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samedi 18 novembre 2017
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Station de dépotage d’excréments humains au CRRA de Sotuba: l’IER dit niet et prévoit une grève de 48 heures

Pour protester contre la décision du gouvernement de construire une station de dépotage et de traitement des boues de vidange de la ville de Bamako sur les parcelles d’expérimentation du CRRA de Sotuba, la section SYNAPRO (Syndicat national de la production) de l’IER prévoit d’observer une grève de deux jours, les 28 et 29 juin courant. L’information a été donnée, hier jeudi 15 juin, à la faveur d’une conférence de presse à l’IER sis à Sotuba.

La conférence était animée par le secrétaire général de la section SYNAPRO de l’IER, le Dr Bamory DIARRA. Il avait à ses côtés le secrétaire général du bureau national du SYNAPRO, Karim DIARRA, et les représentants de plusieurs structures qui soutiennent l’IER dans ce combat contre l’accaparement de son espace dédié à la recherche.
Le conférencier a appelé le gouvernement au retrait de son projet de construction de la station de dépotage et de traitement des boues de vidange de la ville de Bamako sur les parcelles d’expérimentation du CRRA de Sotuba. Aussi, les chercheurs ont demandé l’arrêt définitif des convoitises de toutes natures sur les domaines d’expérimentation de l’IER.
Le Dr Bamory DIARRA a rappelé qu’à la suite de la grève des 15 et 16 septembre 2016, un protocole d’accord entre le gouvernement et la section SYNAPRO de l’IER a été signé le 21 octobre. Un protocole qui précise dans son point 5 ceci : « face au constat des agressions foncières sur les domaines de l’IER, outre la garantie juridique, la commission de conciliation demande, que l’avis de l’IER soit désormais requis pour toute affectation nouvelle ».
Aussi, au mois de mai dernier, l’IER, sous la direction du ministère de l’Habitat, de l’urbanisme et des affaires foncières, a organisé une réunion pour fournir les arguments scientifiques, techniques, économiques et sociaux, en faveur de la compatibilité ou de l’incompatibilité d’installer une station de dépotage et de traitement des boues issues d’excréments humains sur les parcelles d’expérimentations du CRRA de Sotuba à l’attention du gouvernement.
Selon le secrétaire général de la section SYNAPRO de l’IER, les débats de ladite réunion se sont conclus sur l’incompatibilité de la station de dépotage dans les domaines du CRRA. Le Dr DIARRA a déploré que malgré tous les arguments, toutes les démonstrations et toutes les mises en garde sur les conséquences catastrophiques de l’installation d’une station de dépotage et de traitement des boues issues d’excréments humains dans le domaine du CRRA de Sotuba, le gouvernement a fait voter la loi à l’Assemblée nationale le 26 mai 2017.
« Par cet acte, la section SYNAPRO a été définitivement convaincue de la volonté délibérée du gouvernement de violer un document qu’il a lui-même signé. Ce comportement n’est pas excusable pour des personnes qui gèrent les destinées d’un pays », a fustigé le conférencier.
Le leader syndical a rappelé que depuis les années 1914, les familles fondatrices de Bamako avaient octroyé un espace de 1068 hectares pour abriter les activités de recherche au bénéfice des pays de l’Afrique-Occidentale française. Selon lui, au regard de l’importance des activités de recherche qui sont menées sur le site, les présidents Modibo KEITA et Moussa TRAORE n’ont ménagé aucun effort pour sa protection. Il a informé que c’est avec l’avènement de la démocratie que les agressions sur cet espace expérimental se sont multipliées. Aujourd’hui, sur plus du millier d’hectares, il reste moins de 300 ha qui continuent d’être victimes d’agression, déplore-t-il.
Les chercheurs comprennent mal le fait que c’est l’État même qui est aujourd’hui l’un des agresseurs, dans le cadre de la construction d’un dépotoir d’excréments humains dans un centre de recherche en plein cœur de la ville de Bamako.
Les conférenciers ont tour à tour exprimé leur regret face à ce comportement du gouvernement qui est censé protéger la recherche agricole et assurer la santé des populations en interdisant le dépôt d’excréments en plein centre-ville. Ils ont largement expliqué que l’Agriculture est la principale voie de développement de notre pays et que l’IER est la principale institution dont la mission est de créer les bases fondamentales de ce développement. Pour eux, renforcer les capacités de l’IER contribue au renforcement des capacités de l’Agriculture comme moteur de la croissance et du développement socio-économique. Face à cette réalité, le secrétaire général de la section SYNAPRO a déclaré que les décideurs d’aujourd’hui doivent éviter d’être les fossoyeurs des générations d’aujourd’hui et de demain.

PAR MODIBO KONE




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