrant d’un retard de croissance en 2030. En plus, de nombreux pays ne seront pas en mesure d’éliminer la malnutrition jusque dans le siècle prochain», indique le rapport. Par ailleurs, Kevin NOVOTNY a décrié l’inégalité de la population dans l’accès à la nutrition.
Contre ce fléau qui tue 10 enfants chaque minute, Djibril BAGAYOKO, responsable de la Cellule de la nutrition au Mali a fait savoir que notre pays s’est doté d’une politique nationale sur la nutrition. Avant de préciser que la mise en œuvre des actions de cette politique implique plusieurs départements centraux et décentralisés de l’Etat. Parmi ces actions, il a énuméré, entre autres, l’approche multisectorielle de la nutrition, un concept de synergie d’actions, qui est en train de permettre à notre pays de réduire considérablement le taux de la malnutrition.
Tout en insistant sur la nécessité de coordination des actions, M. BAGAYOKO dira que le combat contre la malnutrition est enjeu humanitaire et de développement du pays qui doit interpeller tous les acteurs.
Saleck Ould DAH, Conseiller en plaidoyer à Save the Children, qui a sommairement présenté ce rapport de plus de 100 pages, il a noté que le document a été élaboré sur la base des informations recueillies auprès de l’OMS, de l’UNICEF, de la Banque mondiale dans 115 pays.
Il ressort du Rapport que le monde a réalisé de progrès remarquable en matière de lutte contre la malnutrition, tout en soutenant que le nombre d’enfants présentant un retard de croissance a diminué de plus de 1/3 depuis 1990.
En effet, parmi les 115 pays cibles de l’enquête, 100 pays, dont le Mali, ont enregistré de progrès qui ne s‘est pas malheureusement poursuivi à hauteur de souhait. Ainsi, en dépit de ces résultats, il est à déplorer le taux encore très élevé d’enfants atteints de la malnutrition.
Selon ses chiffres, fournis dans le rapport : au moins 30% des enfants souffraient de retard de croissance dans le monde.
Par ailleurs, le rapport révèle qu’en absence d’une approche radicalement différente, le monde n’atteindra pas ses objectifs qui sont : réduire les retards de croissance de 40% d’ici 2025 ; et élimer la malnutrition sous toutes ses formes d’ici à 2030. En tout cas, prévient-il, si le monde continuait dans cette lancée, ces objectifs ne seront pas réalisables. Et la conséquence de cette situation, c’est qu’en 2030, le monde comptera 129 millions d’enfants qui vont souffrir de retard de croissance. Sur la même période, le nombre d’enfants en surpoids va augmenter de plusieurs millions d’enfants.
Spécifiquement au Mali, le rapport indique que la malnutrition contribue à près de 45% de décès des enfants de moins de 5 ans.
Aussi, notre pays dénombre 38% de cas de retard de croissance dû à la malnutrition ; 13% de cas sévère et 26% de cas modéré.
A l’analyse de ces données, ce sont des milliers d’enfants qui meurent chaque année dans notre pays à cause de la malnutrition. Des situations critiques contre lesquelles, des mesures urgentes doivent être prises par les plus hautes autorités politiques des pays africains. Car parmi les 10 pays en pole position dans ce combat ne figure aucun pays africain.

Par Sikou BAH

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