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vendredi 30 juillet 2021
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Sans Tabou: CNT, le cas Diarrassouba

Contre la position de leurs partis, beaucoup de responsables politiques ont revêtu leur costume de citoyen et de ‘’patriote’’ pour siéger au Conseil national de la transition (CNT). Parmi lesquels, l’un des piliers du Rassemblement pour le Mali (RPM), Mamadou Diarrassabou.

Son franc parlé, son charisme, son engagement le caractérise au RPM, l’ex-parti présidentiel. Au sein de cette formation politique, il est appelé le grand Rassembleur. À l’Assemblée nationale, il incarnait véritable l’image du Tisserand, Mamadou Diarrassouba, puisqu’il s’agit de lui, est désormais dans la valise des colonels qui a écourté le mandat du président IBK, le président élu démocratiquement sous les couleurs du RPM. En effet, depuis ce 5 décembre 2020, Diarras est membre du CNT des colonels de Kati, conseil pourtant boudé par les grandes formations politiques de la place, à cause des cautions peu démocratiques du choix de ses membres. En tout cas, cette décision de l’ex-député de Dioïla est contraire à la position de son parti et de l’Alliance Ensemble pour le Mali (EPM). En effet, sur la question, l’EPM, dont le RPM est membre, dans un communiqué, a clairement exprimé sa position : ‘’pas question d’envoyer de dossiers à Kati’’. Idem pour le RPM.
Malgré cette position sans équivoque, Mamadou Diarrassouba, qui ne cessait d’insister sur le militantisme politique et au respect du mot d’ordre du parti, a franchi la ligne rouge. Ainsi, Diarrassouba décide de saper des principes politiques pour le respect desquels des milliers de Maliens se sont indignés et lui ont exprimé, par le passé, leur soutien et affection suite l’affaire de la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale dissoute par les militaires. Les Maliens de tout bord lui avaient exprimé leur douleur et leur sympathie en sa faveur, à l’époque. Après ce coup contre lui, son combat devrait à jamais être de soutenir les actions qui renforcent la démocratie et le non le contraire. Car tant que les formations politiques resteront faibles, il n’y a point d’espoir pour l’ancre de la démocratie au Mali. Alors, la mission et les rôles des responsables politiques, c’est d’être des remparts contre cette approche.
Mais hélas, la plupart des ‘’démocrates convaincus et sincères’’ qui ont accepté de se faire porter dans les valises des colonels de Kati soutiennent leur engagement au nom du Mali, comme c’est d’ailleurs le cas de l’ancien questeur de l’Assemblée nationale. Son comportement, qui a surpris plus d’un, fragilise la démocratie et ternis davantage l’image des politiques dont les responsables sont accusés à tort ou à raison d’être à l’origine de la crise qui nous assaille ces temps-ci.
Et le fils du Banico, pour justifier son pêché politique, soutient « je suis pour le Mali » lors d’un entretien avec nos confrères de RFI. Et aucune entité, aucun regroupement n’est au-dessus du Mali, estime-t-il. Pourtant, la position du RPM qui exigeait des concertations n’a jamais été contre le Mali, en tout pas de façon affirmée.

En acceptant d’être nommé au CNT sans étiquette politique, Mamadou Diarrassouba aura quelque légitimité ou force pour mener son prétendu changement ?
En plus de lui, plusieurs autres cadres du RPM, de l’Adema ont violé les consignes de leur parti pour faire allégeance aux militaires au pouvoir, à travers leur présence au CNT qui jouera le rôle et la mission de l’Assemblée nationale pendant les 16 mois restants de la transition.

Par Sikou BAH




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