Suspension des pourparlers : Les explications du Gouvernement

Le ministre des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et de la coopération internationale, Abdoulaye DIOP, médiateur en chef de la délégation malienne, en compagnie de ses collègues ZAHABI Ould Sidi Mohamed de la Réconciliation nationale et Hamadoun KONATE du Développement social, de l’action humanitaire et de la reconstruction des Régions du Nord, ont animé samedi une conférence de presse à l’hôtel Radisson Blu Aci 2000 Bamako. Objectif faire la restitution du deuxième round de la deuxième phase des pourparlers inter-maliens à Alger ainsi les raisons du blocage desdites négociations.

Après la reprise des négociations directes entre le gouvernement et les mouvements politico-militaires du Nord suite à une brève suspension, le dialogue inclusif inter malien devant parvenir à un accord de paix globale, est à nouveau rompu.

En pomme de discorde, l’avant-projet d’accord de paix proposé par la médiation aux parties belligérantes comme base de futures négociations.

De retour au bercail, les ministres des Affaires étrangères, de la Réconciliation nationale et de la Reconstruction des régions du nord, dans une tradition républicaine de restitution était devant la presse, pour présenter le texte en question, objet du blocage, mais surtout de faire part de leur appréciation sur ce document qui prend entièrement en compte les préoccupations maintes fois exprimées par les hautes autorités.

« Nous sommes dans un processus qui est irréversible. C’est un processus de paix qui est accepté par toutes les parties », a affirmé le ministre malien de la Réconciliation nationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed, qui insisté sur le « respect du cessez-le-feu et l’arrêt des actes de provocation afin de parachever ce processus qui est presque à son terme ».

« Aujourd’hui, tous les Maliens ont le regard tourné vers ce processus et on souhaite une sortie de la crise », a ajouté le ministre qui a lancé un appel non seulement aux mouvements armés pour qu’ils ne rentrent pas dans des spirales de provocation et à toutes les parties sur le terrain pour le respect du cessez-le-feu.

Le ministre a rappelé que les principes de base, à savoir l’unité nationale, l’intégrité territoriale, le caractère laïc de la République du Mali, « ne sont pas à négocier ».

Lors de cette conférence de presse qui portait sur le bilan de la deuxième phase du deuxième round des pourparlers d’Alger interrompue afin que les délégations présentent le document de synthèse produit par la médiation à leurs responsables, le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a indiqué que ce « document n’est ni un préaccord, ni un accord. Il s’agit d’un ensemble d’éléments constitués pour aller à un accord de paix global et définitif ».

Selon le ministre Diop, c’est un document « important pour le Mali parce que n’y figurent pas le fédéralisme et l’autonomie ».

Par contre se réjouit-il, celui qui est proposé par l’équipe de médiation, n’est autre que la réaffirmation des prises de position de la communauté internationale ainsi que la reconnaissance du Mali dans ses frontières héritées de la colonisation. Aussi, conforte-t-il le Président IBK qui avait fixé certaines lignes rouges à ne pas franchir comme le respect de l’unité nationale, de la souveraineté du pays, de l’intégrité territoriale, et de la forme laïque et républicaine de la République.

Pour le médiateur en chef de la délégation malienne, il s’agit là non seulement d’une donnée importante, mais surtout première victoire dans ce processus qui s’avère complexe. Si ce dernier est convaincu que le document peut servir de bonne base pour discuter d’un pré-accord, il s’est dit tout de même confiant, satisfait de l’état d’esprit qui a guidé les travaux et espère que ces quelques jours permettront à la partie gouvernementale d’affiner les éléments dont il dispose.

En attendant, les parties profiteront de cette pause, pour mener des actions d’explication par rapport à ce processus et par rapport à ce document, y compris la médiation.

Le redéploiement progressif de l’armée dans le nord, sur un an, ou encore l’intégration de combattants des groupes armés au sein de l’armée nationale, sont des points clés qu’il revient au gouvernement de convaincre l’opinion nationale sur le bien fondée d’une telle démarche.

Pour Hamadoun Konaté, ministre de la Reconstruction des régions du nord, « nulle part, il n’y a d’ambiguïté sur le fait que la défense nationale est assurée par une armée nationale. Et l’armée nationale, c’est celle de la République. Cela est clair dans le document. Cette armée nationale doit devenir progressivement nationale, c’est-à-dire contenir tous les fils du pays. »

Pour son collègue Ould Sidi Mohamed, « l’un des éléments très importants (du document) est l’idée d’une charte de réconciliation nationale », parce que les Maliens « ont besoin de se mettre ensemble pour vraiment panser les plaies, pour se réconcilier et aussi rependre très rapidement les activités de développement ».

Pour lui, « seul le développement, seule la bonne gouvernance et seule la paix pourraient nous aider à régler ce problème définitivement ».

« On est tous liés par cette paix. Il faut qu’on la réussisse et nous allons la réussir à la satisfaction de tout le monde. Le seul gagnant sera le Mali et non pas telle ou telle partie », a conclu le ministre.

Mais hic est que du côté des groupes armés, leur porte-parole, interrogé la semaine dernière par la télévision d’État, Moussa Ag Acharatoumane, a regretté « l’absence des termes que sont le fédéralisme, l’autonomie ou l’Azawad dans le document de synthèse ».

D’après ce dernier, son mouvement compte donc remettre un document amendé à la médiation dans les jours à venir. Et d’ajouter que ce document contiendra à nouveau leur revendication relative à un statut politique pour les régions de Gao, Tombouctou et Kidal. « Dans ce statut, nous souhaitons que l’avenir politique, administratif, sécuritaire de ces régions soit remis aux populations autochtones ; que les populations se l’approprient dans son ensemble », a-t-il conclu.

Par Mohamed

D. DIAWARA

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