Spots publicitaires pour les stations Oryx: l’ONG Consom-éco proteste

Le rapport de l’ONG suisse « Public eye » sur la qualité très compromettante des carburants de certaines stations, avait défrayé la chronique un bon moment dans la ville de Bamako. Après quelques jours de remous-ménages, l’affaire a été classée dans les oubliettes, du moins de la mémoire collective des Maliens. Ni autorités nationales ni associations des défenseurs des droits des consommateurs ne font cas de cette affaire ténébreuse.

Pour éveiller de nouveau les consciences, la Ligue malienne pour la défense des droits des consommateurs et la protection de l’environnement (Consom-échos) a animé une conférence de presse, dans les locaux de son siège à Niamakoro Cité Unicef, pour dénoncer ce silence des décideurs.
Inciter les populations à boycotter les carburants des stations accablées par le rapport, tel était l’objectif de cette conférence de presse. Elle était principalement animée par Me Aminata Traoré, Directrice de l’ONG.
En plus du silence des associations des défenseurs des droits des consommateurs, l’ONG, Consom-eco dénonce l’indifférence de l’ORTM et de la radio France internationale (RFI) qui traitent les patrons des entreprises en cause comme des simples clients en faisant passer leurs spots publicitaires. Selon Me Traoré, ceci est une atteinte aux principes des conventions internationales de droits de l’homme.
À cet effet, l’ONG Consom-échos, par la voix de Me Traoré, a adressé une correspondance, le 15 novembre 2016, auxdits organes de presse pour un arrêt immédiat des spots publicitaires, jusqu’à ce que ces entrepris arrêtent de livrer des carburants toxiques dans les pays africains en général et au Mali en particulier.
« Nous avons constaté avec amertume que la RFI et l’ORTM, depuis un certain temps, passent régulièrement, aux heures de pointe d’écoute, des publicités qui vantent les qualités et prix pratiqués dans ces stations de vente. Nous déplorons cet état de fait, lorsqu’on sait le peu d’importance que ces sociétés accordent à la vie et à l’environnement de nos concitoyens, depuis le rapport que l’ONG suisse », a-t-elle dit. Avant de rassurer que le carburant déversé dans les dépôts de stations Shell et Oryx au Mali est hautement toxique.
Comme pour enfoncer le clou, Me Traoré révèle que ces carburants sont spécialement concoctés pour l’Afrique qui contient la plus grande quantité de soufre, de métaux et d’autres matières chimiques dont les conséquences sont dangereux pour la vie de l’homme. Selon la conférencière, ces carburants, dits spéciaux pour l’Afrique, ne respectent pas les normes internationales de protection de l’environnement.
En entendant que leurs doléances soient prises en compte, Me Traoré a salué la collaboration de Radio France internationale qui a promis d’arrêter lesdites publicités sur ses ondes, jusqu’à nouvel ordre.
« En effet, RFI nous a rassuré qu’elle arrêtera toute publicité pour Oryx, tant qu’elle continue de livrer des carburants toxiques aux populations », s’est-elle réjouie.
Par contre, a-t-elle affirmé, l’OTRM est restée jusque-là indifférente à l’appel de l’ONG. « Malgré que les Maliens soient directement menacés par ces carburants, l’ORTM ne vise que son intérêt. En répondant à notre correspondance, le directeur nous a dit qu’il était au regret de nous informer que l’ORTM n’a ni le pouvoir ni la compétence d’apprécier les requêtes ou enquêtes des structures qui n’ont aucune attache avec elle. Qu’elle ne pouvait pas donner une suite à notre requête. Nous sommes au regret de constater que la santé des Maliens est plus importante pour une radio française que pour l’ORTM », a-t-elle déploré.
Pour finir, Me Traoré a lancé un ultimatum aux autorités compétentes en ces termes : « Si rien n’est fait pour stopper le commerce de ces carburants toxiques, nous allons faire une marche de protestation. Et plus tard, nous allons porter plainte contre ces entreprises et les structures qui les encouragent, à travers des publicités. Car la santé de nos consommateurs est primordiale », a-t-elle mis en garde avec un ton très sérieux, comme pour nous assurer que ce n’est pas une simple menace.

Par Christelle KONE

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