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jeudi 19 avril 2018
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Situation des travailleurs des mines: le FENAME dénonce les ministres Raky et Tiémoko

Les assises de la 22e édition de l’EID 2017 ont été marquées par l’interpellation des ministres des Mines et celui du Travail et de la fonction publique dans les dossiers de licenciements de plus de mille travailleurs dans les mines d’or, ainsi que dans l’affaire dite ‘’prime de rendement impayée des travailleurs de Morila’’. Les réponses données par les deux responsables en charge de ces questions, à savoir, le Pr Tiémoko SANGARE et Mme Raky TALA, ne sont pas du goût des victimes qui les jugent insultantes et accusent les deux membres du gouvernement d’être à la solde de leurs bourreaux (entreprises minières). Ces derniers ont vigoureusement réagi, à travers une mise au point, dont nous vous proposons des extraits.

Dans sa mise au point, le Secrétaire général de la Fédération nationale des mines et de l’énergie (FENAME), Yacouba TRAORE, s’est inscrit en faux contre toutes les explications données par les deux ministres du gouvernement au cours de leur interpellation à l’EID sur les doléances des travailleurs. Il ressort que les ministres cités n’ont pu donner de réponses convaincantes et se sont limités à critiquer et à mentir sur des dossiers qu’ils ne semblent pas du tout maitriser. Pire, au lieu d’apporter des solutions, ils n’ont fait que « remuer le couteau dans la plaie », s’est-il insurgé.
« Dans sa réponse, Mme Raky TALLA, a indiqué que les travailleurs de LTA Mali Sa Sadiola ont été licenciés pour avoir refusé la convocation du directeur national du travail », a indiqué le responsable syndical. Mais selon Yacouba TRAORE, sur convocation du même directeur national, le 16 juillet 2012, tous les travailleurs sont venus à Bamako pour la tentative de conciliation.
D’ailleurs, il ajoute que pour ce rendez-vous, les travailleurs de LTA étaient accompagnés des membres de la CSTM et de la FENAME et qui ont tous participé à la rencontre de la tentative de conciliation qui a finalement été un échec, selon lui.
Également, la FENAME estime que la ministre DIARRA Raky TALLA était de ‘’mauvaise foi à l’EID’’, car elle a plusieurs fois écouté soit la CSTM soit la FENAME autour de ce dossier. De l’avis du syndicaliste, le ministre ne peut légitimer ces licenciements au motif que les travailleurs ont refusé de comparaitre à la convocation du directeur national.
« Nous avons vécu les grèves soit des magistrats soit de la santé, mais personne n’a vu son salaire déduit d’un centime à forte raison licencier quelqu’un. Par conséquent, si nous nos militants et responsables syndicaux sont licenciés pour motif de grève, cela est une discrimination totale entre les fils d’un même pays », s’est-il défendu.
La même stratégie a été adoptée par le ministre dans la société minière ALS. Un problème que Raky a personnalisé en s’en prenant directement à la seule personne de M. Yacouba TRAORE, en affirmant : « il a été licencié pour avoir insulté le Directeur de ALS et que les enquêtes contradictoires menées par la direction régionale du travail en présence de la CSTM ont confirmé des injures graves, mauvaises conduites et récidives ».
C’est pourquoi la FENAME déplore le caractère personnel de la réponse du ministre dans un dossier qui compte plusieurs victimes.
M. TRORE trouve que dans sa tentative maladroite de défendre les sociétés minières contre les pauvres travailleurs, elle fait une confusion totale entre le secrétaire général d’ALS qui est Oumar SOW et non Yacouba TRAORE.
Pour rappel, le tribunal du travail qui a été saisi a rendu sa décision le 7 janvier 2013 en mentionnant le caractère abusif du licenciement et en condamnant l’employeur au paiement des droits et dommages-intérêts.
De son côté, le ministre des Mines, le Pr Tiémoko SANGARE, a indiqué dans le dossier des travailleurs licenciés de Morila que le secrétaire général de la FENAME n’avait pas la qualité requise pour défendre le dossier.
À ce niveau, la FENAME rappelle au Pr Tiémoko SANGARE que l’Article 232 du Code du travail stipule : « Les syndicats professionnels ont exclusivement pour objet l’étude et la défense des intérêts économiques, sociaux et moraux des travailleurs ». Avant de renchérir avec l’Article 240 du même Code : « Les syndicats professionnels jouissent de la personnalité civile. Ils ont le droit d’ester en justice et d’acquérir sans autorisation, à titre gratuit ou à titre onéreux, des biens meubles et immeubles. »
Dans l’article suivant, le texte note que : « Ils peuvent, devant toutes les juridictions, exercer tous les droits réservés à la partie civile, relativement aux faits portant un préjudice direct ou indirect à l’intérêt collectif de la profession qu’ils représentent » (Article 241 du même Code du travail.)
À lumière de ces trois articles, il est évident que M. Yacouba TRAORE en tant que secrétaire général de la (FENAME) a la qualité requise pour défendre un dossier contre une société dont les travailleurs sont affiliés à son syndicat.
Au regard de tout ce qui précède, la FENAME estime que les ministres interpellés sur ces dossiers ont transporté le débat sur de fausses pistes pour semer uniquement la confusion plutôt que de donner des solutions aux problèmes posés.

Par Abdoulaye OUATTARA




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