Stratégie de scolarisation accélérée partielle 2004-2015: 145 342 enfants intégrés dans le système éducatif

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Les acteurs des trois pays d’expérimentation de la Stratégie de scolarisation accélérée partielle (SSA/P) (Mali, Burkina et Niger) sont, depuis hier à Bamako, pour la cinquième session du Conseil d’orientation du Secrétariat sous régional de ladite initiative, dont les travaux vont prendre fin aujourd’hui 19 août. La cérémonie d’ouverture des travaux, présidée par le ministre de l’Éducation nationale du Mali, a eu lieu, hier jeudi, au Grand hôtel le Bamako.

Etaient présents à ce rendez-vous mémorable de la problématique de la scolarisation dans notre sous-région, le ministre nigérien de l’Éducation, de l’alphabétisation et des Langues nationales, Mamadou Marthé Daouda ; la conseillère technique, Kaboré Cahérine, représentant le ministre burkinabé de l’Éducation ; le ministre de l’Éducation nationale du Mali, Kénékouo dit Barthelemy Togo. On y notait également la présence du secrétaire général de la Fondation Stromme, Oyvind Aadland, partenaire de l’Initiative ; des experts de la SSA/P des trois pays ainsi que les PTF, dont le royaume de la Norvège.
Il s’agit d’entériner, au cours de ces 2 jours de rencontre, la décision des États concernant le statut du Secrétariat permanent (SP) de convenir des compétences du SP à transférer aux États de définir pour les États d’un dispositif d’opérationnalisation et de suivi de ce transfert de compétences, ainsi que les compétences et d’examiner toute autre question d’intérêt commun en lien avec cette initiative.
Pour la session, les participants vont adopter entre autres, le rapport d’activités du SPSR/SSAR/P, depuis la session la session du CO (Comité d’orientation) tenue à Kristiansand/Norvège en 2014.
À la lumière des interventions des 3 responsables de l’éducation, la SSA/P a accompli de nombreux progrès et se place comme une alternative incontournable en matière d’atteinte de l’Éducation pour tous (EPT) et des ODD.
Pour la conseillère technique du ministre du Faso, son pays accorde un intérêt particulier à la SSA/P pour 3 raisons : premièrement parce qu’elle contribue à accroitre le taux brut de scolarisation pour l’atteinte des EPT : « Le taux brut de scolarisation est passé de 60,2 % en 2006 (début de la mise en œuvre de la SSA/P au Faso) à 83,7 % en 2015 et la SSAP y a contribué en transférant plus de 20 000 enfants à l’école primaire ».
Deuxièmement, la SSA/P participe, selon elle, à la recherche de l’équité dans l’éducation parce qu’elle s’adresse aux enfants vulnérables du Burkina Faso, ‘’le rapport d’état du système éducatif national établit, en 2005 fait ressortir plus d’un millions d’enfants en âge scolarisable qui sont encore hors écoles et qui sont exposés aux risques sociaux comme la délinquance, le mariage précoce et le travail des enfants’’.
En troisièmement lieu, cette initiative participe, selon Mme Kaboré, à la lutte contre le chômage des jeunes, ‘’du fait qu’on recrute les animateurs des centres SSA/P parmi les diplômés de nos structures d’éducation qui s’insèrent difficilement dans le tissu économique pour des raisons de limite d’offres d’emplois structurés’’.
Les acquis, a-t-elle lancé, sont fort louables et doivent être renforcés, afin d’être en phase avec la vision lancée en 1990 à Jomtien, renouvelée à Dakar en 2000 et réaffirmée aujourd’hui avec la Déclaration d’Incheon : « Éducation 2030 : vers une éducation inclusive et équitable de qualité et un apprentissage tout au long de la vie pour tous. »
Le ministre nigérien de l’Éducation a rappelé que la SSA/P est une initiative de la Fondation Stromme qui a pris naissance au Mali en 2004 avant de migrer au Burkina Faso en 2006 et au Niger en 2007. Il a loué les efforts des États, des ONG, les communautés dans les trois pays qui ont permis de donner corps au droit à l’éducation des milliers d’enfants, qui sans la SSA/P n’auraient tout simplement pas connu le bonheur de lire et écrire.
La SSA/P consiste en un enseignement de 9 mois dont 2 en langue nationale à l’issue duquel, les apprenants sont inscrits en 4e ou 3e année de l’école primaire pour poursuivre leurs études.
Pour les trois pays, 145 342 enfants, dont 83 638 filles, ont été enrôlés de 2004 à 2015 ; 108 338 apprenants ont été transférés dans les écoles primaires pendant la même période.
« La SSA/P a non seulement produit des résultats probants, mais également, elle est appelée à occuper une place de choix dans le système éducatif de mon pays dans l’optique de l’EPT et des Objectifs de développement durable (ODD).
Quant à Kénékouo Barthélemy Togo, il a salué l’engagement de l’ensemble des pays membres pour leur attachement à cette stratégie qui profite surtout aux États en développement ou ceux qui connaissent des crises dans leur système éducatif.
Selon lui, notre pays, à travers le ministère de l’Éducation nationale va conduire pour la deuxième fois les destinées du Conseil d’orientation du Secrétariat permanent de la SSA/P. Il a promis à ses pairs que le défi sera relevé à hauteur de souhait, mais avec l’engagement de chacun des pays. Puisque les résultats salvateurs de la SSA/P pendant ces dernières années ne sont plus à démontrer.

Par Sidi Dao

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