Suivi de l’Accord pour la paix: la 12 ème réunion du CSA sur fond de tensions

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Le Comité de suivi de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali (CSA) tient, depuis hier mercredi, dans l’après-midi au Centre régional pour l’énergie solaire (CRES) de Badalabougou, les travaux de sa 12e réunion qui intervient dans un contexte de vives tensions entre des membres de la Coordination des mouvements armés (CMA) consécutive à l’adoption du Décret portant nomination des membres des autorités intérimaires et des collèges transitoires dans les 5 régions du nord par le gouvernement.

L’ouverture des travaux était présidée par le président du Comité du suivi, l’Algérien Ahmed BOUTACHE, qui avait à ses côtés, l’adjoint du Représentant spécial de l’ONU au Mali, KOEN DAVIDSE ; le Mauritanien, Mohamed Ould MEKHALLE ; le représentant du Burkina Faso, Lougue KODIO, etc.
Elle a enregistré la présence effective des délégations des groupes signataires de l’Accord (CMA, Plateforme), de l’Ambassadrice de France au Mali, Évelyne DECORPS ; des représentants des pays membres de la médiation internationale, etc.
À l’ordre du jour de cette réunion figurait l’examen de l’état de mise en œuvre de l’Accord avec des présentations portant sur les initiatives du gouvernement lors de l’intersession.
Pour la journée d’hier, il était attendu des membres du CSA, la présentation suivie de discussion des rapports du sous-comité chargé des questions de défense et de sécurité ; de celui du sous-comité chargé du développement socioéconomique et culturel ; et enfin du rapport du sous-comité chargé de la réconciliation, justice et les questions humanitaires.
Pour ce rendez-vous, la médiation internationale et les parties signataires veulent aller vite et donner un nouvel élan au processus de cantonnement et de DDR.
Par ailleurs, lors de cette session, il sera également question de la poursuite de l’examen des questions organisationnelles en lien avec le budget du CSA.

Selon certaines indiscrétions, 2 points essentiels de cette réunion du Comité de suivi de l’accord feront l’objet de chaudes discussions entre les membres. Il s’agit en premier lieu de la mise en place des autorités intérimaires dans les 5 régions du Nord. En effet, le gouvernement a adopté, le vendredi dernier, les décrets portant nomination de ces autorités intérimaires ainsi que les collèges transitoires dans les régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Ménaka et Taoudéni. Mais ce décret suscite des divisions au sein de la CMA. Ainsi, selon quatre mouvements de la Coordination des mouvements armés, « la liste envoyée au gouvernement n’est pas le fruit d’une décision concertée au sein de cette coalition ».
Le second point est relatif à l’opérationnalisation des patrouilles mixtes. Les parties signataires et la médiation internationale s’accordent sur la nécessité d’accélérer le processus de cantonnement et de désarmement des ex-combattants. Mais les récents blocages intervenus dans le processus ont fortement impacté ce calendrier.
La réunion de Bamako fait également suite aux débats pour un compromis autour de Kidal après les tensions entre le HCUA et le GATIA.
La précédente réunion s’était achevée sans véritablement trouver de solution à cette question.
Malgré ce climat délétère, la CMA et la MINUSMA se sont félicitées des progrès enregistrés dans la mise en œuvre de l’accord issu du processus d’Alger.
La CMA, à travers son porte-parole, Almou Ag Mohamed, a rendu hommage au gouvernement qui a adopté la semaine dernière des projets de décret désignant les membres des autorités intérimaires chargées de gérer les cinq régions administratives du Nord, en vertu de l’accord et du protocole d’entente.
Selon la CMA, la désignation des membres des autorités intérimaires constitue une « avancée majeure ».
Pour sa part, la MINUSMA s’est félicitée, du déroulement lundi de la rentrée scolaire à Kidal, en présence du gouverneur désigné par l’État, une première depuis plus de deux ans. Pour les responsables de la mission onusienne, « la présence à Kidal du gouverneur et la prochaine mise en place des autorités intérimaires démontrent, sans aucun doute, la volonté des parties signataires d’aller de l’avant, dans la mise en œuvre de l’accord ».

Par Abdoulaye OUATTARA

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