Spécimens -fraude électorale et tripatouillage: le ministre Ag Erlaf dément et précise

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Le ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la réforme de l’Etat, Mohamed Ag ERLAF, a animé, samedi dernier, une conférence de presse dans les locaux de son département, pour couper court aux fausses rumeurs de fraudes, de tripatouillage des spécimens et de trafic d’influence sur les cadres de l’administration, distillée au sein de l’opinion nationale par certains hommes politiques, à la veille du scrutin d’hier dimanche.

Au fait, depuis quelques jours, des acteurs politiques ont fait courir la circulation dans certaines localités des spécimens dont la mention sur le bulletin a toujours été en diagonal, sauf que cette année, cette mention se trouve en position couchée en marge de la page. Ce qui donne, selon certains sceptiques, le loisir à tout fraudeur de juste passer un Blanco sur le spécimen et de faire la copie du bulletin qui sortira sans la mention «spécimen».
De même, des partis politiques de l’opposition indiquent avoir constaté, pendant la campagne, que plusieurs bulletins spécimens circulaient à Bamako et à l’intérieur du pays.
Selon certains responsables de l’opposition, le RPM serait en train de faire circuler des bulletins de vote «prévôtés», qui seraient imprimés par une imprimerie de la place. Les mêmes responsables de l’opposition auraient vu dans les cercles de Dioïla et Koulikoro, plusieurs bulletins de vote sans la mention spécimen. Et que d’autres comporteraient déjà l’empreinte digitale, donc prévôtés et qui n’attendent que le jour du vote pour se retrouver dans les urnes.
«Le bulletin pris dans le bureau de vote est ramené aux maîtres fraudeurs pour servir de preuve, et monnayant paiement de l’argent.
D’autres, par contre trouvent que sur différentes versions de bulletins-spécimen, la place des partis change d’une version à une autre. Or, pour ces derniers, les exemplaires de bulletins de vote uniques doivent être identiques sans variation de la place des partis sur la page.
Au cours de cette rencontre avec les hommes de média, le ministre en charge de l’organisation des élections à balayer d’un revers de la main toutes ces allégations.
Selon lui, le spécimen est sécurisé avec les emblèmes du Mali incrusté en fonds de trame.
Aussi, a-t-il précisé, la sécurité du spécimen est telle qu’en cas de photocopie, le refrain «République du Mali ; Un peuple-Un But Une foi» ne ressort pas.
Par ailleurs, a-t-il signifié, tous les spécimens qu’on retrouve dans la circulation sont, pour l’essentiel, ceux attribuer aux candidats pour battre campagne.
Toujours selon le ministre, les changements de position des partis sur les exemplaires de spécimens s’expliquent par le fait que l’imprimerie a été obligée de rayer certains candidats de la liste suite au décisions des tribunaux.
Pour apaiser les soupçons de la classe politique, le ministre a indiqué que toutes les imprimeries sont actuellement sous surveillance vidéo pour déceler très tôt en cas de tentative de duplication des fauteurs.
De même, les conditions d’accès sont, de l’avis du ministre, assez rigoureuses pour empêcher un électeur d’entrer dans le bureau de vote avec un bulletin prévôté et l’utiliser.
Il a également mis en avant le fait que tous les spécimens sont numérotés par séries dans les différents centres. Ainsi, en cas de fraude, il est très facile pour les responsables en charge de l’organisation des élections de remonter à la source.
Avant de quitter ses interlocuteurs, il a invité tous les agents électoraux à la neutralité.

Par Abdoulaye OUATTARA

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