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lundi 23 juillet 2018
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Soumeylou Boubeye Maïga: « rassembler et assurer la sécurité des maliens »

Le tout nouveau Premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga, nommé à ce poste aux dernières heures de 2017, était hier lundi l’invité de RFI. Tout juste après le premier conseil des ministres, il nous explique ses priorités et revient sur la situation sécuritaire dans le nord et le centre du Mali et sur la préparation des élections présidentielles de 2018.

SD : Quelles sont vos priorités Monsieur le Premier Ministre ?

SBM : Nos priorités découlent des orientations que le Président a données et sur lesquelles il est revenu à l’occasion de notre premier conseil, qui consistent pour nous à assurer la sécurité des Maliens, à travailler à rassembler le Mali et puis être à leur service. Cela voudrait dire concrètement pour nous, du point de vue de la sécurité, de ramener plus de stabilisation, notamment dans le centre du pays, d’accélérer un certain nombre de préoccupations dans la mise en œuvre de l’accord, en particulier en ce qui concerne le DDR, parce que tant que nous n’aurons pas avancé sur le DDR, nous ne pourrons pas soustraire aux groupes terroristes la base de recrutement qui leur est ainsi offerte. La deuxième des choses comme le président l’a indiqué est de travailler, de rapidement mettre en chantier une loi d’entente nationale, parce que nous ne pouvons pas construire et reconstruire le pays, la nation, tant qu’il y a des dissensions permanentes, qui n’ont rien à voir avec le débat démocratique, mais le tissu social du pays a été suffisamment écorché, voire même déchiré, pour ne essayer de le recoudre et de faire face aux différents enjeux. Les enjeux sécuritaires qui sont aujourd’hui les plus importants, y compris dans le centre, nous allons aussi les aborder, dans le cadre d’une dynamique sous-régionale.

SD : Sur le centre on annonce une grande opération.

SBM : Sur le centre, le gouvernement a un programme, sur lequel nous allons travailler dans les jours à venir, mais je peux vous assurer que nous prendrons les mesures les plus fortes pour ramener la sécurité et assurer la liberté d’activité des populations et en même temps, créer un environnement propice à ce que les forces les plus saines, y compris point de vue religieux, puissent s’exprimer.

SD : La loi sur l’entente nationale, certains disent que c’est peut-être une prime pour ceux qui ont du sang sur les mains que l’on veut absoudre.

SBM : Le Président a clairement précisé qu’il ne s’agissait pas de faire une prime à l’impunité, il a même qu’il y avait une exonération de poursuites, particulièrement pour ceux qui ne sont pas impliqués dans des crimes de sang. Nous savons qu’il y a beaucoup de citoyens qui ont pu se retrouver dans cette mouvance là mais sans commettre l’irréparable et donc nous allons faire en sorte que ces procédures soient accélérées, et puis mettre en place un processus de rédemption en nous inspirant de ce qui s’est passé dans d’autres pays, qui ont connu le même type de conflit, de manière à ce que, tous ceux qui renoncent désormais publiquement et dans des formes appropriées, que nous allons voir, qui renoncent à la violence, puissent être encadrés pour être resocialisés, être réinsérés dans le tissu économique et social et puis vraiment faire en sorte que les Maliens, sur la base d’une conscience claire d’un destin commun et puissent tourner certaines pages.

SD : Sur le plan politique, l’opposition par exemple dit, nous voulons des élections crédibles en 2018. Est-ce que les élections sont tenables d’abord et ensuite, est-ce qu’elles seront crédibles, est-ce qu’il y aura un cadre de concertation avec l’opposition ?

SBM : Forcément, le Président attache un prix très fort à l’organisation d’élections apaisées, transparentes, crédibles et acceptées par tous et donc notre priorité, parce que c’est ça qui fonderait la légitimité à gouverner, et donc nous tiendrons les élections dans les délais constitutionnels prescrits, nous mettrons en place un cadre concertation, enfin il y a déjà un cadre de concertation au niveau du Ministère de l’Administration Territoriale, mais nous ferons en sorte que, très rapidement, par rapport au processus électoral, créer les conditions de prise en charge des revendications ou des propositions les plus acceptables et les plus soutenables, les plus réalistes aussi, qui sont faciles à mettre en œuvre, sur la base d’un consensus entre les acteurs concernés. Donc probablement nous convierons la majorité et l’opposition dans un cadre de concertation où nous verrons les propositions qui sont les plus faciles à mettre en œuvre pour assurer la crédibilité, la transparence aussi des élections.

SD : Et comment organiser les élections avec une partir du pays occupé, ça va être difficile ça.

SBM : Non, je pense que nous allons, sur la base des orientations qui nous ont été données, nous allons ramener la stabilité dans cette partie du pays.

SD : Toute dernière question, est-ce que vous n’êtes pas un peu à bord du Titanic, le nord parfois impraticable, le centre c’est difficile, à 250km de Bamako, c’est parfois dangereux, est-ce qu’il ne va pas vous manquer trois mois pour réussir votre mission ?

SBM : Nous essayerons d’avoir les résultats attendus dans le temps qui nous est imparti. Vous savez, moi je crois profondément à notre capacité collective à mettre en œuvre les mesures appropriées et comme je l’ai souvent répété, je ne suis pas très accessible au doute sur ces questions-là.

SD : Merci, Monsieur le Premier Ministre.




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