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vendredi 21 janvier 2022
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Sans Tabou: affaire IKN, quand la révolution mange ses enfants

Comme toutes les révolutions, la révolution de notre pays engagée contre le régime Ibrahim Boubacar KEITA, en 2020, est en train de bouffer certains de ses fils. L’on peut citer Issa Kaou N’DJIM, l’un des influenceurs du mouvement de contestation de l’époque est en phase d’être écartée par les nouvelles autorités de la transition. Son décret de nomination au Conseil national de Transition, dont il était 4e vice-président vient d’être abrogé par le président Assimi GOITA. Cette décision a été rendue publique, quelques minutes à peine après sa libération par le Tribunal de la commune IV où il comparaissait dans une affaire, laisse apparaître son lâchage par les autorités. Preuve que les violons ne s’accordaient plus comme auparavant.

Une année plus tôt, le mouvement de contestation appelé le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), avec souvent la participation des enseignants du pays, brandissait le coup d’État du 18 août comme un trophée, une éclatante sur la mauvaise gouvernance du pays, l’insécurité, le favoritisme, la gabegie, etc.
Entre les civils et les militaires qui sont intervenus pour parachever la mobilisation populaire, c’était la complicité. On était encore dans la ferveur du départ du président IBK, accusé d’être le problème de l’État malien.
En lieu et place, les héritiers du coup d’État ont promis un nouveau départ avec une nouvelle façon de gouverner le pays pour faire espérer le peuple.
Mais, plus le temps passe, l’horizon s’assombrit avec les querelles de positionnement au sein du M5 et du gouvernement. Et la confiance d’une partie du peuple aux nouveaux hommes forts du pays qui ont promis monts et merveilles au peuple malien commence à être entamée sérieusement. C’est le cas notamment des enseignants regroupés au sein d’un collectif appelé Synergie. Ils sont considérés comme l’un des tombeurs de l’ancien régime, sinon des enfants de la révolution.
À ce jour, leur acquis syndical obtenu sous IBK, quand bien même peinait à être appliqué a été complément remis en cause avec l’uniformisation des grilles de salaires imposée par la Transition. Par conséquent, la forte mobilisation pour exiger l’application de l’article 39 tire vers une désillusion, sinon une trahison. D’où l’indignation des enseignants. Ils sont l’un des premiers héritiers à ne pas obtenir satisfaction de la part des nouvelles autorités.
La récente trahison, pardon la dernière affaire de lâchage est celle de Issa Kaou N’DJIM. Cet influent membre du M5 et fervent défenseur du président de la Transition, Assimi GOITA, est en voie d’être bouffé par la révolution qu’ils ont animée.
Après que le Conseil national de Transition (CNT) a pris une résolution juste pour demander la suspension de la détention, en autorisation la poursuite de l’action judiciaire contre lui, l’abrogation partielle du décret de sa nomination au sein l’organe législatif est bien illustrative de cet adage qui dit: « La révolution est comme Saturne : elle dévore ses propres enfants.»
Une réalité qui a bien échappé à Issa Kaou N’DJIM devenu très sûr de lui en pensant être irremplaçable dans le dispositif de la Transition. Comme lui par le passé, beaucoup de personnalités politiques au Mali et ailleurs ont été victimes de leur lutte gagnée ou remportée.
En effet, on peut rappeler la démission du feu Pr Mamadou Lamine TRAORE qui a quitté le Parti Adema PASJ en 1994 dont il était l’un des fondateurs pour créer le MIRIA. À l’époque il s’opposait à la nouvelle ligne de conduite imposée par le président Alpha Oumar KONARE avec qui ils ont créé l’Adema, après la révolution de mars 1991.
Celle-ci éloignait le parti de certaines de ses valeurs socialistes, qui pis est était appliquée au détriment des militants qui ont animé la mobilisation contre Moussa TRAORE.

PAR SIKOU BAH




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