Spéculation foncière à Kati: le fléau qui inquiète

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La révélation a été faite, la semaine dernière, par le Commandant de Brigade de la gendarmerie de Kati (CB) lors d’une rencontre à la préfecture entre le ministre des Domaines de l’État et des affaires foncières, Me Mohamed Aly Bathily et les acteurs impliqués dans la gestion foncière à Kati. Le ministre Bathily était venu plaider en faveur d’une gestion commune du foncier dans ce cercle où la terre fait l’objet d’une véritable convoitise.

Dans le cadre de sa mission d’assainir le secteur du foncier, qui fait l’objet d’une forte polémique, depuis de nombreuses années et conformément à la volonté du président de la République, le ministre des Domaines de l’État et des affaires foncières a eu un entretien avec les autorités de la préfecture de Kati.
Au fait, après ses campagnes de sensibilisation, le ministre Bathily voit l’urgence pour tous les acteurs (maires, agents des domaines, Sous-Préfets, Préfets et Gouverneurs) de rester derrière la loi. Car, soutient-il, aucun pays ne survit ou n’a survécu dans la violation perpétuelle de ses propres lois. Face à la situation, le ministre a estimé que les acteurs sont condamnés à se donner les mains pour avancer.
Le choix de Kati pour cette première sortie réside dans l’importance des sollicitations des citoyens vis-à-vis du foncier dans cette localité, en raison de sa proximité avec la capitale.
Ainsi, il est sorti de l’intervention du Commandant de brigade de la gendarmerie de Kati, Lassana T. Keita, que 50 % des contentieux enregistrés devant ses services sont liés à des problèmes fonciers. Une source d’inquiétude, souligne-t-il, qui relève que ses services ont d’autres missions en plus des contentieux fonciers.
Parlant de l’ampleur de la spéculation foncière, le ministre Mohamed Ali Bathily a révélé que les spéculateurs fonciers sont arrivés à décaisser courant 2015, plus de 1 534 milliards FCFA, soit presque le montant du budget national 2016, des banques pour juste des fins de luxes personnels. Cela, a-t-il noté, par une poignée d’individus en complicité avec certains agents de ces banques et des Domaines au détriment des pauvres paysans qui se voient spoliés de leurs terres agricoles.
Face à la situation qui préoccupe tous citoyens maliens, le ministre Bathily pense que les administrations (Domaines et préfecture) sont complémentaires les unes des autres et doivent par conséquent se soutenir pour une bonne gestion du foncier.
Corroborant la thèse du commandant de brigade, le ministre a lui aussi indiqué que plus de 80 % des contentieux devant les tribunaux de notre pays étaient liés au foncier.
Par ailleurs, le ministre a évoqué les problèmes liés à la gestion des archives au niveau de la Préfecture de Kati. A son avis, ces archives doivent être mises à la disposition des Domaines de Kati pour éviter certains problèmes. Et Me Mohamed Aly Bathily de souligner que Kati est un maillon essentiel d’une grande réforme que son département a entamée et qui sera soldée par la création d’une direction nationale dédiée au Cadastre pour répondre aux aspirations du Président IBK qui a manifesté le désir d’une gestion assainie du foncier, à travers son discours du 22 septembre 2013.
Depuis, un certain temps, les efforts en cours, pour l’assainissement du secteur, ont abouti à des résultats encourageants. C’est ainsi que le département est parvenu à la numérisation et à l’intégration, dans la base de données du Système d’Information cadastrale, plus de 1 500 Titres fonciers de la zone ACI de Sotuba ; au recensement et à la numérisation de 35 621 Titres fonciers du District de Bamako et 40 808 Titres fonciers de la région de Koulikoro, dans la base de données du Registre foncier urbain (RFU), soit au total 76 429 TF.
On enregistre également le lancement de l’opération de dématérialisation de l’ensemble des dossiers techniques et fonciers de la conservation foncière et la numérisation d’environ 35 000 titres fonciers des Bureaux des Domaines et du Cadastre de Bamako et de Kati, qui constitue, non seulement une référence pour régler les agissements, mais également, un moyen de sévir contre les comportements déviants et d’atteindre une amélioration toujours accrue de l’exécution du service public.

Par Sidi Dao

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