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mercredi 24 janvier 2018
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Statut autonome des enseignants: les syndicats montent les enchères

Ayant longtemps fait la sourde oreille avant de soumettre à l’Assemblée nationale le projet de loi portant sur le statut autonome des enseignants, promis suite à un protocole d’accord signé, le gouvernement vient d’être contraint à revoir sa position suite à la reprise de la grève des enseignants au niveau de l’enseignement fondamental et secondaire. Face à la pression qui a monté d’un cran, depuis la semaine dernière, une session extraordinaire de l’Assemblée nationale a été convoquée en vue de prendre en charge ce dossier qui ébranle le front social.

Les élus de la nation se sont donné hier rendez-vous à l’hémicycle de Bagadaji en réponse à la session extraordinaire convoquée ce 8 janvier après celle budgétaire d’octobre dernier. Si la question du Statut général des enseignants est le plat de résistance de cette session, il n’en demeure pas moins qu’ils auront à discuter des préalables avant l’entame du sujet de débat.
Selon nos sources, le tout nouveau ministre de l’Éducation nationale, Housséini Amion GUINDO, avait au préalable rencontré, samedi dernier, au cours d’une réunion de prise de contact les syndicats grévistes signataires du 15 octobre sur leurs doléances. Il ressort des indiscrétions qu’à l’issue de cette rencontre, des propositions concrètes ont été faites aux enseignants. Ainsi, le ministre Guindo a-t-il proposé le début d’élaboration du projet de décret d’application de la loi portant statut autonome des enseignants dès hier 8 janvier. Selon nos sources, le texte déposé par le gouvernement sur la table du président de l’Assemblée nationale relatif au projet de loi portant statut autonome des enseignants sera adopté le 14 Janvier 2018. Quant à sa promulgation, il est attendu pour le 19 janvier 2018 par le président de la république et prendra effet dès février 2018 avec des rappels à compter de janvier 2017. Mais ces propos ne semblent pas convaincre grand nombre d’enseignants qui estiment qu’ils ont suffisamment été bernés. C’est pourquoi, selon un responsable syndical que nous avons pu joindre hier, après un répit hier lundi, la grève va reprendre de plus belle aujourd’hui mardi pendant 17 jours ouvrables.
En effet, après une première grève de 5 jours ayant précédé les congés de Noël et une autre grève d’une semaine débutée le premier jour de la reprise, le 2 janvier, les syndicats viennent de déclencher une nouvelle grève qui débute aujourd’hui mardi pour prendre fin jusqu’au 31 janvier.
La seule alternative viable pour les enseignants reste aujourd’hui l’adoption de leur statut autonome.
Les syndicalistes sont catégoriques sur leur position. Ils affichent un niet non négociable à toute négociation tendant à reprendre le chemin de l’école avant l’adoption de la loi et sa promulgation par le Président de la République. Selon nos sources, les syndicalistes sont formels à dire que le vote de la loi à l’Assemblée nationale ne suffira pas pour rompre avec les séries de grèves qui viennent de déclencher. Ils soutiennent qu’il faudrait la promulgation de la loi par le chef de l’État pour qu’ils regagnent les salles de classe.
Rappelons que le Collectif des sept syndicats de l’éducation, qui se mobilise à travers des séries de grèves, de marches et de meetings depuis l’année dernière, réclame à l’État l’adoption d’un statut autonome de l’enseignant ; l’harmonisation des salaires des enseignants maliens avec ceux de la sous-région ; l’augmentation de l’indemnité spéciale de responsabilité pour les enseignants des catégories A, B et C ; la régularisation de la situation administrative et financière des camarades sortants de l’ENSup (nouvelle formule) au même titre que ceux de l’ENI et de l’IPR-IFRA ; et la conformité de la relecture de l’Arrêté 3282 du 11 août 2016 avec les recommandations de la lettre de protestation des différents syndicats.
Ainsi, en ce qui concerne les principaux points de blocage à savoir, les points 1, 2 et 3 relatifs à l’adoption d’un statut autonome de l’enseignant, l’harmonisation des salaires des enseignants maliens avec ceux de la sous-région, l’augmentation de l’indemnité spéciale de responsabilité pour les enseignants des catégories A, B et C, le gouvernement s’est engagé à adopter un statut et une grille indiciaire annexée pour le personnel de l’éducation préscolaire et spéciale et des enseignements fondamental et secondaire.
Une commission tripartite mise en place avait proposé en 2017 un statut et une grille indiciaire annexée de 16 échelons (par la suppression du dernier échelon de la classe exceptionnelle) avec comme indice plancher 235 et indice plafond 1060.
La partie gouvernementale s’était engagée à déposer le projet de loi relatif au statut autonome de l’enseignant et une grille indiciaire annexée pour le personnel enseignant sur la table de l’Assemblée nationale au cours de la session parlementaire du mois d’octobre dernier. À la grande surprise des enseignants, la session d’octobre a été clôturée sans que les députés ne se prononcent sur le projet de loi relatif au statut autonome de l’enseignant. Ce qui provoqua immédiatement l’ire des syndicats signataires du 15 octobre 2016 qui ont déclenché des séries de grèves qui paralysent actuellement l’enseignement fondamental et secondaire.
Pour enfoncer le clou et accentuer la pression sur le régime, en fin de la semaine dernière, l’AEEM s’est mêlée dans la danse en faisant sortir les élèves de plusieurs écoles privées à Bamako et à l’intérieur du pays.
Le moins que l’on puisse dire face à cette situation qui devient de plus en plus sérieuse est que les autorités sont interpellées à honorer le plus rapidement possible leur engagement pour mettre l’école malienne à l’abri d’une autre année scolaire perturbée à l’image de celle de l’année dernière.
L’année scolaire 2016-2017 a été particulièrement secouée par un mouvement de grève du collectif des syndicats de l’éducation réclamant le statut autonome.

PAR MODIBO KONE




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