Situation sécuritaire: le droit de s’indigner

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Comment ne pas s’indigner devant une situation sécuritaire devenue si exécrable et préoccupante ? En effet, après le septentrion, l’insécurité a maintenant élu domicile au centre et même dans le sud du pays. Indignation bien légitime pour au moins trois raisons.

IL Y A UNE RECRUDESCENCE DE LA VIOLENCE AU MOMENT MEME OU
LES PRINCIPAUX PROTAGONISTES DE LA CRISE ONT L’ARME AU PIED
D’une part, des populations désabusées par une gouvernance chaotique qui a débouché sur la rébellion armée et la grande crise de 2012. De l’autre, la communauté internationale qui n’a ménagé aucun effort pour sauver le Mali. Tout le monde a salué à juste titre la signature de l’Accord pour la paix. On était en droit d’obtenir une décroissance progressive de la violence, le retour des exilés et déplacés, le redéploiement de l’administration et de l’armée, la reprise des activités économiques. Bref un retour à la normale faisant de la violence un phénomène résiduel dans le nord et un mauvais souvenir sur le reste du territoire. C’est le moment choisi par des énergumènes pour lancer une croisade lâche et meurtrière contre le peuple malien et les forces internationales. Sont impliqués dans cette furie barbare des rebelles non repentis, des « djihadistes » impénitents et des politiciens essoufflés qu’un retour au calme jetterait aux oubliettes. Plus que jamais, la vigilance doit rester de mise.

COMMENT LES FORCES DE SECURITE PEUVENT-ELLES SE LAISSER SURPRENDRE ALORS QUE LA SITUATION INVITE A LA VIGILANCE LA PLUS ACCRUE ?
Les forces de sécurité doivent être en alerte maximum dans les grandes agglomérations, visibles partout et à toute heure. Si l’on peut comprendre les défaillances sur certains théâtres d’opération notamment au nord, il est difficile d’accepter qu’aux portes de Bamako, des villes soient attaquées et que les assaillants s’évanouissent dans la nature sans dommages pour eux. La carte sécuritaire du pays doit être revue région par région et les agents placés dans les meilleures conditions pour assurer leur mission. On aimerait les voir anticiper et jeter le désarroi dans le camp des déstabilisateurs, au lieu de se lancer dans des courses poursuites éperdues après le départ des malfrats qui ne surgissent pourtant pas de terre, ni ne tombent du ciel. Ils se déplacent en véhicules avant et après les attaques dans des zones bien connues et donc contrôlables. Il faut se placer plus dans l’action que dans la réaction parce que c’est la seule façon de contrôler durablement la situation.

L’OPPOSITION EN PANNE D’IDEES ACCUSE DE FAÇON DEMAGOGIQUE EN OUBLIANT SA PART DE RESPONSABILITE DANS LES DERIVES SECURITAIRES ACTUELLES
Trop pressée et peu inspirée, l’opposition politique n’arrive pas à tirer son épingle du jeu. Au lieu de montrer de la compassion pour les victimes et une solidarité avec les autorités pour constituer un front uni face aux assaillants, elle s’évertue à imputer au seul gouvernement la responsabilité des attaques, en feignant d’ignorer que de 2002 à 2012 ses ténors étaient députés, ministres, premiers ministres, conseillers officiels ou occultes, chargés de mission, au moment où le mode de recrutement des éléments des forces de défense et de sécurité posait déjà problème. IBK est aujourd’hui obligé de gérer les conséquences de ce qu’ils ont semé de façon irresponsable dans un champ miné par le clientélisme et la corruption. Il est peut-être temps de le leur rappeler sans ménagement. La bonne opposition ne force pas car elle est l’art de scruter les espaces et les attentes pour surgir au bon moment avec des propositions, au contraire de l’anarco-syndicalisme ambiant qui nie et combat l’autorité. Attitude inacceptable dans une république.
Afficher du scrupule face à des individus qui en sont dépourvus est une erreur. La riposte doit être à la mesure de l’attaque. Et tant pis pour les feuilles mortes dont c’est le destin de tomber quand souffle le vent !

Mahamadou CAMARA
Email : camara.mc.camara@gmail.com

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