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jeudi 18 août 2022
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La Synergie Sauvons le Mali: ‘‘la prorogation de la transition porte les germes de l’instabilité politique’’

La Synergie Sauvons le Mali ‘’AN KA MALI KISI’’, la nouvelle plateforme des partis et regroupements politiques appelle ce mercredi 5 janvier à un retour très rapide à l’ordre constitutionnel en rejetant les conclusions des Assises nationales de la Refondation qui ne sont, dit-elle, ni consensuelles ni légitimes.

La Synergie Sauvons le Mali ‘’ANKA MALI KISI’’ est la nouvelle plateforme politique regroupant des partis et regroupements politiques pour exiger le retour rapide à l’ordre constitutionnel au Mali. Elle est composée de la Plateforme Unis pour le Mali ; le Cadre d’échange des partis et regroupements politiques pour une Transition Réussie ; le Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA) ; le Collectif pour le Développement de la République (CDR) ; l’Appel Citoyen pour la Réussite de la Transition ( ACRT – Parti Faso Ka Wele ) ; la Coalition des Démocrates (CoDe) ; Cœur pour la Nation ; les Forces Patriotiques et Progressistes du Mali ; l’Association Faso Ni Dambé ; la Plateforme Malikunko ; et les personnalités indépendantes.

Ces organisations étaient toutes représentées par leur leader. Parmi les figures présentes, il y a avait Bokary TRETA, Djiguiba KEITA dit PPR, Amadou KOITA, Mohamed Aly BATHILY dit Ras Bath, Issa Kaou N’DJIM, Cheick Oumar DIALLO.

Objectif de cette conférence de presse tenue au siège du PARENA : dénoncer l’attitude dilatoire des nouvelles autorités à s’investir pour le retour à l’ordre constitutionnel rompu suite au coup d’État d’août 2020, par l’organisation des élections présidentielle et législatives à l’échéance de la transition, à savoir le 27 février 2022.

Cette conférence s’est tenue alors que le Médiateur de la CEDEAO pour la crise malienne, Goodluck Jonathan effectuait une mission de quelques heures sur le territoire national au cours de laquelle il a rencontré le président de la transition. Au menu de cette rencontre figurait la proposition des autorités de proroger la Transition pour 5 ans.

S’exprimant à cette occasion pour souhaiter la bienvenue, le président en exercice du Cadre d’échanges des partis et regroupements politiques pour une transition réussie au Mali, Youssouf DIAWARA a rappelé que leurs différentes organisations avaient décidé de se donner la main pour mener le combat du retour à l’ordre constitutionnel.

« Nos points de vue convergent pour le retour rapide à l’ordre constitutionnel. Ne pas respecter cet engagement, viole la parole donnée à la communauté internationale. Ce qui porte également atteinte au crédit de l’État. Ce n’est pas respecter ses engagements. Nous allons les pousser à respecter les engagements pris », a indiqué le président du Cadre d’échanges.

Pour lui, le combat qu’ils mènent est juste et portera ses fruits avec le transfert du pouvoir aux civils.

« Il ne faut pas douter d’un instant, nous sommes sur la bonne voie et nous triompherons dans ce combat », a déclaré le responsable politique également le président du Parti Yéléma.   

A sa suite, Ismaël SACKO, aussi membre du Cadre d’échanges, a livré le contenu de la déclaration commune de la Synergie sur le chronogramme proposé par la transition à la CEDEAO.

« Depuis la déclaration de programme d’action gouvernemental, excepté le projet de loi électorale non consensuelle, aucune action concrète n’a été posée dans le sens d’un retour à l’ordre constitutionnel normal, tant en ce qui concerne la préparation des élections que le retour de l’administration sur toute l’étendue du territoire », regrette la Synergie Sauvons le Mali dans son document.

Pour le regroupement politique, depuis juin 2021, toute l’énergie et d’importantes ressources de l’État ont été consacrées à la préparation et à la tenue des assises nationales dites de la refondation (ANR).

« Au lendemain de la clôture desdites assises, les masques sont tombés : la junte au pouvoir a produit un chronogramme électoral qui, s’il est accepté, lui permettra de confisquer le pouvoir pendant les cinq (5) prochaines années ! », souligne la Synergie dans sa déclaration.

Ce chronogramme, soutient-elle, est l’illustration de l’absence criante de volonté politique d’organiser le retour à la normalité constitutionnelle. Et d’ajouter : « le manque de volonté politique de restaurer l’ordre constitutionnel saute à l’œil nu depuis les événements de mai 2021 et la nomination de l’actuel Premier ministre ».

« Les soi-disant assises de la refondation apparaissent comme ce qu’elles ont toujours été : un alibi et un subterfuge pour prolonger indéfiniment le régime militaire », accuse la nouvelle plateforme politique en affirmant que ceux qui ont conçu et planifié cette parodie de « refondation » ont avalisé un coup d’État dont les plans et les synthèses préfabriqués ont été imposés, malgré les protestations de nombre de participants. Pour preuve, argue-t-elle, la prolongation de la transition n’était nullement au nombre des « 13 thématiques » soumises aux délibérations, soutient la Synergie.

« Ces assises étaient inopportunes. Elles ont été un immense gâchis. Elles n’étaient pas inclusives. Leurs conclusions ne sont donc ni consensuelles ni légitimes. Elles ne sauraient s’imposer. Nous les rejetons », a déclaré le regroupement politique.

Par conséquent, la Synergie affirme rejeter également le chronogramme sorti des assises parce qu’il porte atteinte aux principes élémentaires de la démocratie et au droit du peuple malien de choisir librement ses dirigeants.

« Ce chronogramme prolonge le coup d’État. Il porte les germes de l’instabilité politique et de la généralisation de l’insécurité. Par-dessus tout, le nouveau chronogramme notifié à la CEDEAO viole la Charte de la Transition. Il viole la parole et l’engagement des autorités vis-à-vis du peuple malien. Il viole la parole du Mali vis-à-vis de la sous-région, de l’Afrique et du reste de la communauté internationale », a-t-elle indiqué.

Contre les risques de cette prorogation sur la démocratie, la Synergie Sauvons le Mali invite toutes les forces démocratiques et patriotiques, tous les mouvements, toutes les associations et toutes les personnalités soucieuses de la stabilité du Mali à se retrouver « pour apporter les réponses appropriées aux velléités dictatoriales des autorités militaires et civiles de la transition ».

Les responsables de cette nouvelle plateforme en appellent à la solidarité et à la mobilisation des peuples frères et amis du Mali.

PAR SIKOU BAH




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