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mercredi 26 février 2020
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Sursis à la participation de la CMAS aux législatives: l’Imam Dicko recadre ses partisans

Au grand soulagement des uns et à la terrible désillusion des autres, la coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud DICKO (CMAS) ne sera pas le starting-block pour les législatives convoquées pour le 29 mars. Le recadrage a été fait hier après-midi au siège de la CMAS par le parrain, le très respecté et éclairé Imam Mahmoud DICKO, lui-même. Retour aux fondamentaux de l’engagement autour des idéaux du grand leader religieux ou divorce d’avec l’aile radicale de la Coordination incarnée par El Hadj Issa Kaou N’DJIM ?

Hier début d’après-midi, la coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud DICKO(CMAS) annonce sur sa page Facebook une importante prise de parole de son parrain le très respecté Imam Mahmoud DICKO. Pour cette adresse aux présidents et membres de la CMAS, prévue à 17 h, la presse, dit-on, est conviée.

Réglé comme une horloge, le leader religieux est au rendez-vous ainsi que les responsables de la Coordination et beaucoup de sympathisants. Comme à son habitude, l’ancien président du HCIM, l’Imam DICKO, se veut pédagogue, mais très clair et ferme. Il rappelle aux responsables de la CMAS les raisons avancées pour la mise en place de la Coordination. L’objectif recherché était et demeure : être un contre-pouvoir et non être partie prenante à la gestion du pouvoir. Or, en participant aux élections, on va à la recherche du pouvoir, on participe à la gestion du pouvoir, soit comme majorité (en cas de victoire) soit comme opposition (en cas de défaite). On ne peut, explique le très respectable Imam DICKO, être partie prenante dans la course et l’exercice du pouvoir et prétendre en même temps jouer son rôle noble de contre-pouvoir.

Au grand désespoir de ceux de ses partisans qui avaient déjà balancé des fatwa contre certains partis politiques (ADEMA, RPM, URD), le très respecté et éclairé Imam Mahmoud DICKO rappelle que la CMAS n’est et ne saurait être l’ennemi d’aucune formation politique ni entretenir d’adversité politique avec un quelconque bord politique. Toutes choses qui risquent inéluctablement d’arriver si elle prend part à une compétition électorale ; sans compter toutes les frictions et les déchirements que cela pourrait engendrer au sein du Mouvement, comme c’est le cas en Commune IV. C’est pourquoi il demandera à ses partisans et sympathisants de surseoir à prendre part aux législatives et de garder leur équidistance envers les compétiteurs politiques.

Cette demande du parrain du Mouvement recevra-t-elle un écho favorable auprès de la Coordination qui, on se rappelle, a affiché clairement sa position et son ambition : participer aux prochaines élections législatives ?

Interviewé par notre confrère de RFI en début janvier, Issa Kaou N’DJIM, coordinateur et porte-parole de la CMAS, n’est pas passé par 4 chemins pour dire que la CMAS est politique : « nous avons dit clairement que c’est un mouvement politique et un mouvement politique, ce sont des ambitions politiques. Nous espérons avoir des candidats sur des listes, avec des partis politiques qui partagent nos valeurs… L’objectif c’est vraiment d’aller à la conquête du pouvoir, poursuit Issa Kaou Djime. Nous, héritiers politiques de l’imam DICKO, nous allons aux élections présidentielles » de 2023.

Cette demande ferme de l’Imam est-il un recadrage de la fougue juvénile de ses partisans ou sonne-t-elle comme l’aube d’un divorce inévitable ? Quelle sera la gestion que la Coordination fera de ses engagements pris avec des partis politiques comme souscrits le 29 janvier dernier la Convergence démocratique au Mali (CODEM) du ministre Housseini Amion GUIDO dit Poulo ? Issa Kaou N’DJIM, qui se proclame héritier du très respecté et éclairé Imam Mahmoud DICKO va-t-il obtempérer ?

En maintenant les alliances et en allant aux élections malgré le carton rouge de l’Imam Issa Kaou N’DJIM et ses partisans prendront le risque de désavouer leur mentor et Guide spirituel et de s’affranchir de la ligne qu’il trace. En choisissant de suivre les mots d’ordre de leur parrain, ils prouveront à leurs détracteurs qu’ils sont un mouvement discipliné et ne se servent pas du nom de l’Imam DICKO pour assouvir les ambitions personnelles. Dans l’hypothèse fort improbable, ils acteront que l’Imam DICKO est le vrai chef, tout chose qui sera au crédit de leur Mouvement.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’au-delà de l’imam DICKO, cette décision d’aller aux législatives en alliance avec la CODEM n’était pas partagée par l’ensemble des membres du comité exécutif qui ont remis en cause la démarche de Issa Kaou N’DJIM, coordinateur général de la CMAS.

Selon nos informations, il serait reproché au coordinateur général de précipiter la CMAS dans le champ politique alors que l’organisation n’est qu’à sa phase d’implantation. Actuellement, la CMAS, selon une source bien introduite, est officiellement présente dans le district de Bamako et la ville garnison de Kati. Aussi, en décidant de prendra part aux législatives, la CMAS, selon notre source, risque d’exposer l’imam de Badalabougou qui serait dans le viseur de la Cour constitutionnelle.

C’est pourquoi, le retrait des législatives n’est qu’une manière, selon certaines sources, de préparer plus sereinement le rendez-vous de 2023 où l’imam serait attendu par ses partisans comme une alternative à la mauvaise gouvernance du pays qu’il a toujours fustigé.

Rappelons que la CMAS a été créée en août 2019 puis officiellement lancée le 7 septembre 2019.

Par Abdoulaye OUATTARA




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