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vendredi 20 mai 2022
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Situation sécuritaire Mali: près de 600 civils tués en 2021 selon la MINUMA

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a publié ce jeudi 24 mars 2022, une note sur les tendances des violations et atteintes aux droits de l’homme et au droit international humanitaire au Mali. Dans ce document qui couvre la période du 1er juillet au 31 décembre 2021, il ressort que près de 600 civils ont été tués au Mali en 2021, dans des violences imputées principalement aux groupes djihadistes, mais aussi aux milices d’autodéfense et aux forces armées.

Plongé dans une crise multidimensionnelle depuis 2012, le Mali a connu au cours des six derniers mois de l’an 2021 une augmentation de 16% du nombre de personnes tuées par rapport aux six premiers mois, affirme cette note de la division des droits de l’Homme de la MINUSMA portant spécifiquement sur le second semestre de l’année passée.

Selon les auteurs de ce rapport, le nombre de civils affectés par les actes de violence au cours de la période en revue a connu une légère baisse par rapport au premier semestre, soit un taux de 7%.

Au total, entre juillet et décembre 2021, au moins 886 civils ont été tués, blessés ou enlevés ou portés disparus, indique le document.

Pour la MINUSMA, cette tendance à la baisse ne s’est pas faite de façon homogène en termes d’auteurs.

Ainsi, le rapport indique que les atteintes aux droits de l’homme imputables aux groupes tels que le JNIM et autres similaires ont connu une hausse de 21% comparativement à celles documentées au cours de la période précédente.

A contrario, les actes de violence imputables aux milices et autres groupes d’autodéfense communautaires ont enregistré une diminution de 19%.

Les actes violences se sont concentrés dans le centre du pays, notamment dans le pays dogon de Bandiagara à Douentza, à Mopti et Ségou avec une extension vers les régions du Sud savoir, Kayes, Koulikoro, Koutiala, etc.

La division des droits de l’homme de la MINUSMA précise à cet effet que ces violations et atteintes aux droits de l’homme rapportées dans cette note ont été commises dans un contexte politique et sécuritaire tendu marqué entre autres, par des attaques des groupes tels que JNIM et autres groupes similaires contre les civils, ainsi que les forces de défense et de sécurité nationale et internationale.

Aussi, ladite note indique que la situation sécuritaire s’est dégradée dans la région de Ségou, notamment dans le cercle de Niono. « Face à la situation, la réponse des autorités a porté sur la multiplication des opérations militaires, en vue d’assurer la protection des civils et permettre le retour progressif de l’État dans les zones occupées par les groupes terroristes. Dans ce contexte, il y’a eu des allégations de violations des droits de l’homme, qui font présentement l’objet d’enquêtes. Précisément, 318 personnes ont trouvé la mort dans les violences au cours du second semestre, selon le document. Le chiffre était de 266 au premier semestre. Les enlèvements ont quant à eux diminué, passant de 425 à 343 d’un semestre à l’autre », ainsi libellé dans le rapport, avant de préciser que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, ou Jnim en arabe), affilié à Al-Qaïda, et les autres groupes similaires ont multiplié les attaques contre des civils» et les forces maliennes ainsi que la MINUSMA, dit le document.

La MINUSMA impute aux groupes islamistes radicaux la mort de 206 personnes, et l’enlèvement ou la disparition de 239 autres entre juillet et décembre 2021. Les milices et les groupes proclamés d’autodéfense communautaire sont responsables de la mort de 70 personnes au cours de la même période, ajoute-t-elle.

25 civils ont été tués au cours d’opérations des forces de sécurité, poursuit la MINUSMA. « Les forces armées maliennes ont exécuté arbitrairement au moins sept civils dont un garçon de huit ans et tué un autre homme par balles » le 25 octobre dans la région de N’Dola dans le centre, selon le document.

Le gouvernement réfute catégoriquement les accusations d’exactions contre les forces de sécurité.

La MINUSMA impute aux forces régionales et internationales la mort de cinq personnes au second semestre. Des forces françaises et africaines opèrent au Mali.

Par Abdoulaye OUATTARA




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