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mercredi 22 novembre 2017
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Situation sécuritaire au Sahel: l’urgence d’un engagement international

La barbarie dans toute sa laideur ! C’est le moins que l’on puisse dire des attaques terroristes qui ont visé le restaurant Chez Aziz Istanbul, un café-restaurant au Burkina très fréquenté par les expatriés, et qui, selon un bilan encore provisoire, aura couté la vie à une vingtaine de personnes. Comme en janvier 2016, le modus operandi des assaillants est le même. Une fois devant le café qu’ils ont pris le soin d’identifier, ils ont ouvert le feu avant de se retrancher dans les locaux du bâtiment qui abrite l’établissement et cela sous la pression des forces de défense et de sécurité qui, en moins d’une demi-heure, se sont déployées sur les lieux de l’attaque.
Et comme si cette attaque lâche et barbare ne suffisait pas, c’est notre pays qui a été à quelques heures d’intervalle la cible des « fous de dieu ».
Lors de deux attaques distinctes, des hommes armés ont pris d’assaut le quartier-général de la Minusma à Douentza puis à Tombouctou. 9 personnes ont été tuées parmi lesquelles : cinq membres d’une société de gardiennage de la mission de l’ONU, un adjudant de la gendarmerie malienne et un agent civil, contractuel de la Minusma. En outre, un garde de sécurité malienne et six Casques bleus ont été blessés, dont deux grièvement.
Comme un pied de nez à tous les efforts consentis jusqu’ici pour venir à bout de la menace terroriste dans le Sahel, ces attentats sanglants, qui s’ajoutent à plusieurs autres beaucoup plus atroces, continuent, malheureusement d’endeuiller les pays de la région, suscitant stupeur et consternation parmi les populations locales. L’hydre terroriste continue d’étendre ses tentacules dans les moindres recoins du continent, s’en prenant à des pays vulnérables politiquement et économiquement qui ne disposent pas, pour le moment, de moyens suffisants pour riposter efficacement à ces attaques fulgurantes des groupes extrémistes. Certes, la mise en place début juillet dernier d’une force anti-djihadiste conjointe par les pays du G5 Sahel (Mali, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso et Niger) était de nature à donner un second souffle au combat contre le terrorisme. Force est de constater aujourd’hui que les résultats tardent à venir.
Cibles des deux attentats meurtriers, le Burkina Faso et le Mali payent, peut-être, le prix de la lenteur de la mobilisation des pays de la région pour une lutte antiterroriste resserrée et coordonnée. Mais comme l’argent reste le nerf de la guerre, la difficulté à réunir le financement nécessaire à une telle entreprise ne fait que compliquer une situation déjà confuse sur le terrain, malgré l’engagement des forces françaises et onusiennes dans la région.
Et pour remédier à la situation, il paraît indispensable que toute la communauté internationale se joigne à l’effort de guerre pour réussir à stopper cette dégradation inquiétante de la situation sécuritaire dans cette partie du continent, et qui risque de s’étendre au-delà si rien n’est fait au plus vite. Car faut-il encore le répéter, le terrorisme ne connaît pas de frontières. Et cela, beaucoup de pays n’arrivent, décidément, pas à l’assimiler. Le phénomène bénéficie de cette faculté à se manifester partout et en même temps.
La révélation faite avant-hier par la procureure du Burkina Faso sur l’identité des auteurs de l’attaque perpétrée à Ouagadougou, expliquant qu’ils étaient très jeunes, a de quoi faire froid dans le dos. Cela peut constituer une nouvelle preuve, si besoin est, que les réseaux terroristes n’ont visiblement pas de difficultés à engager de nouvelles recrues et se régénèrent plus facilement. D’où, l’urgence d’un engagement international, franc et clair, qui privilégierait le passage à l’acte plutôt que de stagner au niveau des discours creux entretenus jusque-là.
En tout cas, ces attaques se sont déroulées alors que devaient s’ouvrir hier mardi, à l’ONU, des discussions autour de la création d’une force de sécurité commune pour cinq pays du Sahel (le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad) en vue de renforcer les dispositifs militaires nationaux et multinationaux dans la région. Cette force de quelque 5000 hommes devrait être opérationnelle à l’automne, mais son financement est loin d’être assuré. Son coût est estimé à plus de 420 millions d’euros.

Par Mohamed D. DIAWARA




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