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lundi 19 avril 2021
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Sans Tabou: Azawad, équivoque mortelle

Ce mardi 6 Avril 2021, certaines populations du nord se réclamant d’un certain Azawad ont initié des manifestations à travers des localités du Nord pour, disent-elles, commémorer le 9e anniversaire de l’Etat de l’Azawad. Cette célébration se tient dans un contexte où les membres de l’ex rébellion signent leur retour dans le gouvernement. Donc, leur silence est cyniques parce qu’en acceptant de faire partie de cette équipe ils renoncent à leur ambition séparatiste. Au même moment, les autorités de transition qui doit condamner cet acte ne pipent mot.

Contrairement aux autres fois où des cérémonies grandioses étaient organisées, pour l’occasion, notamment à Kidal, les images qu’il nous a été donnée de voir ressemblent beaucoup plus à des mises en scène et à une instrumentalisation des femmes et des enfants.
Chez certains observateurs, on explique cette nouvelle donne par la conjugaison de plusieurs facteurs.
Tout d’abord, le fait que les séparatistes ont perdu du terrain sur le plan militaire avec la montée en puissance des djihadistes. D’ailleurs, dans la région de Gao, il nous revient que ces djihadistes ont empêché les festivités dans certaines localités.
Le deuxième facteur et non le moindre, c’est la présence de plusieurs cadres issus des rangs des groupes séparatistes du nord dans l’administration publique malienne.
Pour autant, l’on note qu’à Ber, l’événement a été célébré à hauteur de velléité séparatiste, avec le cortège de démonstration et de défiance envers la République.
Et c’est là où le bât blesse. La CMA dont le MNLA, à l’origine de la proclamation d’indépendance, est l’une des composantes essentielles, est représentée à travers deux ministres dans le Gouvernement de Transition. Ce qui devrait être synonyme de l’attachement de cette ancienne rébellion aux valeurs de la République et à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Après cette énième provocation, aucune réaction n’est venue ni du côté de ces ministres en pleine session de rattrapage de patriotisme ni du côté du bureau exécutif de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA). Un silence qui vaut acquiescement. Ce degré d’indulgence, préoccupant, tranche avec la réprobation massive d’actes de bravade du genre de la célébration d’un anniversaire de l’indépendance d’une république à laquelle les mouvements signataires ont formellement renoncé dans l’Accord en son article 1er : ‘’les Parties, dans l’esprit de la Feuille de route, réitèrent leur attachement aux principes ci-après :
a) respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Etat du Mali, ainsi que de sa forme républicaine et son caractère laïc (…)’’. C’est clair que les beaux principes en total décalage avec les pratiques qui sont de nature à raviver la facette la plus exécrable de la CMA qui n’a pas fini de se réconcilier avec le peuple malien.
La complaisance des autorités à des caprices de ce genre est tout autant blâmable. Les ex-rebelles font leur show dans de nombreuses localités où ils ont pignon sur rue, nos autorités avec un cynisme impudique détournent le regard et la population dans sa frange la plus importante ressent comme un nouveau coup de poignard dans le dos. Tout se passe comme si l’on était dans une gigantesque tartufferie.
In fine, les Maliens en ont dessus la tête d’être les spectateurs des mauvais épisodes d’un film inachevé. Cette affaire d’Azawad, commence à bien faire !

PAR BERTIN DAKOUO ET ABDOULAYE OUATTARA




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