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mercredi 25 mai 2022
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Sans Tabou: Bandiagara, l’indifférence face à l’horreur

Les Maliens ont assisté au massacre de 31 innocents, dont le tort est d’être dans une partie éloignée de la capitale du pays. Parce ce que n’ayant pas peur de le dire, les habitants de Bamako ne se sentent pas menacés, donc pas concernés par ce que les populations des zones touchées vivent. Et pour cause, malgré la décision des plus hautes autorités de la transition d’observer trois jours de deuil national, sur toute l’étendue du territoire national, les opérateurs culturels n’ont pas rangé bits et micros, pour compatir à la douleur des autres Maliens qui ne savent plus à quel saint se vouer.
Un camion calciné avec à l’intérieur des femmes et des enfants brûlés vifs, des corps qui jonchent le sol des deux côtés de la RN6, voilà l’horrible spectacle qui a secoué tout Malien sensible vendredi dernier. Malgré tout, les humeurs festives n’ont pas été gâchées dans la capitale et dans d’autres agglomérations du Mali.
Bama’Art a cassé la baraque, le samedi dernier, au bord du fleuve Niger. Pire, un artiste du membre du CNT qui chantait le Mali-koura, était l’artiste phare de cet évènement qui a écœuré plus d’un.
Dans la même veine, les meetings de soutien à la transition programmés avant le drame ont été maintenus.
Par une telle indifférence, les Bamakois ont prouvé à Bandiagara que seul Bamako et certaines grandes villes comptaient.
En effet Bamako et d’autres grandes villes ont abrité une sortie dite du peuple en soutien à l’armée. Seulement, ce genre de tribune met à mal l’image de soldats aux commandes qui peinent à sécuriser les Maliens. Malgré le drame et les larmes des familles endeuillées, les plus hautes autorités n’ont pas daigné conseiller leurs supporteurs de surseoir à ces manifs, en vue de pleurer avec la ville meurtrie Bandiagara.
En plus de ces fêtes pendant le week-end d’horreur, les mégas concerts animés par des stars interplanétaires comme le célèbre Fally IPUPA qui a cassé la baraque la semaine dernière n’ont pas été empêchés. Et la salle de 5000 places a refusé du monde. De sources concordantes, des personnalités de la transition auraient soutenu cet évènement avec des enveloppes pleines de liasses de billets, malgré que les déplacés internent cherchent leur pitance quotidienne avec toutes les peines.
Pire, les matchs de gala de soutien au président Assimi, soutenus par les ministres de la transition donnent souvent à réfléchir sur cette volonté affichée des plus hautes autorités d’être là pour le bien-être des Maliens.
Force est de constater que ces manifs de soutien font l’affaire de tous, surtout qu’il s’agit bien d’une connexion entre politiciens et syndicalistes. Autrement dit, un couple parfait qui au nom des frustrations et de la récupération donne naissance au populisme.

PAR CHRISTELLE KONE




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