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vendredi 21 janvier 2022
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Sans Tabou: ANR, le ‘’tchou tcha’’ de l’Adema

Incohérence ou absence totale de logique, ce sont les qualificatifs qui collent bien au comportement du parti ADEMA-PASJ, membre du Cadre d’échanges des partis et regroupements pour une transition réunie, en décidant de tourner le dos à l’une des revendications majeures dudit front après son annonce de participer aux Assises nationales de la refondation. Après ce revirement spectaculaire, l’ADEMA a-t-il le droit de siéger au sein du Cadre d’échanges ?

L’ADEMA-PASJ, à travers son tout président Marimantia DIARRA, a annoncé dans une interview accordée à nos confères de l’Essor que les Abeilles participeront aux Assises nationales de la refondation, dont la phase nationale est programmée en décembre prochain.
« Le 6e congrès de l’ADEMA-PASJ vient de se tenir les 16, 17 et 18 octobre 2021. La direction du parti doit exécuter les résolutions adoptées par ce congrès. Ces résolutions indiquent clairement que nous devons participer aux Assises nationales de la refondation, mais dans le cadre d’une participation responsable et patriotique », a affirmé le Président DIARRA.
Puis, il a ajouté qu’à ces assises les représentants du Parti défendront leurs réflexions, points de vue, car, se targue-t-il, depuis la crise qui sévissait bien avant les évènements du 18 août 2020, l’ADEMA avait produit et transmis beaucoup de réflexions stratégiques et des propositions pratiques qui n’ont toujours pas été exploitées comme attendu.
« Leur utilisation aurait peut-être pu permettre d’anticiper sur bien de nos préoccupations sociopolitiques actuelles », a indiqué le responsable politique de l’Adema.
Cette prise de position de l’ADEMA étonne, parce qu’elle tranche avec les engagements du Parti en tant que membre du Cadre d’échanges qui avait tout de suite rejeté des propositions du gouvernement sur l’organisation des Assises nationales de la refondation, le format de la création de l’Organe unique de gestion des élections, tout en demandant le respect du délai imparti de la transition.
Dans son intervention, le président Marimantia DIARRA déconseille à ses alliés du Cadre d’échanges d’observer la politique de la chaise vide en ce qui est de leur participation aux Assises nationales de la refondation.
Or, il y a juste quelques semaines, ce même parti rucher a respecté les consignes du Cadre en boycottant les journées de l’atelier de validation des TDR des ANR. Étonnement, la Ruche a adopté la politique de la chaise que déconseille son tout nouveau président.
Certes, ce n’est pas le même bureau, mais c’est le même parti, dont la gestion doit reposer sur des principes directeurs qui ne peuvent être mis en cause en fonction de l’humeur du roi du jour. Ce qui est déconcertant, c’est que ceux qui sont à la tête du parti maintenant étaient pour la plupart membres de l’ancien bureau dirigé par le président Tiemoko SANGARE. Officiellement, aucun d’entre eux ne s’est opposé à la décision du bureau exécutif du Parti pour violation des principes et textes.
En décidant de participer à ces Assises nationales de la refondation, le Parti ADEMA, implicitement, accepterait la prorogation du délai imparti de la transition contre laquelle il est opposé. Parce que, selon les prévisions du gouvernement, ce sont les participants à ces Assises qui détermineront le sort de la transition.
Ce virement de position, en ce laps de temps, pose le problème de la sincérité dans les prises de position sur ces questions d’intérêt général. En effet, après plus de 30 ans de vie démocratique, il est difficile de cerner la logique et la cohérence des formations politiques au Mali. Ce sont de véritablement caméléons qui changent de couleurs et de conviction en fonction des impératifs alimentaires. A l’image de l’Adema PASJ, ils disent ‘’Tchiou et tcha’’.

PAR SIKOU BAH




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