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jeudi 19 avril 2018
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Société de gardiennage G4S: les travailleurs dénoncent l’esclavage

Le Comité syndical de la société de gardiennage G4S, affilié à la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), a animé, le jeudi dernier, une conférence de presse pour dénoncer le non-respect des engagements pris par leur direction suite à un protocole d’accord et les traitements inhumains dont les travailleurs sont victimes. Cette conférence de presse, qui a eu comme cadre le siège de la CSTM, était animée par le secrétaire général, Mamadou SIDIBE, et son adjoint Cheichné KONATE, en présence de quelque centaine de travailleurs.

Pour se faire entendre, le comité syndical avait fait observer une grève de 72 heures à partir du 31 décembre 2017. Cette première grève n’ayant pas permis de faire bouger les choses, le syndicat a décrété un arrêt de travail d’une semaine qui a pris fin ce lundi 8 janvier.
Dans ses revendications, le comité syndical réclame le payement de la prime de risque de 40 000 FCFA négociable pour tous les travailleurs de la société ; la signature immédiate des domiciliations bancaires ou le payement du salaire des travailleurs par enveloppe à la direction et la régularisation du payement des primes senior garde à tous ceux qui sont nommés à ce grade.
Le secrétaire général a déploré que les 18 points de revendication du syndicat déposés depuis 2015 souffrent toujours sur la table de la direction de la société G4S. Pour le leader syndical, le comportement irrespectueux des responsables de cette société de gardiennage qui n’accordent aucune importance aux doléances des travailleurs s’expliquent par l’hypocrisie de certains travailleurs même qui ont des postes de responsabilités au sein de la société. A en croire aux responsables syndicaux, à chaque fois qu’un compromis est trouvé entre la direction et le syndicat, ces personnes malintentionnées mènent des actions hypocrites pour empêcher la signature.
Selon le secrétaire général adjoint, Cheichné KONATE, les travailleurs de la société G4S Mali subissent une pire forme d’esclavage. Il a informé que les contrats sont signés à des sommes faramineuses alors que les agents sur le terrain ne perçoivent que des miettes. Aux dires de M. KONATE, les contrats varient entre 300 000 et 600 000 FCFA par personne et par mois, alors que l’agent ne perçoit que 60 000 FCFA par mois. Le secrétaire général, Mamadou SIDIBE, a ajouté qu’un agent de cette même société G4S perçoit 175 000 FCFA par mois en Guinée Conakry. Aussi, l’agent guinéen travaille 8 heures par jour alors qu’au Mali les agents sur le terrain travaillent pendant 12 heures par jour.
En plus du traitement dégradant, les conférenciers ont déploré que les agents ne perçoivent ni droit ni prime de risque alors qu’ils sont régulièrement attaqués par des hommes armés dans leurs lieux de travail.
Face à cette situation déplorable, les conférenciers ont vivement interpellé les autorités à prendre des mesures idoines pour mettre fin aux traitements inhumains infligés par les sociétés de gardiennage à leurs agents au Mali. Pour eux, l’implication des autorités est nécessaire pour améliorer les conditions de vie et de travail des agents des sociétés de gardiennage compte tenu de leur apport non négligeable dans le secteur de la sécurité au Mali.
Les agents de la société G4S se disent déterminés à se battre jusqu’au bout pour mettre fin définitivement aux traitements déshonorants dont ils sont victimes de la part de cette société étrangère dont le comportement n’est qu’une forme d’esclavage qui ne dit pas son nom.

PAR MODIBO KONE




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