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mardi 16 juillet 2019
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Sans Tabou: connivence entre politiques et religieux, un danger pour la république

L’irruption des religieux dans l’arène politique est de nos jours une triste réalité au Mali. Le phénomène, malgré la menace qu’il représente pour la démocratie et la république, est différemment apprécié, selon que l’on soit au pouvoir ou à l’opposition.

Aujourd’hui vendredi, une grande marche est organisée à l’initiative de l’imam Mahamoud DICKO, président du Haut conseil islamique du Mali. Si les initiateurs de cette marche non autorisée justifient leur manifestation par la situation socio-politique et sécuritaire déplorable que traverse notre pays, beaucoup d’autres Maliens y voient derrière, une action de vengeance contre les tenants du pouvoir. Les relations électriques qui existent actuellement entre le régime et l’initiateur principal de la marche expliquent cela. Aussi, cette analyse se fonde sur le fait que la dernière sortie de l’imam organisée au stade du 26 Mars (au départ un appel de prière pour le pays) s’est transformée en une tribune de règlement de compte contre le président IBK et son PM.

C’est pourquoi la marche d’aujourd’hui est vue par beaucoup d’observateurs comme un lynchage politique. Malgré tout, des partis politiques et autres regroupements politiques ont appelé leurs militants à prendre part à la marche. Il s’agit entre autres du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), la Coalition des forces patriotiques (COFOP), des soutiens au patron de l’ADP-Maliba d’Alou Boubacar DIALLO, du PIDS…

Ce rapprochement entre leaders religieux et leaders politiques n’est pas nouveau au Mali. Mais ce qui inquiète le plus, c’est la tournure que prend de plus en plus l’implication des religieux sur la scène politique. Au Mali, les leaders religieux ont toujours été sollicités pour jouer le rôle de médiateurs pendant les périodes difficiles de la vie de la nation.

Depuis quelque temps, en dehors de ce rôle bien apprécié, certains leaders religieux se croient toujours faiseur de rois, malgré leur revers lors de la dernière présidentielle.

Comme le disait le Premier ministre Soumeylou Boubèye MAIGA ‘’si certains étaient si forts qu’ils pensent, on n’en serait pas là où nous sommes aujourd’hui’’.

Cette immixtion des politiques sur le terrain politique et des politiques sur le terrain religieux atteint des proportions inquiétantes, suite à la présidentielle de 2013.

Le drame, c’est que des responsables politiques qui ont dénoncé les prises de position des leaders religieux en faveur de certains hommes politiques en 2013 sont aujourd’hui ceux le plus les religieux. Certes, il n’est pas interdit que les leaders religieux fassent de la politique, cependant la séparation entre le pouvoir et l’Église a été consacrée, depuis la nuit des temps dans les républiques démocratiques modernes.

Dans un rapport publié et intitulé « Réguler les religions ou non, le dilemme de l’État malien », les chercheurs de l’ONG International Crisis Group pointent du doigt la montée en puissance du poids des religieux dans la vie politique du Mali.

En tout cas, l’allure politique que prennent de plus en plus les manifestations de certains leaders religieux est une menace pour la démocratie et la république au Mali.

PAR MODIBO KONE

 




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