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lundi 16 octobre 2017
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SOUMAÏLA CISSE à l’ouverture du 3è congrès de l’URD: « le Mali qui devait avancer à petits pas, recule à pas de géant »

Le parti Union pour la république et la démocratie (URD) a tenu, les samedi et dimanche derniers, les assises de son 3e congrès ordinaire sous la présidence du président Soumaïla CISSE. Si la relecture des textes et le renouvellement de l’instance dirigeante du parti étaient les points inscrits à l’ordre du jour, ces assises ont aussi été l’occasion pour le premier responsable du parti de jeter un regard très critique sur la gouvernance actuelle.

La salle Bazoumana SISSOKO du Palais de la Culture a refusé du monde le week-end dernier pour les assises du 3e congrès ordinaire de l’Union pour la République et la Démocratie (URD). L’organisation a réussi le pari de la mobilisation des militants et des sympathisants du parti venus de toutes les régions du Mali et de l’extérieur du pays. Les représentants des partis amis au Mali, au Burkina-Faso, au Niger et en Guinée Conakry ont fait le déplacement pour exprimer leurs amitié et sympathie au parti de la poignée de main.

Parti d’avant-garde

Ces assises qui sont marquées par la relecture des textes et le renouvellement de l’instance dirigeante du parti, ont été l’occasion pour le nouveau Président du parti, Soumaïla CISSE, pour saluer le travail abattu depuis la création de l’URD qui lui vaut aujourd’hui d’être la deuxième force politique de l’échiquier national.

En mesurant le très grand privilège qui est le sien de pouvoir s’adresser à l’auguste assemblée, l’honorable Soumaïla CISSE a remercié les représentants des différents partis politiques qui ont l’honneur d’être présents avant de réitérer son engagement à collaborer avec toutes les forces vives de la nation pour une démocratie apaisée et un développement inclusif du Mali.

Le même clin d’œil a été adressé aux militants du parti qui, unis par le courage, la persévérance, le patriotisme, le sens de l’intérêt général, ont pu convaincre, a-t-il déclaré, la part la plus travailleuse, la plus instruite, la plus solidaire, la plus progressiste de notre peuple.

L’occasion était bonne pour lui de rappeler les actions menées par le parti ces dernières années, au Mali et surtout pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel pendant la crise politico-institutionnelle et sécuritaire qu’a connue le pays en 2012.

L’URD, a-t-il rappelé, a dénoncé avec fermeté, toutes les tentatives de division du Mali. Elle a clamé haut et fort son attachement à la République, à l’intégrité du territoire national, à la laïcité de l’Etat. Le parti a apporté son soutien matériel et financier à l’armée nationale, aux blessés de guerre, aux femmes déplacées du Nord et aux victimes des inondations qui ont frappé Bamako en 2013.

L’Urd s’est dressée contre le coup d’Etat de mars 2012 et a attiré l’attention de l’opinion publique sur l’avenir des enfants du Nord qui était presque compromis par l’arrêt imposé par les jihadistes de toute forme d’éducation. L’URD a défendu la Constitution… La liste est longue, très longue.

Selon Soumaïla CISSE, malgré ces actions patriotiques réalisées, les dirigeants de l’URD ont été présentés comme des «apatrides, des renégats, ennemis» du Mali et du peuple. «L’URD plus que responsable, ne s’est jamais émue de ces vilenies », a martelé le président CISSE.

La pierre dans le « jardin » d’IBK

Par ailleurs, l’ancien président de la Commission de l’UEMOA, n’a pas caché ce qu’il pense réellement de la première année de gestion du pays par l’actuel régime dirigé par le Président Ibrahim Boubacar KEITA.

Et comme il fallait s’y attendre, le challenger du Président IBK, au second tour de la présidentielle de 2013, n’a été du tout été tendre avec la gestion du locataire de Koulouba. Pour « Soumi champion », « le Mali semble à l’agonie, asphyxié par l’inertie gouvernementale, la valse-hésitation entre actions médiatiques ministérielles et réactions de survie, par l’absence de vision diplomatique et la chasse aux privilèges ».

La thérapie proposée pour sortir de cette situation chaotique, c’est que « Le Mali devait être «réparé» d’urgence pour se préparer à un avenir plus stable, plus prospère, plus uni, plus pacifié et plus respecté », a préconisé le chef de file de l’opposition pour qui le Mali qui devait avancer à petits pas, il recule à pas de géant. Le Mali ne grandit pas, il régresse vertigineusement ».

Dans un autre tableau plus sombre de la gouvernance actuelle, Soumaïla CISSE pointe du doigt ce qu’il appelle le déclin du Mali, voire son agonie, du fait de la gestion désordonnée de l’épidémie de la fièvre Ebola avec son cortège de morts, la non libération de Kidal, l’abandon des régions du Nord par l’administration, la réorganisation des groupes terroristes au nord et l’insécurité généralisée. A ces problèmes, enfonce-t-il le clou, s’ajoutent l’école malienne qui est en danger et la mauvaise gouvernance, le népotisme, le clientélisme qui sont devenus les principales caractéristiques de la gestion des affaires publiques.

Constats d’un tableau sombre

Autres inquiétudes engendrées par la gestion d’IBK : l’économie qui en mauvaise posture, la jeunesse qui s’interroge sur son avenir, la confiance des partenaires économiques du Mali qui s’étiole, la dette intérieure qui gonfle, le panier de la ménagère trouée de toutes parts, les inégalités sociales qui s’accentuent …

Constat accablant : « Nos concitoyens sont choqués, abasourdis par tout ce qui leur arrive en si peu de temps; eux qui avaient rêvé de lendemains meilleurs, qui avaient repris espoir, quand brusquement l’horizon s’est bouché et l’espoir a fondu au soleil de la mauvaise gestion, des scandales à répétition, des dépenses somptuaires, de l’insécurité et des incertitudes économiques et sociales».

Le Mali, a-t-il affirmé, ne mérite pas un tel sort, surtout avec tant de forces vives, de jeunes dynamiques, de femmes audacieuses, d’associations généreuses, de militaires dévoués, d’entreprises innovantes, d’enseignants compétents qui sont dévoués pour la cause Mali.

La leçon qu’il tire après une année de gestion d’IBK, c’est que les souffrances actuelles de notre Nation sont les conséquences de la gestion hasardeuse imprimée à notre pays du fait d’un choix mal éclairé.

Face à ce naufrage du «Bateau Mali », le patron du parti de la poignée de main exhorte ses militants et sympathisants à unir leurs forces pour ne pas sombrer dans les abimes du désespoir et à croire, d’abord, en la survie du pays.

C’est pourquoi l’URD, a-t-il insisté, se doit d’être une force de proposition, mais surtout une barrière contre les abus de toutes sortes qui risquent de mener notre pays à la dérive.

C’est dans ce sens qu’il dénoncera et combattra tous ces fossoyeurs de notre pays et veillera à l’application de la loi sur l’enrichissement illicite qui, a-t-il prévenu, ne doit pas être un prétexte pour des règlements de compte et des tentatives d’éliminer de potentiels adversaires.

Par Mohamed D. DIAWARA

 




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